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 [RP] On fait quoi à Mâcon ?

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Elvy_lee

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MessageSujet: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Dim 15 Jan - 23:24

Elvy_lee a écrit:
Elvy_lee a écrit:
La vie s’écoulait morne et monotone à Mâcon quand ils étaient arrivés tels une nuée d’étourneaux.

Ils s’étaient mêlés sans difficulté à la population. Ils lui étaient, à priori, en tout point semblables, de taille similaire, parlant le même langage…
Mais à y regarder de plus près, quelque chose dans la vivacité de leurs mouvements, dans la hardiesse de leur démarche les rendait particulièrement reconnaissables.
Dans leur verbe haut aussi, qu’ils maniaient aussi bien que l’épée ou la dague.
Leur voix pouvait être hautement désagréable. Ils émettaient des sons gutturaux, explosifs, métalliques et tranchants, alternant étrangement avec des tonalités plus légères, presque flûtées. Ne vous y trompez pas : ce n’était que pour mieux endormir l’adversaire !

Ils se rassemblaient indifféremment dans les villes, les nœuds, les mairies, les châteaux, les cimetières, les parcs et les bois, causant nuisances sonores, hygiéniques, mortifères, pécuniaires et matérielles.
Ils ne craignaient pas d’occuper un espace après en avoir chassé les occupants légitimes.

Rien ni personne ne les effrayait, et surtout pas la mort.

Leur cohésion donnait souvent une fausse image de leur nombre mais c’était sans compter qu’ils se renouvelaient, encore et toujours.

Opportunistes, pas difficiles, ils se nourrissaient ce qu’ils trouvaient ou chassaient, éprouvant cependant une nette préférence pour la viande, la chair fraiche en particulier même s’ils ne dédaignaient nullement la viande faisandée.

Au niveau vestimentaire, s’ils paraissaient se confondre à la lueur du contre jour, leur tenue pouvait cependant varier du noir le plus sombre au jaune le plus vif en passant par un étonnant bleu layette.
(Vous aurez reconnu Zazz et Barra)

Ils nichaient dans un campement à la propreté toute relative. Ils s’en moquaient bien, puisqu’ils en changeaient souvent.

Leur résistance à la boisson était surprenante. Une récente découverte avait permis de déterminer qu’ils parvenaient à métaboliser l’alcool à une vitesse 14 fois supérieure à la moyenne ! (source inconnue, à vérifier !)

La question de leur reproduction était une vaste énigme.
Le mâle et la femelle, bien qu’aisément reconnaissables, étaient en fait fort semblables : même lueur dans le regard, même harnachement, même souplesse dans le déplacement.
Des associations préférentielles semblaient se former entre des individus de sexe opposé ou de même sexe, mais ils préféraient puiser leur progéniture dans d’autres nids, conscients que le sang neuf est gage de bonne santé.

Guère enclins aux sentiments, indifférents à la souffrance, seuls les obstacles les plongeaient dans une rage folle.
Ne vous mettez pas en travers de leur chemin !

L’observateur serait surpris, voire émerveillé, par leur grande coordination et leur stratégie d’action. Les groupes semblaient manœuvrer comme un seul être, comme mus par des décisions instantanées nées de la volonté d’une entité supérieure et indéfinissable.
En cas de danger, n'importe quel individu pouvait initier un mouvement qui se propageait au groupe, éliminant les hésitations et permettant de répondre instantanément à toute attaque.


Au point du jour, la ville de Mâcon avait été envahie par cette horde bruyante et irrespectueuse.
C’était un vrai casse-tête de s’employer, par toute manière légale ou illégale, à les éradiquer.
C’était en général au petit matin que dure était la chute !

Mais ils étaient repartis de leur plein gré. Ils avaient quitté la ville sans préavis, à priori sans raison, pour un but connu d’eux-seuls.

Elvy avait à peine eu le temps d’apercevoir Ahla, Aqwa, Nénu, Margaut…
Alors que le soleil s'enfonçait dans la nuit, ils avaient interrompu leur majestueux ballet et disparu par vagues successives.




Chipolata a écrit:

Mâcon.. Allongée dans les hautes herbes, la Saucisse guettait et observait consciencieusement les alentours... Elle était venue là pour surveiller le manège sans fin des indésirables, mais s'était surprise à penser soudain à ces petites questions sur la vie, qui viennent vous tarauder régulièrement au fil des années passant...


Elvy_lee a écrit:

Ils s’étaient mêlés sans difficulté à la population. Ils lui étaient, à priori, en tout point semblables, de taille similaire, parlant le même langage…
Mais à y regarder de plus près, quelque chose dans la vivacité de leurs mouvements, dans la hardiesse de leur démarche les rendait particulièrement reconnaissables...


- Qui suis-je ? ...Que fais-je ? ...Où vais-je ? Voilà réunies les trois questions fondamentales, qui obsédaient Chipo en cette grise journée encline à la morosité...

Elvy_lee a écrit:

Ils se rassemblaient indifféremment dans les villes, les nœuds, les mairies, les châteaux, les cimetières, les parcs et les bois, causant nuisances sonores, hygiéniques, mortifères, pécuniaires et matérielles.
Ils ne craignaient pas d’occuper un espace après en avoir chassé les occupants légitimes.
Rien ni personne ne les effrayait, et surtout pas la mort.

- N'était-il pas enfin temps de se ranger, après toutes ces années d'errances et d'aventures... ? Une chaumière, un nid douillet, un homme... et qui sait... des petites saucisses...? ...un sourire se dessina sur ses lèvres... Rhooo c'est moi qui pense ça ??? fit-elle à voix haute, en fronçant soudain les sourcils alors qu'elle sentait une démangeaison la gagner sur son mollet droit...

Elvy_lee a écrit:

Leur cohésion donnait souvent une fausse image de leur nombre mais c’était sans compter qu’ils se renouvelaient, encore et toujours.
Opportunistes, pas difficiles, ils se nourrissaient ce qu’ils trouvaient ou chassaient, éprouvant cependant une nette préférence pour la viande, la chair fraiche en particulier même s’ils ne dédaignaient nullement la viande faisandée.


Ses yeux se plissèrent pour guetter à nouveau une activité fébrile qui semblait soudain animer les indésirables... Mais que fabriquent-ils donc...?

Elvy_lee a écrit:

Au niveau vestimentaire, s’ils paraissaient se confondre à la lueur du contre jour, leur tenue pouvait cependant varier du noir le plus sombre au jaune le plus vif en passant par un étonnant bleu layette.
Ils nichaient dans un campement à la propreté toute relative. Ils s’en moquaient bien, puisqu’ils en changeaient souvent.

... Bah ! Ils s'organisent vaguement... en prenant de grands airs conspirateurs, courant de l'un à l'autre sans fin, sûrement pour se transmettre des informations bien plates, du style... "oui, va voir là-bas... y'a de la bouffe... on la chipe et on ramène tout pour le groupe..." Rien de suffisamment important donc, qui fit reprendre ses pensées errantes à la Saucisse guetteuse...

Elvy_lee a écrit:

Leur résistance à la boisson était surprenante. Une récente découverte avait permis de déterminer qu’ils parvenaient à métaboliser l’alcool à une vitesse 14 fois supérieure à la moyenne ! (source inconnue, à vérifier !)

- Mais pour construire un nid douillet, il faut trouver un homme...? Un qui soit fort et vaillant ! Drôle et insoumis ! Et s'il pouvait avoir le goût de l'aventure tout autant qu'elle même, ce serait parfait... Cet homme là existe t-il...? Petit sourire rusée... Je crois bien que j'ai ça sous la main...

Elvy_lee a écrit:

La question de leur reproduction était une vaste énigme.
Le mâle et la femelle, bien qu’aisément reconnaissables, étaient en fait fort semblables : même lueur dans le regard, même harnachement, même souplesse dans le déplacement.
Des associations préférentielles semblaient se former entre des individus de sexe opposé ou de même sexe, mais ils préféraient puiser leur progéniture dans d’autres nids, conscients que le sang neuf est gage de bonne santé.


- AIEUUUUH !! beugla t-elle en chassant promptement, de la main, les quelques insectes qui envahissaient maintenant son mollet !

Elvy_lee a écrit:

Guère enclins aux sentiments, indifférents à la souffrance, seuls les obstacles les plongeaient dans une rage folle.
Ne vous mettez pas en travers de leur chemin !


- Il est beau... Il sent bon le sable chaud... Je vais peut être bien tenter le coup... Allez ! Vas-y Chipo ! Attaque ! La nuit est à toi !! Voire l'éternité... qui sait ! se convainquit-elle en se levant, heureuse et soulagée d'avoir enfin pris sa décision.

Elvy_lee a écrit:

L’observateur serait surpris, voire émerveillé, par leur grande coordination et leur stratégie d’action. Les groupes semblaient manœuvrer comme un seul être, comme mus par des décisions instantanées nées de la volonté d’une entité supérieure et indéfinissable.
En cas de danger, n'importe quel individu pouvait initier un mouvement qui se propageait au groupe, éliminant les hésitations et permettant de répondre instantanément à toute attaque.


Effectivement... l'observatrice était fortement surprise, nullement émerveillée, juste sérieusement agacée par la "soi-disant organisation", la "stratégie d'action" qui consistait en un envahissement chaotique de ses effets et de sa peau ! Ces idiots grimpaient sur elle, en une action de "groupe semblant manoeuvrer comme un seul être" ... Ô combien stupide !

Chipo s'ébroua fébrilement, et peu encline à l'indulgence, détestant voir ses douces pensées soudainement interrompues, elle... écrasa la fourmilière d'un coup de talon rageur et définitif, de son 43 fillette !


Zou ! On va pas se laisser emm..... quiquiner non plus ! Na ! claironna t-elle sur un ton victorieux d'avoir éradiqué définitivement ces malfaisants !




Elvy_lee a écrit:
Julia avait tracé 45 bâtons soigneusement alignés. Elvy en barrait un chaque matin. Elle ne savait pas compter mais elle voyait bien que, désormais, elle avait dépassé la moitié de son temps.
Ses blessures commençaient à cicatriser.
Tout le monde était reparti.
Restait Raul qui apportait régulièrement le repas du soir : pizza au poisson le plus souvent, mozzarelle ou comté, végétos, parmegiano gratiné... et même le dessert, apple split, faute de bananes.

Manger, dormir, boire, bonjour, bonsoir...
Elvy avait enfilé ses chausses et rangé ses armes.
Par cette triste et grise journée, elle ramait en compagnie de Raul. Pas eu moyen de faire monter Ger à bord, elle pataugeait près du bord.


Eh Raul, r’garde la grande grenouille boiteuse là bas !

A deux sur la barque, ils allaient bien la faire couler !

Une femme était allongée dans les herbes hautes.

La barque approchait.

La femme semblait songeuse, sourire aux lèvres.


Faudrait qu'on trouve à s'occuper ! On pourrait braconner ou bien... j'sais pas... trouver un peu de pognon...

La fille se gratte le mollet. Penchée, elle semble absorbée par quelque chose.

Elle fait quoi, la fille là bas ?

Avec l'argent, on pourrait...


Allez savoir pourquoi, c'est ça qui lui vient à l'esprit !

On pourrait ouvrir une baraque à saucisses, comme au bon vieux temps...

La femme fronce les sourcils.
La voilà qui gesticule.
On dirait une poupée de chiffon dont le marionnettiste s'est gouré dans les ficelles.


AIEUUUUH !!

Elle bat des mains, écrase le sol de son pied rageur et Elvy ressent comme une morsure dans sa chair. Sous les bandages, les plaies la font de nouveau souffrir.

La bouffe... ça marche bien en général !




Raulvolfoni a écrit:
Raul rame.
Dans tous les sens du terme.
D'une part, il propulse la barque qu'Elvy et lui occupent, à la recherche d'un zone poissonneuse.
De l'autre, il n'est pas très sûr de son rapport à la damoiselle.

Certes compagnons d'une cohorte de conséquents casse-pieds, et à ce titre égaux en folies. Et cela ne se discute pas.

Mais Volfoni ne serait pas Raul s'il n'avait prêté attention aux charmes de cette charmante jouvencelle. Mh, quale bella ragazza ! Et quel allant !

En même temps, elle avait une certaine réputation, si ce n'est une réputation certaine, au sein de leur troupe. Le bruit courrait qu'elle avait castré de ses dents un prétentieux trop entreprenant et à la fois trop stupide pour comprendre ses réparties pourtant sèches et bien senties.


Voilà qui avait de quoi refroidir les ardeurs les plus certaines.
Il est des choses avec lesquelles on ne joue point. En même temps, quand il avait abordé, comme négligemment bien sûr, ce point de sa légende, le rire d'Elvy avait été franc...


- Ah que nenni ! Mon genou a largement suffit, mais je m'étais coupé la lèvre, ce porc aviné baignait dans une flaque de vin, et la rumeur publique a associé le tout. Et comme tu le sais sans doute, horrible histoire donne réputation qui évite bien des ennuis, même avec si peu de frais comme cette fois-ci ! Il aurait été stupide de corriger l'histoire sous le prétexte de la vérité !

- C'est bien vu, ma foi...

Quale donna !


Pour l'instant, elle rêvassait plus qu'elle n'observait vraiment l'eau. C'est vrai qu'on s'ennuyait beaucoup à Mâcon. Et que la pêche laisse tout-de-même bien des loisirs.
Lui-même écoute d'une oreille distraite...


Citation :
Eh Raul, r’garde la grande grenouille boiteuse là bas !

Hein ? Sans doute, oui, surement, mais cette fichue rame...

Citation :
Elle fait quoi, la fille là bas ?
Avec l'argent, on pourrait...

La fille ? Raul comprend qu'il y a un élément plus propre à exciter sa curiosité qu'ergoter sur des baraques à saucisses...
Faire passer son odeur de celle du poisson à celle des graillons...
Certes, c'est bon, mais... Pas trop sexy...

Il freine le bateau et regarde dans la même direction qu'Elvy. Alors, où est la demoiselle... Jolie, au moins ?




Elvy_lee a écrit:
Raul plongeait nerveusement sa rame dans l'eau, à l'affût des bancs de poisson.
Il aimait ça ou alors... il tenait à lui en faire manger, histoire qu'elle exerce son esprit... ou alors... bon disons le franchement, il la trouvait idiote...

Il avait insisté pour la barque, maintenant, qu'il rame !

Elvy regarda Raul avec attention. Il aimait peut-être ça en fin de compte. Ne venait-il pas de s'inscrire au club de pêche ? Il assistait aux réunions. Si, si, elle l'avait vu, volubile et attentif, par la fenêtre du bureau...

Voilà qu'il lui remettait sur le tapis cette vieille histoire éculée.
Oui, elle avait légèrement malmené un gaillard un peu trop entreprenant et pas mal éméché. Elle aimait pas être bousculée, enfin pas comme ça, pas comme lui, pas par lui... Elle avait sa petite histoire pour s'en expliquer mais elle lui était personnelle. Tenir la gent masculine à l'écart, ça l'arrangeait bien.
Elle avait pour cela différentes techniques.
C'en était une.

Raul, elle l'avait remarqué dès son arrivée au campement. Il l'avait fait rire... il était différent... bordel, elle s'égare !

Alors s'il voulait lui faire bouffer du poisson jusqu'à l'indigestion, s'il voulait la traîner au bureau de pêche, elle ferait.

Droite, gauche, il tourne la tête, laisse la rame en suspens et détaille cette fille qui s'excite comme un malade sur la fourmilière.
Qu'est-ce qu'elle croit ? Sitôt qu'elle aura tourné les talons, la cohorte laborieuse va resurgir de partout, se multiplier encore et toujours, se remettre à l’œuvre.


Raul, on est des cavaliers, non ! On n'est plus blessés !
Approche ton oreille, je vais t'expliquer ce qu'on va faire...


Tandis qu'il obtempère, ça remue sous la barque !
Elvy en perd l'équilibre, titube comme si elle avait vidé une bouteille entière d'alcool maison, manque de passer par dessus bord et se raccroche tant bien que mal à son compagnon.




Gertrude. a écrit:
[un peu plus tôt ce jour-là]

La boiteuse s'ennuyait profondément dans cette ... heu... horrible ville de Mâcon, rien à faire, rien à dire, personne à embêter, et marre de faire des allées-venues dans les rues en traînant sa patte folle derrière elle. Puis Elvy et ses idées de pêche... faut être fou pour pêcher par cette température! Puis plus tard, elle comprendra le pourquoi de cette pêche... mais elle allait y venir.

Donc, hors de question qu'elle aille à la pêche à la sardine, surtout qu'elle avait horreur des sardines! Cela remontait à son enfant et à cette sombre baignade, totalement involontaire, alors qu'elle était sur un rafiot et que ses parents s'affairaient à pêcher des sardines... en y repensant elle ressentait encore la sardine s'affaler sur son visage, le déséquilibre, puis la chute dans les eaux glaciales...

Elle avait donc décidé de passer sa journée à observer le lac et surtout à espérer comprendre pourquoi la brunette tenait tant à pêcher! Le berge était sujet à trop de passage que pour que l'endroit soit stratégique, elle prit donc place dans un arbre au abord de l'eau...

Bon elle prit place! ça a l'air simple dit comme ça, mais il faut s'imaginer qu'elle n'a aucune force dans sa jambe droite depuis cette rencontre avec des épées Lyonnaises! Voyons voir donc... une corde, lancée autour d'une branche, faire un noeud pour que la corde ne bouge pas et grimper à la force des bras... et oui les folies nocturnes et l'entrainement aux lancées de poignards ça muscle les bras.

Elle observa donc la Dame se déchaîner sur une fourmilière avant d'enfin apercevoir Elvy sur le lac... mais elle n'était pas seule, ceci expliquait donc cela! La jeune cavalière était accompagnée du brave Raul!


[hrp]edit pour correction orthographique[/hrp]




Raulvolfoni a écrit:
Mh, ah oui, elle est là, la fille. Mais qu'est-ce qu'elle peut bien fiche avec ses pieds contre une fourmilière ? Concours de combats perdus d'avance ?

Elvy_lee a écrit:
Raul, on est des cavaliers, non ! On n'est plus blessés !
Approche ton oreille, je vais t'expliquer ce qu'on va faire...

Oui, c'est sûr, les blessures ne font plus trop souffrir, mais Raul se dit qu'il se ferait bien soigner par Elvy... Ou qu'il la soignerait bien... Hm, on se reprend, là...
Quoi ? Perdono ? Mon oreille ? Oui, oh oui, heu, je m'égare.

Mh, ça n'a pas dû se percevoir, à part le petit sifflement du nez...


La barque remue. Beaucoup. Trop ?
Limite déplacement de catapulte en tout cas.
Ça ne peut pas être un écho de mon excitation ? Non è possibile? Bon, je vais poser le manche de la rame sur mes genoux, ce sera plus discret quant au reste...

Santa Vergine ?!

Elvy !! Attenzione !!!

Avant qu'il ait le temps de tendre les bras pour tenter de retenir la titubante, elle tire lof pour lof sur ses propres bras et vient se loger dans les siens. Enfin, c'est sa manière de voir ça...
Raul a une première seconde de bonheur, et son sourire prétentieux de bellâtre transalpin se dessine momentanément.

Puis il se rappelle qu'il y a un truc entre elle et lui.
Une rame.
Hé oui, ramer ne suffit plus, et les cretini sont éternels.
Donc une deuxième seconde où il se mettrait bien une baffe.

Puis une troisième où il constate que ça remue toujours autant, qu'il n'y a aucun risque qu'il s'agisse d'une métaphore de dame Nature pour évoquer les émotions qui assaillent la barque, et qu'en plus, il flotterait comme une odeur méphitique dans le coin...


Heu, signora Elvy, crois bien que je regrette qu'un cavalieri soit aussi maladroit sur une barque, ma, tu sais s'il y a un kraken dans le coin ?
Nan, pas la nave de combat de Fernand...
Ma un drago, vermi ?




Elvy_lee a écrit:
La barque remue.
Ger semble avoir disparu. La femme aux fourmis aussi.
Ils sont seuls sur ce lac dans cette barque qui tangue, qui tangue.


Elvy !! Attenzione !!!

Ohhhhh ! Ce délicieux accent....

Elle lui tombe carrément dans les bras, se rattrape tant bien que mal, rougit.


By Jah !

Elle se ressaisit, lâche le bâton qui lui a évité la chute, croise le sourire de Raul et constate qu'il s'agissait de la rame.

Elvy fronce le nez mais ne fait aucun commentaire


Ma un drago, vermi ? C'est quoi ça Raul ?

Un Kraken...

Below the thunders of the upper deep;
Far far beneath in the abysmal sea,
His ancient, dreamless, uninvaded sleep
The Kraken sleepeth...*

Oui, il existe une bestiole de ce genre.


Elvy regarde l'eau trouble du lac de Mâcon. Elle réfléchit vite fait.

Moncon, qu'on l'appelle !
Un monstre qui fait chavirer les barques...

T'es-tu déjà demandé pourquoi il y avait autant de poisson par ici ?
Et pourquoi on n'en trouve plus depuis quelques temps ?


Devant l'air perplexe de Raul, elle continue.

Ce monstre vit en trois temps. D'abord il mange... énormément. Ensuite il digère... longtemps aussi. Enfin il défèque. Alors des tas de petits poissons s'agglutinent à sa suite pour se nourrir de ses déjections. Puis le cycle reprend, il lui faut se nourrir de nouveau. Il mange donc la cour fidèle qu'il a généreusement nourrie.

Voilà pourquoi la pêche est devenue difficile.
Il faudrait donc lui trouver à manger.


Elvy se penche à l'oreille de Raul.

En taverne, j'ai entendu parler d'un convoi qui devrait arriver prochainement. Il s'agit de jeunes orphelins que les bourgeois de la ville vont se partager pour les fêtes de Noël, histoire de se donner bonne conscience. Ils seront accompagnés de quelques jeunes filles chargées de s'occuper d'eux.

Elvy se penche un peu plus, et c'est collée contre lui qu'elle continue :

Que dirais-tu de détourner les chariots ? Une nourriture de choix pour Moncon !

Elvy lui sourit, enjôleuse.

En terrine, par exemple...

Cependant, il nous faudrait de la main d'œuvre !


Et elle se met à chercher Ger des yeux.


*Lord Alfred Tennyson, "The Kraken"
Dans les profondeurs de l'océan
Loin, très loin, dans la mer abyssale
D'un lourd sommeil sans rêves
Le Kraken dort




Raulvolfoni a écrit:
Vermi ?! Un vers, ma gigante...

Sourire qui s'est camouflé autant qu'il le peut. Pis bon, le coup de la rame, dans la catégorie lourd, tss, Raul ne se félicite pas.
Pour l'instant, perplexité de l'intéressé aux propos de la charmante. Grandissante. La perplexité, pas la charmante...

Très charmante. C'est bien qu'elle ne soit pas frileuse. Et qu'elle porte une ample chemise.
Très.
L'amplitude.
Quelle vue pour Raul. Courbes de chair. Mh, de quoi avoir envie de géographie, être explorateur, conquérant conquis quoi...
Vite, remonter le regard. Certes, assez douteux qu'elle s'en vexe, elle n'a pas franchement l'air du genre fleur bleue, mais principe de base du bellâtre, rester léger. Le regard aussi est une caresse, et doit effleurer, pas écraser, enfin, ta bonne éducation, Raul, que diraient la mama et la Santa Vergine ?!

En même temps, ce qu'elle lui raconte sollicite son intellect.
Le monstre de Moncon à Mâcon ?

??????????????????????????????????

Hésitation de Raul.
Elle se ficherait pas de sa tête, par hasard ?
Se vexer ou ?

Non, finalement, c'est tellement énorme que ça ne peut être qu'un jeu qu'elle lui propose, ça...

Heu, en plus, si elle se colle à lui.
Glups...
Ah, l'agréable doute, s'agit-il d'une sensation perçue malgré les couches de vêtements, ou imaginée ? Raul adore ce genre de philosophie...
Ne pas fermer les yeux, ne pas fermer les yeux, ne pas fermer les yeux...
Aucun risque pense-t-il, ils sont tellement écarquillés...
Si c'est pas un appel, je veux bien...

Bon, heureusement, il n'a pas terminé sa pensée, parce qu'elle continue et interpelle Ger, présente sur la rive...

Dommage.
Mais bon, d'une part, la sensualité de Raul s'exprime difficilement par 5°, et encore moins sur une barque entourée d'eau encore plus froide.
Oui, oui, il sait, ça peut être pas mal aussi, une barque, mais bon, il a déjà testé au lac de Côme en hiver. Quel caractère, cette Isabella ! Et plouf, tout le monde à l'eau...
Pas terrible, au final, l'expérience.
Et puis, bon, avec un éventuel monstre dans le coin (même s'il doute beaucoup qu'il s'appelle ainsi...).

Et puis, c'est vrai que la pêche, ça commence à bien faire. Comme le disent les damoiselles, les cavaliers de la pêche, y'a de quoi se retrouver cantonné à la poterne du camp plusieurs mois d'affilé.
Brrr, sale perspective !
On se reprend.
Vite.


Tout en ramant vers Ger :
Quand ? Combien de gardes ? Quelle route ? Combien de mômes ?

Et pour montrer qu'il a suivi, il achève :
Il mange « énormément », mais combien de gosses bectera-t-elle, ta bestiole ?




Elvy_lee a écrit:
Elvy voit le regard de Raul s'attarder sur elle et remonter jusqu'à son visage.
Les grands yeux, c'est sa technique. Comme elle l'a expliqué à Tibalt :


- Quand j'veux quelque chose, j'fais les grands yeux
- Et ça marche ?
- Oui.

Bon, c'est pas gagné. Moncon n'a pas fait mouche. Il est dubitatif, le Raul.
Les grands yeux... P'tit mouvement léger.
On dirait qu'il adhère.
Non, pas à elle, à ce qu'elle dit... quoique...


V'la Ger. Bon sang, d'où elle sort ?

Coup de rame énergique et Raul se met à sa portée.

'LUT ELVY! RAUL! Dites, vous avez pas moins ennuyant, plus cavaliers, que d'pêcher la truite? J'sais pas moi...

On s'gare, on papote. Raul et Elvy assis côte à côte. Ger debout, la main sur la barque.

Demain ! Pas de gardes, juste les demoiselles, tu parles, qui s'inquiète de gamins orphelins !
Ils arrivent de Chalon où ils ont fait une halte.
Combien de mômes? J'en sais rien. Une dizaine, peut-être quinze.


Raul poursuit, imperturbable :

Il mange « énormément », mais combien de gosses bectera-t-elle, ta bestiole ?

Elvy rougit un peu.

Ben...




Gertrude. a écrit:
Combien de mômes? J'en sais rien. Une dizaine, peut-être quinze.
Il mange « énormément », mais combien de gosses bectera-t-elle, ta bestiole ?
Heu... on s'en fout d'la bestiole, qué bestiole d'ailleurs? *voit le regard d'Elvy et poursuit rapidement, pas la peine de s'étendre sur le sujet*, par cont', on est qu'trois là, donc quinze gosses, ça semble beaucoup d'un coup! Mais bon c'sont des gosses, va bien y en avoir qu'vont allez compter pâquerette et papillon plus loin *oui, pas trop la saison des pâquerettes et des papillons, flocons et boules de neige auraient surement été plus approprié mais ils auront compris l'image, ainsi elle continue*, quand certains vont s'éloigner du troupeau, on leur saute d'sus et on les empacte! On a des sacs?

La gamine se disait que l'idée n'était pas des meilleurs mais c'est en proposant que les bons plans germent et la suite pourrait fleurir. Puis elle espérait qu'ils proposeraient autre chose, elle qui tenait encore à peine sur ses quilles, sauter sur un mioche, ça promettait guère de résultats.




Raulvolfoni a écrit:
Salut Ger. Si, kidnapper des gosses qui ne sont pas gardés, ça doit pouvoir se faire. Encore que je suppose qu'il y aura bien un clerc et un ou deux envoyés des notables qui se donnent ainsi bonne conscience, non ?

Bon, c'est sûr, s'il y a un monstre lacustre ici, le nourrir pour mieux pêcher, oui.
Regard méfiant en coin à Elvy : S'il y a bien un monstre, non è, n'est-ce pas Elvy ?

Silence. Elle a l'air génée ou ? En tout cas, ça lui donne davantage de charme aux yeux de Raul.
Bon, d'accord, « l'épouseur du genre humain », disait quelqu'un d'autre à propos d'un troisième larron*. Mais quand même, elle est du genre à le retenir dans ses filets, avec un tel caractère !


Perché altrimenti, sinon, j'ai entendu parler d'un marchand d'esclave lyonnais qui venait souvent s'approvisionner dans le sud de la Bourgogne sous couvert d’œuvres pieuses... Il faudra s'en méfier car ce genre de chien est mauvais, cajôleur par devant pour mieux mordre par derrière. N'avoir aucune morale est une chose que je peux comprendre, mais prétendre en avoir en même temps, peuh !

Mais je peux le joindre par pigeon très vite. Qu'en pensez-vous ? Il me semble qu'on en aurai meilleur prix de nos efforts, quitte à les garder deux ou trois jours. Barbaresques averroistes sont friands de jeunes qu'ils peuvent convertir et de damoiselles pour leurs harems, dit-on.
Et ceux qu'ils ne voudront point, bah, on les pourra débiter en morceaux pour noyer le marché mâconnais de viande ou s'en servir d’appât, comme tu le proposais, bella Elvy ?

Cosa in dette voi? Qu'en dites-vous ?

Regard vers les deux damoiselles, bien sûr plus appuyé envers Elvy, mais Raul est toujours à l'aise en compagnie de belles...



* De mémoire, Sgnanarelle à propos de son maître : « Don Juan et le festin de Pierre », Molière ; Raul est nettement moins ambitieux philosophiquement, qu'on soit bien clair... Par contre, pour le score, il serait plutôt à la remorque de Giama Casanabo, « 2e meilleur amant du monde » (Pratchett, « Nobliaux et sorcières »)




Elvy_lee a écrit:
On lui avait parlé de deux charrettes de cinq ou six mômes.
Ca lui paraissait simple, à eux trois, de se débarrasser des convoyeurs, de prendre leur place et de raconter des bobards aux gosses.
Tout à coup, ça devient plus compliqué.

Elvy regarde Raul. Il doit bien savoir comment s'y prendre, le bel Italien.

Heureusement, il vole à son secours.
Il y croit pas à son histoire de monstre marin mais visiblement, il a une autre idée en tête. Un marchand d'esclaves. Un Lyonnais. Et ça tournicote dans sa cervelle : il imagine déjà quoi faire du surplus. Tout à l'air bien en place. A se demander si c'est pas lui qui a mis les gosses dans les chariots.

Elle est d'accord, bien sûr. Elle ferait n'importe quoi pour obtenir ce qui est le sel de son existence : de l'action, de la bouffe... ou de l'argent pour en obtenir.

Elvy regarde Ger.
Elle ignore si elle va adhérer.
Et sans elle, ben… ils sont plus que deux...




Gertrude. a écrit:
Cosa in dette voi? Qu'en dites-vous ?

Si il y avait bien un truc qui l'énervait plus que tout, plus que les nobliots, les curetons, et l'ennui, quoique non, peut-être pas plus que l'ennui, c'était la pire calamité au monde ça l'ennui, c'était qu'on lui cause dans un patois incompréhensible. Elle soupira un grand coup, pesa les pour et les contre dans sa tête un instant, regarda Elvy, puis Raul, à qui elle ne put s'empêcher de sortir quelques mots dans sa langue à elle, malgré qu'elle ne l'utilisait jamais!

Ja, machen Sie das!* J'vous suis. Dites moi où, quand, et avec quoi, et j'me débrouillerais pour trouver c'qu'il faut. A force d'tourner en rond dans c'trou, j'ai r'péré pas mal d'trucs. D'ailleurs, au b'soin, y a une grange abandonnée vers l'sud est. 'fin pas tout à fait abandonnée, mais disons qu'on n'y s'ra pas emmerdé si on arrive à pas faire trop d'bruit.

C'est à dire que comme elle supporte pas dormir dans un chaumière, dans un lit, mais qu'il fait trop froid pour pieuter dehors, elle avait investigué les granges du voisinage un peu après leur arrivée. Le vieille rombière qui vivait non loin était dur de la feuille et franchement pas futée.

Maintenant, si vous voulez filer les gosses à bouffer j'sais pas qué bestioles, on a aussi simple d'les zigouiller d'suite hein! Pas envie d'm'encombrer d'mioches.

*Allons-y !







Elvy_lee a écrit:
Elvy regarda Gertrude les yeux doublement écarquillés. Normal vous m'direz, elle en a deux.
Pas parce qu'elle faisait la tronche et qu'elle soupirait à qui mieux mieux, ça elle en avait l'habitude.

Elle écarquilla les yeux parce qu'elle, au moins, utilisait une langue qu'elle comprenait.
Et aussi parce qu'elle parlait d'une grange abandonnée qui ferait parfaitement l'affaire.


Demain Ger, demain faut pas trainer... sur la route qui va vers le nord.

Elle fit un geste vague, pour montrer l'étendue de ses connaissances en géographie.

Avec...

Elvy regarda Raul.

Puis de nouveau Gertrude.
Zigouiller tout de suite, c'était tentant.
Mais l’esclavagiste lyonnais, ça a d'la gueule aussi. Ca peut faire beaucoup d'argent. D'la viande, des armes, la force, la liberté...

Demi tour vers Raul. Suspendue à ses lèvres, elle murmure :

Ce Lyonnais...




Raulvolfoni a écrit:
Ce Lyonnais, Elvy ? Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma. Oui, je sais, ça ne fait pas très Lyonnais, et pourtant...
Un type chassé de Lucques, en Italie, pour fausse monnaie, mais qui a gardé des contacts. Devenu bon bourgeois Lyonnais depuis trois ans, par mariage avec une des filles de la meilleure société marchande de la ville.
J'ai déjà travaillé avec lui, contrebande de produits de luxe, mais il fait dans tous les genres. Et j'ai reconnu un de ses rabatteurs en taverne, l'autre jour.

Bon, puisqu'on a tous l'air d'accord, perfetto, un p'tit courrier alors.

Raul se rassoit sur la banc de la barque, pas encore trop froid, farfouille dans sa besace, en sort un petit nécessaire à écrire. A connu des jours meilleurs mais respire encore sa qualité d'origine.

Gagné aux dés sur un clerc en goguette. Comme il avait tout perdu et que je lui ai laissé son froc et une miche de pain, il m'a appris deux ou trois trucs. On s'est séparé les meilleurs amis du monde.
Jusqu'à ce qu'il tente de me le reprendre par la force. Il a nourri les poissons du lac de Côme...

Taille la plume, réfléchi un peu et commence à écrire, d'abord un peu maladroitement, mais son poignet s'échauffe vite, et pleins et déliés s'affinent progressivement.

Citation :
Signor Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma, que toutes les bénédictions vous parviennent avec cette missive.

Je me trouve en ce moment à Mâcon en Bourgogne et bonne compagnie, encombré d'une quinzaine d'enfançons orphelins qui peinent en ce vaste monde livré au péril du Sans-Nom. Je m'en chargerai bien, mais n'ai guère confiance en mes capacités éducatives alors que je suis sans le sous, si ce n'est réduit à la misère la plus noire.
Dans le même temps, vous que je sais cheminer si souvent sur les chemins pour faire œuvres pieuses, vous saurez certainement leur trouver protecteurs soucieux également de charité qui les élèveront au mieux de leurs intérêts ?
Je vous remercie de me répondre au plus vite, afin de ne plus chercher plus outre d'autres protecteurs qu'un trop long délai me conduirait à chercher d'arrache-pied, n'en pouvant plus de voir ainsi souffrir de male-faim ces chers petits.

Que la Santa Vergine veille avec componction sur vostra mama.

Raul Volfoni

Qu'est-ce que vous en dites, mes damoiselles ?





Elvy_lee a écrit:
Parma

Tiens donc ! Se pourrait-il qu'il s'agisse d'un de ces Italiens rencontrés en taverne, soit disant en route vers la Bretagne pour voler au secours de la Reyne ?

Aucun des noms ne correspondait mais peut-être préférait-il cacher ses véritables desseins.

Peu importait au final.

Du moment que le type en question avait de l'argent. Du moment qu'ils avaient de quoi faire changer cet argent de mains...

Raul semble être un homme d'action, si tant est qu'écrire c'est agir. En tous cas, Elvy en est persuadée.
Elle le regarde sortir son petit attirail, préparer son matériel et s'installer confortablement. Elle lui fait un sourire d'encouragement et penche sa tête par dessus son épaule pour admirer le tracé des courbes, pleins et déliés. C'est elle qui tire la langue en signe d'application.
Dans quelques jours, elle saura lire, écrire et compter, de quoi lui en foutre plein la vue !

Heureusement, il lit tout en rédigeant sa missive.


… en bonne compagnie...

Elvy sourit largement en faisant un clin d'œil à Ger.

… une quinzaine d'enfançons orphelins...

Bien ça ! Comme si c'était fait !

... n'ai guère confiance en mes capacités éducatives...

Intéressant ! Pas l'air d'avoir envie de progéniture, le Raul !
Elvy attend la suite, en toute confiance.


...qu'un trop long délai me conduirait à chercher d'arrache-pied...

Voilà qui est bien, il faut lui mettre la pression.

...vostra mama....

Qui c'est, celle-la ?

Quelle mama, Raul ?

Il demande leur approbation, à toutes les deux.
Elvy décide de mettre la mama de côté et hoche affirmativement la tête. Pour un peu, elle applaudirait.




Raulvolfoni a écrit:
Elvy_lee a écrit:
Quelle mama, Raul ?
Perplexe, Raul répond :

Hé bien, la sienne ?
C'est une bénédiction commune chez moi, à Lucques. Enfin, dans toute l'Italie, je suppose ? On en fait parfois un peu trop avec les mamas, il paraît... (Sourire).

On y va ?
On lui envoie la missive, on rassemble ce qu'on a en stock de poisson, pain et maïs pour les nourrir et on chaparde ici et là de quoi entraver et bâillonner les récalcitrants. Encore que si on la joue fine et qu'on les nourrit, ils seront peut-être conciliants ?
Oui, d'accord, ne rêvons pas.


Le lendemain

Nuit un peu courte à tout préparer, y compris le terrain. Armement éclectique. Hache, miséricorde, bâton de marche que les Anglois nomment « cape de Plymouth »*, redoutable en embuscade, même contre quelqu'un recouvert d'une cotte de mailles. Les filets de pêche pour rattraper d'éventuels fuyards à deux ou trois endroits stratégiques...
L'idée est d'Elvy, elle a organisé l'embuscade, Raul apprécie en connaisseur.

Pas de nouvelles de Signor Giambattista, mais aussi tôt, ce n'est pas encore inquiétant.
Du bruit.
Enfin le convoi attendu ? Déjà deux chariots sont passés sous leurs nez, les trois commencent à se dire qu'ils pourraient se remettre aux classes vertes, ce serait plus intéressant que d'attendre...


* De Kate Sedley, titre éponyme parmi d'autres des aventures de Roger le colporteur chez 10/18, les enquêtes du héros durant la guerre des Deux-Roses, que je recommande chaudement






Elvy_lee a écrit:
Ils se mirent donc tous trois en route le lendemain, de très bon matin.
Fin prêts, armés jusqu'aux dents, cachés dans les fourrés, la boue quasiment jusqu'aux genoux. Elvy se réjouissait de n'avoir pas emporté ses chausses blanches.

C'était long, on grignotait, on cherchait à tuer le temps.
Ils ne sauraient tarder.
Pourtant le convoi attendu n'arrivait pas.
Deux chariots étaient passés, histoire de les distraire un peu.

Un bruit met soudain tous leurs sens en éveil.
Ils se regardent.


On dirait que c'est bon.

A L’ATTAQUE !!


Une lourde charrette peine, tirée par un cheval.

Elvy saute sur ses pieds.
Elle se place sur le chemin, fait mine de remonter les bas qu'elle n'a pas et envoie au convoyeur son plus ravissant sourire.

Il n'y a pour l'instant qu'un chariot. Tout va donc pour le mieux. Le convoi va s'arrêter, Raul va sauter sur l'homme, Ger se saisir des rênes et elle-même se chargera de distraire les enfants.

L'homme arrête son cheval. Mais soudain, tout ne se passe absolument pas comme prévu.

Des hommes proprement armés surgissent de nulle part en émettant un étrange feulement.
On frissonne à les entendre !
Combien sont-ils ? Guère plus de trois (mais avec le temps, ils deviendront une dizaine).

Mouvement de retrait de la part de Raul, éclair dans les yeux de Ger.
Plus le temps de faire du charme en retroussant ses jupes, Elvy fonce dans le tas, épée en avant.


A L’ATTAQUE !!

A croire qu'ils ne savent dire que ça !

Raul a joyeusement embroché l'un des gardes à sa gauche.
Ger s’acharne sur un autre.
Tout à coup, le convoyeur détache son cheval et se met à galoper à travers bois, vers les hauteurs de la colline.

Et soudain, catastrophe ! Les enfants sortent du convoi. Ils sont moins d'une quinzaine et une femme les accompagne.
Ils ne s'égaillent pas en tous sens comme on aurait pu l'imaginer. Leurs cris terrifiés parviennent à leurs oreilles.

Et la pluie se met à tomber, forte, dure, crépitant sur les fers luisants sans pouvoir les laver. Le sol gorgé se gonfle.




Raulvolfoni a écrit:
La garde

Ruth d'Abaga était légèrement déprimée.

Elle aurait pu être en train de tenir les lignes royales face aux perfides machinations ponantaises. Elle aurait dû, d'ailleurs. Cochonnerie de chute de cheval qui l'a immobilisé jusqu'à il y a peu.
Maintenant guérie, trêve signée, elle se retrouvait à commander une bande de bras cassés. En train d'escorter des orphelins geignards à travers la Bourgogne. Pour que des notables fassent démonstration de leur charité en les adoptant à l'occasion de la fête du petit Christos...

En dix campagnes militaires, elle avait rarement vu ça...

Élisabeth, spinoziste comme elle, mais dans le genre dévot qui ne mélangeait jamais tel ou tel aliment et ne faisait rien sans trente six prières. Il y avait également Pam et Lam, les pouffes au cœur d’artichaut. Qui rechignaient au port du casque pour qu'on apprécie leur teinture de cheveux et leur maquillage (qui coulait sous la pluie de décembre).
Sans oublier die groote Lulu, une Flamande lubrique qui se mesurait en tonneaux.

Robert, Louis et Charles auraient fait passer un enfant attardé de 6 ans pour un génie. Philibert saisissait toutes les occasions possibles pour torturer des animaux.
Roberto semblait avoir des besoins disons, « affectifs », conséquents. Lulu n'y suffisait pas et on avait déjà sauvé une vache, trois chèvres et deux chiennes de ses assiduités (vu qu'il était hors-de-question de le laisser à proximité des gosses).

Ernest, Gustav et Lionel tranchait avec les autres. Des soldeniers vaguement psychopathes et incendiaires, flemmards, ivrognes, pas très futés mais relativement capables. Normaux, donc...
Elle ne comptait pas les deux qu'elles avait dû tuer à la première nuit. Tentative de viol et de vol à son encontre. Très pratique pour faire comprendre le minimum aux autres, une tête avec le truc sanguinolent de l'autre dans la bouche, ça avait fait réfléchir tout-le monde...

Bref, on lui ait refilé les fonds de tiroir.
Sans doute des tenanciers dans la débine avec tous les militaires partis combattre et consommer ailleurs ? Peut-être leur seigneur voulait-il justifier l'argent qu'il donnait par charité à leur famille ? A moins que ces dernières ne l'ait payé pour s'en débarrasser ? Voire des serfs soumis au service d'ost ?

De toute façon, elle n'aurait même pas essayé de défendre un sac de bonbons face à des gosses avec ce ramassis de fond de tiroir... Avec deux fois moins de gens, mais normaux, elle aurait pu faire quelque chose ?

Bon, d'un autre côté, qui serait assez idiot pour s'attaquer à des orphelins ?


Citation :
A L’ATTAQUE !!

Bon, au temps pour elle. Combien ? Deux, peut-être trois ?
Avec un peu de chances, c'était dans leurs cordes ?




Raulvolfoni a écrit:
A L’ATTAQUE !! lance Elvy.
C'est lundi, c'est raviolis...


Heu, rectificatif, ça sent la bolognaise, malheureusement format tartare pour nous...
Trois abrutis à tête de crétin (à moins que ce ne soit l'inverse ?) nous foncent dessus. C'est quoi ce bruit ? Ils se donnent du courage ou ?
Recul instinctif, l'imbécile se rue sur ma miséricorde. Record de victoire sans mérite, Raul, sur ce coup-là. A vrai dire, il n'est que légèrement blessé mais rompt le combat, toujours ça de gagné.

Elvy fonce tête baissée. Hors-de-question de la laisser seule, elle va s'en manger...
C'est quoi ces deux greluches si mal maquillées ? Elles n'ont pas la prétention de m'arrêter ?

Ah ben si, zut, aille, mince, Raul mon vieux, il faut rompre au plus vite avant que, ouille, elles ont l'habitude, aille, de combattre ensemble, argh...

Bon, ce n'est pas très courageux, mais quand même, le salut est dans la fuite, parfois...
200 mètres plus loin, derrière un arbre, souffle un peu court...
Qu'est-ce qu'il fait, le cavalier ? Ou c'est une cavalière ? Je vois mal à cette distance. C'est pas les gamins, là ? Ouah, è una catastrofe... Il est peut-être temps de laisser tomber ? Elles sont où, les autres ?

Je ne vois pas Ger ?

Gardes dispersés, certains courent derrière les enfants, ça peut être bon, ma je ne suis pas sûr...

Elvy !?!?


Seule contre cinq !?




Elvy_lee a écrit:
By Jah ! Voilà que ça sort de partout !

Deux femmes, genre épouvantail dégoulinant sous la pluie battante.
Elles s'arrêtent un instant, bouche bée devant le spectacle de deux hommes gisant dans leurs entrailles, un bout de chair sanguinolent pendouillant en bout de miséricorde de Raul.
Puis elles foncent, tête baissée tandis que Raul se carapate sous le regard médusé d'Elvy.

Les rangs se resserrent.

Une femme guindée s'avance en baragouinant des phrases incompréhensibles. Elle lisse consciencieusement son vêtement.
Elle est calme. Elle prend son temps.

Une autre femme se heurte à elle.

Ruthie... susurre la dernière arrivée. Elle pose une main sur son sein et déclame solennellement :

Mais que cherchent ces chiens qui nous chient sur la tête ?

De la racaille, Betsie, de la racaille...
Occupez vous donc des enfants ma chère.


Dame d'Abaga ! demande un homme. On fait quoi ?

Car trois hurluberlus viennent d'apparaître, courant en tous sens derrière les gamins.
Et la Dada Baga semble consternée.

Quelques pas plus loin, un peu en retrait, un freluquet tout en os fait les yeux doux à une matrone bien en chair.

Broutelulu, broutelulu, bêle-t-il tandis que la dame lui fait disparaître la tête sous ses jupons.

Elvy n'en croit pas ses yeux.
Boudiou ! Et Raul qui se planque sous son arbre ! Et Ger qui semble avoir disparu !
Partie piquer un petit roupillon dans les herbes folles quand on a désespérément besoin d'elle ?


Elvy !?!?

La voix de Raul ! Elvy bat doucettement en retraite, s'approche subrepticement de lui, grimpe sur une souche et souffle à son oreille :

La Dada Baga, Raul ! C'est elle dont il faut s'occuper, elle a l'air d'être le chef.

Mais la souche est glissante ; Elvy dérape et s'affale à terre.

Ils n'avaient pas douté de leur victoire mais tout semble soudain fortement compromis.
Elvy regarde tout à tour Raul puis leurs adversaires. Ils sont tant, qu'elle ne sait même pas les compter.




Gertrude. a écrit:
A L’ATTAQUE !!

Avait criée Elvy plus tôt, et instinctivement, elle avait foncé dans le tas avec la hache mal aiguisée qu'elle avait dégotée dans une vieille ferme. Seulement, sa jambe ne lui permettait pas suffisamment d'équilibre que pour ressembler à une guerrière, elle avait plutôt l'air d'une paysanne, jamais sortie de son champ qui tentait de faucher des herbes hautes en se balançant de gauche à droite... bah oui unique moyen de tenir debout! Elle s'était donc retirée pour en revenir aux fondamentaux : la position assise!

Assise donc dans les fourrées, elle venait de sortir de sa besace tout ce qu'elle avait pu trouver qui pourrait servir de projectiles. C'était sa spécialité. N'ayant jamais eu la chance de pouvoir s'acheter une épée, elle s'était entraînée avec les moyens du bord depuis des mois, il était donc temps de montrer ce qu'elle pouvait faire.

A ce moment, elle s'aperçut qu'Elvy et Raul étaient en mauvaise posture. Il fallait donc bien se décider, suffit de rester à rien faire. Cela faisait plus d'une lune qu'elle ne foutait pas grand chose déjà, un peu d'action efficace était attendue. Inspiration. Expiration. Et Action!

Elle commença par un vieux couteau rouiller en direction d'une bonne femme mal maquillée. Le lancer de couteau nécessite un minimum de calibrage et de connaissances de l'arme, elle n'arriva qu'à toucher le flan de ce qui lui semblait une catin mal fardée.

Enchaînant avec d'autres couteaux, une louche, un fer à cheval, une brosse à cheveux, de vieilles pommes... le but premier était d’assommer ou au moins de détourner l'attention de la bande de ... heu... elle n'aurait su dire de quoi... la petite troupe ressemblait plus à une clique de clown pour cirque ambulant de bas niveau qu'autre chose.

Sa seule crainte du moment était qu'ils allaient vite se rendre compte d'où venait les projectiles, et se précipiter sur elle. Il fallait qu'elle bouge, rapidement, elle chercha donc activement la brunette et l'italien du regard avant de décider de la suite.




Raulvolfoni a écrit:
Je fonce en sens inverse.
Regarde dans tous les sens.
Ne sait plus que faire.
Elvy me rejoint. Me glisse un truc que je ne comprends pas dans son souffle qui me taquine l'oreille, c'est bien le moment que ça me prenne, ça ! Se vautre en beauté.
Je tend le bras vers elle.
Deux qui se pointent.
Cris, ordres, consternation, pleurs se succèdent aux alentours.
Je glisse et me retrouve calé contre la souche.
Oh, et puis tanto peggio, tant pis hein, comme une embuscade en ville. Je me précipite tête la première sur le premier.


BAM !

Il en emporte l'autre avec lui, youpi !
Et trois suivants, youplan...
Ils tournent autour de nous.
Sourire échangé avec la bella, maintenant redressée, bien campée.
Ils hésitent.
On se jauge du regard.
Le freluquet tout en os a le souffle court en regardant... Quoi, le mollet d'Elvy ?! Comme si c'était le mo... Attend, là, y'a de l'idée...

Je me penche d'un coup alors qu'elle est en garde et soulève sa jupe au-dessus des genous. Ma, quali gambe, quelles gambettes cette fille !
Eux restent bouches-bées.
Duo parfait des deux hydreux, pied qui partent en même temps, arme qui achève l'imbécile.
Reste l'abruti à la respiration obsédante. Il était au milieu des deux autres. Maintenant entre nous.
Idéal. Main droite de votre serviteur. Main gauche d'Elvy. Ciao, débilo...
Sourire d'Elvy dont la tête se retourne vers moi.
Je lui vole un baiser.

Elle s'y est prêté ou ? Oui, bien sûr, un si joli voleur comme moi. 'Faut pas chercher, c'est l'instinct. Normal. Naturel. On peut la comprendre. En toute modestie, quelle femme ne voudrait pas de moi, hein ?
Mh, quelles lèvres...

On se sépare. Gonflé à bloc après ce baiser, je fais trois pirouettes parfaitement inutiles, mais bon, c'est la classe, quoi...
Je vois Ger en train d'en bombarder d 'autres avec sa cantine portative, flottement, c'est le moment que j'intervienne.
J'échange trois passes avec un soldenier. Renfort en approche pour lui, je le fauche du pied et m'éloigne.
Hé hé, je suis le plus beau, je suis le meilleur, je...

Heuuuuuuuuuuuuuuuuu.... Ils recrutent des montagnes et les habillent d'une cotte de mailles, dans la milice bourguignonne, maintenant ?

- Oh, du, du bist so schön, mein kleine Dieb*, mon betit voleur...Fiens dans mes bras !

- Pardon ?!?! Mais heu, enfin, mademoiselle, je vous en prie, nous ne nous connaissons pas, je...

AU SECOURS !!!!!!!!!!!!!

* Oh, tu es si beau, mon petit voleur





Elvy_lee a écrit:
Elle est toujours affalée dans la boue quand soudain, le festival commence.

Un couteau envole un bout de cuisse d'un des épouvantails, et d'un !
Un autre ! Ustensiles ménagers, fer à cheval, fruits pourris, tout y passe !

Ca déquille sec ! Elvy applaudit puis se souvient qu'elle n'est pas au spectacle.
Du coup, elle pousses des petits cris à chaque fois qu'un projectile atteint sa cible. C'est idiot, mais ça fait tellement longtemps qu'elle s'est pas marrée !

Elvy attrape le bras de Raul, tente de se libérer de la gadoue en faisant des signes discrets.

Ouhouhhhh, Ger !

Mince, Raul qui lui glisse des mains !
Un instant... un instant seuuuulement... il rebondit aussitôt comme un ressort.
Il en enquille un qui, par ricochet, dégomme l'autre.
Re-applaudissement !
Boum, badaboum, ça n'arrête pas !

Et v'la qu'on entame une petite danse...
On fait la ronde autour. Raul soulève sa jupe qu'elle retient d'une main en levant une jambe puis l'autre. Raul enchaine dans un accord parfait et paf ! Dans la tronche du demeuré !
Demi tour et prise en sandwich de la tête de l'autre abruti. N'avait qu'à pas se trouver là !
Sourire, baiser !
Raul est remonté à bloc. Le voilà dans les bras de la roudoudou d'amour. Va-t-elle aussi le glisser sous son ample jupon ?

Ca donne une idée à Elvy qui croit toujours fermement que c'est la Dada Baga qui tire les ficelles de « l'organisation ».
Elle attrape le filet de pêche et en lance une extrémité à Ger, tandis que Raul hurle comme un écorché vif, couvrant les cris des enfants.


AU SECOURS !!!!!!!!!!!!!




Raulvolfoni a écrit:
Je cours comme un dératé pour échapper à la montagne lubrique. Normalement, je devrais la distancer sans problème. Mais bon, la concentration n'est pas à son maximum, il faut bien l'avouer...
Marrez-vous ! Je voudrais vous y voir, avec ce truc aux fesses qui ne pense qu'aux vôtres !

Sans compter que si je tente d'utiliser toute ma vélocité pour gagner du temps entre les arbres et les buissons, elle fait dans le simple, elle.
Elle n'évite aucun obstacle. Elle déracine les arbres en passant et écrase tout buisson. Oui, bon, peut-être, mais c'est l'impression qu'elle me donne.
Pas fait pour me rassurer et trouver une bonne solution.

Résultat, je continue à m’époumoner. En pure perte, paraît-il.


AU SECOURS !!!!!!!!!!!!!

Résultat malheureusement prévisible.
Au moment d'une accélération, brusque arrêt qui m'estomaque.
Elle m'a pris au collet, au sens littéral.
Me retourne.
Me contemple avec ravissement.
Je hurle.


ARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRGH !!!!!!!!!!!!!

Ça ne lui fait ni chaud ni froid et elle se pâme littéralement d'aise.
Pour rester dans la catégorie «ad usum delphini », s'entend.
Parce que j'ai déjà entendue des catins de rues user d'un vocabulaire moins cru et châtié pour parler des émois qu'elles promettaient.
Et elle s'en promet beaucoup.
A mon corps défendant, je le jure sur la mama !!!

Je me retrouve d'un coup sous la gorgone, qui soulève sa jupe du même coup.


ARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRGH !!!!!!!!!!!!!

BÔÔÔÔÔÔÔÔMMMMMMMM

Vaguement étouffé, entre l'odeur, la masse et la perspective de vivre un avant-goût de ce qu'on promet de l'enfer du Sans-Nom. Je comprends mieux ce que peut ressentir un souriceau qui tombe sur un vieux matou pervers et joueur...
Je vous jure que j'ai commencé à regretter mes péchés...
Avant de m'évanouir, je crois ?

Au bout d'un temps indéfinissable, je me retrouve toujours à la même place. Toujours étouffé sous le poids de la pécheresse. Qui tangue et roule sous le coup d'une émotion... Non, mieux vaut n'en rien dire...
Beeeeerk.
Me dit qu'il faut impérativement trouver quelque chose. D'urgence. Parce que là, je ne tiendrais pas longtemps.
Ma main chercher une branche. N'importe quoi pour lui fracasser le crâne.
Une pierre à briquet ?
Ben, à défaut de grive, hein ?
Je tente.
Ça marche, j'ai réussis ! J'ai mis le feu à son jupon !
Quand j'entends, horrifié :


Ach, nein, der Feuer ! Tant pis, du bist le plus beau, mein Liebchen !* Nous mourrons ensemble dans les flammes de l'amour !!!!


ARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRGH !!!!!!!!!!!!! AU SECOURS !!!!!!!!!!!!!

* Ah non ! Pas le feu ! Tant pis, tu es le plus beau mon chéri !







Dernière édition par Elvy_lee le Lun 5 Mar - 22:16, édité 1 fois
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Elvy_lee

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MessageSujet: Re: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Dim 15 Jan - 23:29

Elvy_lee a écrit:
Ah non, alors ! Pas d'ça chez nous !!!

Zigzaguant entre arbres et buissons, Raul court et la luronne aux abois court encore plus vite.


AU SECOURS !!!!!!!!!!!!!

ARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRGH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Le cri est déchirant et s'évanouit sous la jupe de la virago.

Ni une, ni deux, Elvy lâche l'extrémité du filet de pêche, prend appui sur ses deux pieds et saute sur les épaules de la drôlesse.

Bon sang, si elle doit dans un futur proche ou lointain goûter de nouveau aux lèvres du bel Italien, il est hors de question qu'elle les partage avec celles de la grosse rombière !

Elvy passe ses bras autour du gras du cou et serre, serre....

Ca brûle par en dessous.
C'est qu'elle aurait le cul en feu ?




Raulvolfoni a écrit:
Elle m'écrase comme une crêpe, veut abuser de ma chandelle, et le torchon qui lui sert de jupon brûle.
La Chandeleur en avance, peut-être ?

Tout-d'un-coup, moindre pression ?
Le tonneau est attaqué dans le dos, le fût l'a dans le... Hm...
Trop de masse, je n'y vois rien mais elle se défend contre quelqu'un derrière elle.
Je trouve enfin ma miséricorde, ma dague effilée, même si les soubresauts de l'autre me brisent.
La larde tant que je peux.
Au hasard. Jambes, bras, corps, je ne distingue pas grand chose. Sang dans les yeux, cris, masse, gestes, confusion. Ça dure, ça dure...
Tout d'un coup, un


Hanârgh !

Tonitruant. Et passablement ridicule. Elle se redresse d'un coup puis s'effondre aussi vite à côté, les bras en croix, plus large peut-être morte que vivante.
Ça ne la rend pas plus sympathique.
Pour le principe, je lui mets un coup de pied.
Dans la tête, la masse de saindoux, je viens de tester, merci...
Je me redresse à mon tour, aidé par Elvy que je bénis sincèrement. J'ai le sentiment de flotter, normal, l'autre n'est plus là pour me couper la circulation.


- Merci Elvy...

Sentiment de soulagement. Ce qui peut se comprendre. Testez, vous verrez... Même le fait de devoir remonter mes braies face à Elvy, sous cette fichue pluie qui n'en finit pas. Qui n'a pas éteint les flammes qui me chatouillaient. Qui ne me donne pas l'impression de laver la boue, la morve et le sang qui me recouvrent...
Après l'épreuve de choc que je viens de passer...


Mais bon, le naturel revient au galop, et je ne peux m’empêcher d'hennir...
Complice :
Qu'est-ce qui reste à faire, bella ? C'est presque dommage que tu sois venu aussi vite. Encore une semaine comme ça et j'attaque Dijon à moi-seul, dis...




Elvy_lee a écrit:
La monture se cabre puis se dérobe...
Démembrée !
Normal qu'elle se soit effondrée.

Raul l'achève d'un coup de latte.


Merci Elvy...

On en profite pour se faire des petites politesses.

Remontage de braies, p'tit coup d'œil discret de la brunette.
Il n'a pas vraiment fière allure l'Italien, maculé de boue et de sang... un peu hébété.

S'agit pas de se laisser aller. Ils en ont dégommé quelques uns mais il en reste encore !

Pour l'instant, les survivants courent après les mioches qui se sont égaillés dans tous les coins.

Suffit d'attendre que le groupe se reforme, que le calme soit revenu et il n'y aura plus qu'à resserrer le filet autour d'eux.

Satisfaite, Elvy s'assoit tranquillement, impatiente de voir la suite des évènements.

Raulvolfoni a écrit:
Ruth d'Abaga était légèrement déprimée. Elle commence à douter de sa vocation militaire...
On la comprend...
Elle a bien essayé d'organiser la meute d'incapables, mais bon, là, on pourrait dire qu'elle commence à saturer...





Raulvolfoni a écrit:

A intervalles réguliers, la dame d'Abaga reprend courage, donne des ordres, et constate leur inutilité totale. Quand Élisabeth réussit à réunir avec plus ou moins de bonheur les mômes, Robert, Louis ou Charles les dispersent tant qu'ils le peuvent...
Pas terrible pour le moral...
Alors, d'Abaga les renvoie vers les attaquants...
"Et ça recommence, encore et encore,
C'est que le début, d'accord, d'accord..."

Jusqu'au moment où elle tente d'échapper à la réalité. Ahhh, couturière....
Jusqu'au moment où une voix venu d'en-dessous l'interpelle :


- Dites, M'dame ?

- Ouiiiiiii ?

Un type, complètement crade. Sous elle. A plat ventre. Il a dû ramer, si l'on peut dire, pour parvenir jusqu'à elle. Encore qu'indubitablement, la concentration de dame d'Abaga était fluctuante, ces derniers temps...
Pourquoi cette mine réjouie ? Ah tiens, oui, l'a dû en profiter pour reluquer sous sa robe.
Réflexe idiot.
Au moment où elle reconnaît la dernière victime de la grosse Lulu (et accessoirement un de ses bourreaux), elle resserre les jambes.


- Comme prévu, sourit Raul...
Qui la fauche d'un coup de jambes pour le moins réussit...
Lui saute sur le dos et la menace de sa miséricorde :


- Pas bouger, pas mourir, compris signora ?
Raul, très satisfait de lui-même, en oublie malheureusement de surveiller ses arrières...




Elvy_lee a écrit:
Ger et Elvy se mettent à courir avec le restant de la troupe, tantôt rassemblant la marmaille en compagnie de Betsie, tantôt la dispersant allègrement avec les trois guignols.

Ruthie, totalement dépassée par les évènements, hurle des ordres contradictoires.

Pendant ce temps, Raul rame et rame encore.
A croire qu'il a ça dans le sang !

Il semble finalement avoir compris que c'est bien la Dada Baga le chef de ce commando d'élite.

Après avoir rampé avec grâce, il reprend la position du mâle dominant, chevauchant la Dada et la harponnant hardiment.


Pas bouger, pas mourir.

Elvy frissonne.
Elle ne peut s'empêcher de penser à sa dernière victime, celle à qui elle a dérobé le caillou.
Eh oui, faut pas lui faire confiance à Elvy. A part à l'Hydre, elle n'est fidèle à rien.
Elle se remémore parfaitement les paroles de Kreems.


LA MORT OU TCHI TCHI !

En attendant, il faut se libérer des assaillants qui ont fini par remarquer qu'elles ne faisaient pas partie de leur troupe. Il faut surtout songer à conclure.
Pendant que Raul en termine de sa petite affaire, Elvy s'empare du filet abandonné, en tend l'extrémité à Ger et les deux donzelles referment les rets sur tout ce petit monde.

Marmots, gardes, Raul et compagnie, tout le monde se débat et ne réussit qu'à s'entortiller davantage.




Raulvolfoni a écrit:
Tout d'un coup, Raul est plaqué contre sa victime. Littéralement. Comme il n'a jamais très bien compris l'utilité d'un otage mort, il a eu le bon réflexe d'écarter sa lame.
Il est dans le filet manipulé par Elvy et Ger.
Petit coup de fatigue, pas le courage de hurler sa désapprobation...

Et puis, maintenant qu'il est contre-contre la dame, il peut s'assurer de ce qu'il avait perçu de ses qualités en rampant vers elle. Militaires, il est dubitatif, politiques, économiques, religieuses, il n'en a pas la moindre idée, mais morphologiques, alors là, pardon !

Et la pression contre elle s'accroît au fur et à mesure que les deux comparses de Raul rajoutent des participants à la résidence partagée.

Au début, Raul, bien élevé, faisait
: Tutte le mie escuses.
Mais bon, là, ce serait simplement redondant...

Et il a de moins en moins l'impression de devoir s'excuser, aux réactions de l'intéressée.
Balade, tanguage, balade, roulis, balade, dé-laçage, en haut puis en bas, balade, comme les chapeaux, balade, souffles courts mais pas audibles dans l'énervement général...

Mh, première fois que je fais ça en filet... se dit-il, heureusement étonné.




Elvy_lee a écrit:
Les filles serrent de plus en plus. Au point que ça boudine par endroits. Surtout du côté occupé par Raul.
… Enfin, jusqu'à ce que l'énervement premier laisse place à une certaine fluidité.
Car, une fois passé un léger mouvement d'humeur, Raul semble maîtriser la situation. On dirait même... By Jah ! Il semble goûter les plaisirs de la promiscuité !

Elvy avait déjà remarqué ce trait de caractère chez l'Italien : ce mélange d'exotisme et de dévotion superstitieuse pimenté d'une incroyable facilité d'adaptation.
Cette aptitude naturelle qui lui faisait apprécier l'opportunité du dépaysement...
Bref, son incapacité à résister à tout ce qui porte jupon... ou presque.
Volage quoi !

Pris dans la mêlée, il s'en donne à cœur joie, mais du moment que c'est pour le bien de l'opération...

Elvy attend patiemment que Raul recouvre son anatomie et ses esprits.

Betsie la ramène après avoir avalé un cheveu :


Mais que serse cessien....

Les gamins couinent

Elvy se redresse.


On s'tait ! Tous ! Sinon je vous étouffe !
Et quand je dis, je fais !

Vous allez être bien sages et obéir à Raul !


Le Raul en question semble totalement désintéressé de la situation. Il la regarde un peu ahuri, l'air d'un gamin pris en flagrant délit de vol de chocolat mais qui refuse de rendre la tablette.

Bon Raul, t'sors de d'là ou pas ?




Raulvolfoni a écrit:
Brutalement, une voix me rappelle à la réalité :

Elvy_lee a écrit:
On s'tait ! Tous ! Sinon je vous étouffe !
Et quand je dis, je fais !

Vous allez être bien sages et obéir à Raul !


Bon Raul, t'sors de d'là ou pas ?

C'est vrai que ça piaille sévère, les mômes, ça me réveille, dis.
Bon, un peu gêné, mais d'un autre côté, hein ?
Ça, ça ne peut pas être un problème, si ?
Noooooooooooooooon...



- Heu, si, si, Elvy, j'étais un peu, enfin, la tête dans les nuages, si ? Celle-là, on va pouvoir demander un supplément, elle va faire fortune vite-fait, dis...

Elvy me regarde avec un air... Mi-fugue, mi-raisin vert bon pour les goujats, non ? C'est pas allegreto, c'est sûr, et quand même pas un requiem, mais je ferais peut-être mieux de ne pas trop... Bref...

- Inutile d'épiloguer, si, laisse-moi un peu causer avec...

Petit regard sur les mômes, carrément pas rassurés face à Elvy et sa grosse voix. Trouver un chef de groupe. Ah, là, on dirait qu'il y en a deux, un garçon et une fille, dis ? Pas grave, ça ira très bien...

- Eux. Venez ici, vous deux.

Les mômes se regardent et se rapprochent, pas très confiants, qui-vive, prêts à déguerpir aussi secs que mouillés...
Je les regarde, l'air ni méchant ni gentil. Surtout ne pas les prendre pour des imbéciles. Ils se marrent rarement, les orphelins. Remarque, avec ce qu'on leur prépare, ils n'ont pas tord...

Je m'éloigne de deux ou trois pas avec eux. Les deux plus vieux, huit à dix ans.


- Bon, on va faire vite et simple. Une chose de sûre, c'est que les gens auxquels vous étiez promis, c'étaient des vieux pervers qui voulaient faire des trucs cochons avec vous.
On va vous revendre, et vous allez voyager loin, à mon avis, une fois que ce sera fait. Sûrement pas de la rigolade, mais vous avez une chance de vous en sortir. Pas énorme, mais une chance. D'ici la vente, vous serez nourris et vous dormirez au chaud.

Je laisse prendre conscience de ce que je viens de dire. Puis...

- Par contre, si l'un d'entre vous nous embête, tente de s'enfuir ou n'importe quoi, la dame qui a crié se charge de lui. Et la dernière fois qu'elle s'est énervée, saint Nicholas n'était pas là et le boucher a eu de très beaux morceaux de viande trèèèèèèèès tendre à renvendre... Compris ?

Bien, votre silence est éloquent. Alors, vous allez veiller à ce que tout se passe bien, et il n'y aura pas de problème. Faites passer le mot aux autres. Départ après que chacun ait mangé une pomme, on a prévu ça...
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Elvy_lee

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MessageSujet: Re: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Dim 15 Jan - 23:39

Elvy_lee a écrit:
Elvy se penche vers Raul pour entendre ce qu'il lui chuchote.
Et c'est un regard noir qu'elle lui lance.


Ouep, on verra !

Raul se dégage promptement du filet et s'en débarrasse.
Tout le monde s'est mis en rang par deux, même les gardes. L'un d'eux tient la main de Betsie, sage comme une image.
Quant à la voluptueuse Ruthie, elle ne quitte par son dompteur des yeux.


Inutile d'épiloguer, si, laisse-moi un peu causer avec...

Désignés d'office !

Elvy lance un clin d'oeil complice à Raul. On voit qu'il sait y faire.
Deux petits approchent, serrés l'un contre l'autre, tout fiers de leur nouveau statut de seconds auprès de leur désormais chef.
Elle tend l'oreille mais n'entend rien.


Vous aurait-on pas d'mandé d'vous taire ?
Le prochain qui la ramène, c'est mon pied au cul !


Corne de bouc ! Elle a raté le début de l'entretien.

… des vieux pervers.... cochons...

Sans quitter la troupe des yeux, elle suit le reste de la conversation.

Par contre, si l'un d'entre vous nous embête, tente de s'enfuir ou n'importe quoi, la dame qui a crié se charge de lui.

Elvy sourit de toutes ses dents pour bien montrer son approbation.

Compris ? Répète-t-elle.

Des pommes ? Aurait-elle loupé un épisode ?




Raulvolfoni a écrit:
Le sac de pommes est vite vidé.
Entre-temps, résolution du problème du transport. Rapide. En effet, un des gardes est parti avec le cheval du chariot. Qu'on peut revendre aussi. Ou adjoindre aux roulottes du convoi de l'Hydre.
Mais comment faire ?
C'est vite trouvé : une arbalète retrouvé dans un bagage permet à Ger de menacer les deux gardes les plus costauds encore en état de tracter le chariot. Comme en plus, elle connait un chemin discret, on évite d'éventuels secours.
Coup de bol, trente pieds après l'intersection, de la terre sèche et des pierres sur laquelle le chariot ne laisserait aucune trace. On tire le chariot jusque-là puis on fait demi-tour, on camoufle les traces à la croisée des chemins, puis tranquille...

Quant aux enfants, Raul s'en occupe, et ma foi, l'ambiance est au beau fixe.
La preuve, il leur compose une petite chanson entrainante qu'ils reprennent en coeur*.


Citation :
Heigh-ho, heigh-ho,
On s'en va au marché
Être des esclaves
C'est mieux qu'des zouaves
V'là l'avenir, v'là du boulot,
On sera pas mangés !

Heigh-ho, heigh-ho,
Travail, nourris, logés,
V'la les malins
On n'est pas des crétins
Voilà qu'est bien beau
On va pas s'attrister !

* Sur l'air des nains de Blanche-Neige




Elvy_lee a écrit:
Tout était rentré dans l'ordre.

La petite troupe s'était mise en route.
Raul se mit à chanter et les enfants, enthousiasmés, reprirent en chœur sous le regard sévère d'Elvy.

Et j'peux vous dire que ça bronchait pas !

Mais le chemin était long et les gamins commencèrent à montrer des signes de fatigue.


Allez les gosses ! J'vais vous raconter une histoire !

Et puis pas question qu'ils refusent ! Elvy jeta son trognon de pomme et commença :

C'est l'histoire du petit Annu Lairet...

Elvy réfléchit un instant.

… du nom d'un doigt de la main.
Papa et maman Lairet copulant à qui mieux mieux, Annu était le dernier d'une grande fratrie.
Le couple travaillait à la mine, mais suite à des vols répétés, il avaient été virés et n'avaient plus de quoi nourrir leur marmaille.

Et puis surtout, ils en avaient marre des marmots !


Elvy regarda les gamins en fronçant les sourcils et continua :

Alors ils prétextèrent une petite ballade et allèrent les perdre en forêt.
Mais le petit Annu avait semé des cailloux le long du chemin, ce qui fait que les joyeux drilles vinrent sonner à la porte de la maison dès le lendemain matin.
Les parents tirèrent une drôle de tronche et décidèrent d'une nouvelle promenade.
Mais cette fois, la mère ferma la marche et balança des coups de pieds dans les cailloux.


Les enfants semblaient de nouveau terrorisés et Elvy regarda Raul en espérant qu'il avait en réserve une autre chansonnette à leur fredonner.

Sinon, des histoire, elle en avait plein la tête !




Raulvolfoni a écrit:
La colonne, une fois la poudre d'escampette prise, continue son petit bonhomme de chemin. Enfin, c'est façon de parler. Au bout d'un moment, il faut quand même remplacer les prisonniers. Raul s'y colle, histoire de briller aux yeux d'Elvy, et puis parce qu'il faut bien si on veut que ça avance.
Quant à briller, au bout d'une demi-heure dans les chemins boueux, il n'a plus guère d'illusion sur sa prestation.
Une demi-heure de plus, et il n'en peut plus...

On colle Élisabeth et un autre prisonnier au travail. Ce dernier regimbe et fait le mariole face à Elvy. Laquelle appuie son ordre d'un fort gracile coup de genou dans un endroit stratégique de sa morphologie.
Il s'effondre.
Élisabeth se la ramène, genre « chez moi, pas de telle fragilité ». Elvy lui démontre le contraire : un charmant direct dans la poitrine, et une baffe format maison. Elle se met au travail avec Ruth...
Raul qui pensait intervenir n'a rien eu le temps de voir. De toute façon, avec sa fatigue... Il admire néanmoins en connaisseur...
Ma, quale raggaza**

Histoire de, il rejoint les enfants et reprend ses chansons. Marrant ,les mômes ont l'air peu enthousiastes, voire terrorisés au début ? La prestation d'Elvy ou ? Il a peut-être loupé quelque chose, mais bon ?
En tout cas, ça fonctionne, et ça marche, la petite colonne de bambins...


Citation :
Complainte du fort jeune aventurier qui s'ennuie*
Mes copains sont tous en campagne
Électorale ou à la trime
Y se sont rangés d'la castagne
Y'a plus d'aventure tiens ça m'déprime
Alors pour mettre un peu d'ambiance
Dans mon duché qu'est si coincé
J'ai groupé toutes mes connaissances
Spirituelles pour m'éclater

Je suis une bande hydrique
A moi tout seul
Je suis une bande hydrique
J'ai arrêté l'tilleul

Je suis Nénu et Labaronne
Je suis Fernand, je suis Galo
Je suis Labaiteuh ou bien Castapogne
Je suis Chris, je suis Mahaud
Y'a plus d'problème de hiérarchie
Car c'est toujours moi qui commande
C'est toujours moi qui obéit
Faut d'la discipline dans une bande

Je suis une bande hydrique
A moi tout seul
Je suis une bande hydrique
Je vous dégueule

Quand j'débarque au duché du coin
Qu'un mec veut pas s'faire agresser
Ahlatete aussitôt intervient
On s'met à deux pour le latter
Quand je croise la bande à Armoria
Y sont beaucoup plus nombreux
Ça bastonne comme dans l'au-delà
C'est vrai qu'dans sa bande y sont deux

Je suis une bande hydrique
A moi tout seul
Je suis une bande hydrique
Je m'fends la gueule

Quand dans ma bande y'a du rififi
Je vois l'Diabolo, on pille une pouffe
J'fais un colloque avec la Gaby
C'est elle qui parle et c'est moi qu'écoute
Parfois j'engueule tout un jury
Qu'a pas bien digéré l'Brigante
Alors avec tous vos procès pourris
Y'a rien de tel pour qu'on s'entende

Je suis une bande hydrique
A moi tout seul
Je suis une bande hydrique
J'te fends la gueule

Quand j'me balade avec mon poney
On dirait l'équipée sauvage
J'pique trois mirabelles à ces tarés
Je vous raconte pas l'orage
Et pis quand par juridiction
Toute ma bande est décimée
Par une toute une bande de fions
J'me bats toujours jusqu'au dernier

Je suis une bande hydrique
A moi tout seul
Je suis une bande hydrique
Prend-en plein l'orgueil

I'm a poor lonesome hydrique
I feel alone
I'm a poor lonesome hydrique
Y break your gueule***

L'air entrainant redonne de l'allant aux petits, tant mieux.
On finit par arriver à la grange repérée par Ger.
On déballe les affaires et on s'affaire pour passer le nuit. Des poissons ont été mis de côté pour nourrir la troupe. Il ne faudrait pas que l'acheteur puisse prétendre que la marchandise est de mauvaise qualité, oh !

Il est temps de manger...


* Renaud, « Je suis une bande de jeunes », bien sûr...
** Hé bé, quelle gonzesse !
*** Chus un hydrique bien seul/J'me sens tout seul/Chus un hydrique bien seul/J'te fend la gueule...




Raulvolfoni a écrit:
On mange, les mômes baffrent, visiblement pas terriblement nourris durant leur trajet. Qu'ils aient faim pour se tenir tranquille quand on les remet aux « âmes charitables » qui les prennent en main ? Bof ?
Une fois la tambouille finie, je reprends la balle.


Bon, qu'est-ce que vous diriez d'une petite histoire ?

Visiblement pas d'opposition.
Tant mieux. Pas d'envie particulière d'être contredit.
Mh, pourquoi je suis bougon, moi ? Peut-être qu'Elvy commence à me travailler plus que je ne pense ?
Ouhlà, Raul, mon petit, il faut te reprendre.
D'accord, elle est belle. Fraiche. Un caractère emballant. Du courage comme tu aimes. Une droite de qualité. Une descente respectable. Visiblement, tu ne lui es pas totalement indifférent.
Mais bon, un Volfoni, c'est un Volfoni. Si tu te mets à raisonner comme ça, la familia ne va pas te reconnaître...
Dieu, c'est pourtant vrai qu'elle en jettes !
Bon, allez...


C'est l'histoire de Giambattista. Un bandit de grand chemin. Jeune. Beau. Elégant. Aimé des femmes (sourire en coin à Elvy). Il se moque des habitudes des gens. De leur incapacité à voir et accepter leurs défauts, leurs incohérences. Lui, il s'accepte tel qu'il est. Il n'accuse pas les autres de ses travers. Ceux des autres ne le dérange pas. Mais il ne faut pas se mettre en travers de sa route...

Je continue sur ce genre pendant quelques temps, raconte une ou deux histoires qui me sont arrivées, à peine enjolivées et rêvées. Enfin, pas plus que nécessaire. Des costumes improbables, des musiques étranges, les gens de l'Hydre en plus élégant, des armes bizarres, ce genre-là quoi...
Je suis très très mesuré sur l'exagération.
Je n'en rajoutes pas.
Pas trop, en tout cas...
Pas vraiment trop...
C'est pour charmer les gosses, quoi...
Bon, je présente un intéressant portrait possible de moi...
Enfin,
savoir ce qu'ils vont en retenir ?
Ou Elvy, d'ailleurs ?




Raulvolfoni a écrit:
Bon, tout ça est bien sympathique, surtout moi bien sûr, mais il ne faudrait pas que les enfants soient trop confiants, trop détendus quand même. Sans oublier les autres captifs. Une tentative d'évasion est si vite arrivée...
On va abaisser leur niveau de moral, quand même.
Donc, on change de registre, on va passer aux chansonnettes.
Ah, une idée, je crois que j'avais aperçu un truc dans les affaires des prisonniers ?
Je fouille le tas en question, oui !
Une harpe troubadour... Pas en grande forme, 22 cordes, ah non, 21, une de cassée, bah, de toute façon, je sais grattouiller, accompagner, pas vraiment mieux, pas grave, ma voix reste ma meilleure corde à cet arc...

Les enfants ouvrent de grands yeux. C'est parti.


Citation :
La complainte de l'Hydre*

Le requin, lui, il a des dents,
Et Lab a une pelle :
Le requin montre ses dents,
Lab exhibe sa pelle.

Ses nageoires sont rouge-sang
Quand le requin est en chasse,
Mais Raul, lui, porte des gants
Et ne laisse aucune trace.

Sur les bords du Rhône
Des gens s'écroulent tout à coup.
Épidémie ? Qu'on se le dise :
C'est Grosbill l'auteur du coup.

Un dimanche, en pleine ville,
Un homme, un couteau dans le cœur :
Cette ombre qui se défile,
C'est l'Hydre de Malheur.

Schmul Meier, qu'est-il devenu,
Et cent autres trépassés ?
Crusty vit de leurs revenus,
Ignorée des maréchaussées.

On a trouvé Jenny Trowlen
Un poignard entre les seins ;
Sur les quais, Kreems se promène,
Il n'est au courant de rien.

Où est le roulier Alphonse ?
Oui, le saura-t-on jamais ?
Ne demandez pas la réponse
A Gertrude, qui n'en peut mais.

A Autun, dans l'incendie,
Sept enfants y sont restés.
Dans la foule on voit Elvy Lee
Filer sans être inquiétée.

Une veuve jeune et sage,
Estimée dans son quartier,
Subit les derniers outrages...
Barra n'en eut pas pitié.

Il est bon de rappeler certaines choses, non ?

* D'ap « La complainte de Mackie-le-Surineur » ; Prologue de "L'opéra de quat'sous", Bertold Brecht




Elvy_lee a écrit:
Les prisonniers se montrent particulièrement coopératifs, escortant les mômes de bonne grâce.
Les gamins eux aussi marchent sans se plaindre, jetant des regards inquiets tant à Elvy qu'à leurs accompagnateurs.
Il n'y a que Raul qu'ils considèrent avec dévotion, comme s'il était Jah en personne. Ils tentent de l'accompagner dans sa chanson avec beaucoup de bonne volonté. Elvy reprend le refrain avec entrain, elle le connait par cœur.

Les voilà dans la grande abandonnée.

Ger a bien précisé de pas faire trop de bruit mais, avec les évènements, tout le monde a oublié.
Raul, prévenant, distribue du poisson aux enfants. Ger a refusé qu'on fasse du feu et il est cru mais peu importe : les gosses affamés mangent sans rechigner. De toutes façons, ils mangeraient n'importe quoi, offert de la main de Raul.
Elvy mange de bon appétit. Elle n'est pas difficile et elle a toujours faim.

Tout est calme.
Elvy, qui d'habitude n'aime pas trop la promiscuité, s'installe confortablement, légèrement appuyée contre le bel Italien dont elle perçoit la douce chaleur. Les yeux mi clos, l'air de pas y toucher, elle admire sa façon magistrale de gérer la situation, sa maîtrise, cette emprise qu'il a sur les gamins.
Elle remue les orteils, relevant sa jupe sur ses mollets.
Elle ne connait pas grand chose à l'art de la séduction : une initiation au plaisir plutôt rude, une expérience toute en tendresse, une jolie histoire à peine ébauchée...
Attentive, elle écoute l'histoire de Raul. Elle imagine le bandit de grands chemin, un Italien, tiens donc !
Raul lui sourit, elle lui rend son regard.
Les histoires s'enchainent et toujours un charmant Italien en est le héros. Peut-être un peu trop idéalisé à son goût. Elle aime ses compagnons de l'Hydre mal dégrossis, leurs plaisanteries salaces, leur humour déjanté.

Les gosses s'endorment les uns après les autres.
Les prisonniers ne la ramènent pas. Ils préfèrent détourner le regard de peur de s'en prendre une.
Mais soudain Raul repousse Elvy, farfouille, brandit un instrument bizarre, s'applique à en sortir des sons et réveille son monde d'une voix forte.
Elvy s'installe jambe croisées face à lui, ses yeux plongés dans les siens.
Détendue, heureuse, elle écoute la complainte de l'Hydre.





Raulvolfoni a écrit:
Les mômes aiment bien, ma voix tient le coup, pas de problème.
Enfin, ils aiment bien...
Faut voir.
Ils ne comprennent pas tout bien sûr, mais la mélodie, l'ambiance, il ne faut pas les prendre pour des imbéciles. L'excitation provoquée par les histoires est retombé, on est davantage dans le grave, il y a des chances que le message soit passé...

Bon, ben c'est parfait. Quelque chose qui approche le bonheur, quoi.
Non, non, pas quelque chose d'extraordinaire qui vous fait trépasser un cardiaque tellement c'est bon. Pas exactement voire pas du tout...
Juste le p'tit bonheur qui passe et qu'on saisit, dont on est conscient. Qu'on a cherché et obtenu...
On est au chaud, ventres raisonnablement pleins, une opération qui roule, un auditoire attentif, una bella ragazza* qui me regarde, confiante...
Pas si mal, non ?


Bon, il est temps de passer à quelque chose qui corresponde plus aux gosses. Faut leur faire plaisir, aussi, y'a pas de raison...

Citation :
La salsa de l'hydron**

{Horreur}
{Malheur}
{Aaaah}
Oui, je suis le Grosbill
{Horreur}
Je suis un bouc, j'suis si viril
{Horreur, malheur}
Oui, oui, oui, je vis dans l'ordure
{Horreur}
Je pue la sueur et la luxure

Je crache, je bois, j'ai tous les vices
Et j'ai du poil partout sur les cuisses
Je vous déteste, je vous maudis
J'suis complèt'ment pourri

Quand j'vois un gosse, j'lui fous une claque
Quand j'vois une vieille j'lui piqu' son sac
Je pête, je rote, rien ne m'arrête
Car aujourd'hui c'est la fête...

C'est la, c'est la, c'est la
Salsa de l'hydron

{Horreur, malheur}
{Aaaah}
Oui, c'est moi Crusty Jenny
{Horreur}
J'suis la plus teigne des chipies
{Horreur, malheur}
Oui, oui, oui, mon cœur est en fer
{Horreur}
Je fais l'amour comme une panthère

Mes amants, je les écorche vifs
Et je les fouette, je leur coupe le pif
J'fais des trucs cochons avec leurs bourses
A tous ces minets bisounours

Pourchassant les puceaux en fuite
Le démon du sexe m'habite
Venez là mes petits amis
Car c'est la fête aujourd'hui...

C'est la, c'est la, c'est la
Salsa des fripons

{Horreur, malheur}
{Aaaah}
Oui, j'suis Elvy la sorcière
{Horreur}
J'suis diabolique, j'suis une mégère
{Horreur, malheur}
Oui, oui, oui, sur mon balai maudit
{Horreur}
J'aim' bien faire mal aux tous petits

Je fais bouillir des mains de pendus
J'mange des crapauds, des rats tout poilus
J'fais des potions pour séduire les hommes
Puis j'les mords quand ils dorment

Dans ma marmite c'est l'épouvante
Y a des bestioles dégoulinantes
Ce soir j'fais du bœuf au pipi
Car c'est la fête aujourd'hui...

C'est la, c'est la, c'est la
Salsa des dragons

C'est la, c'est la c'est la
Salsa de l'hydron

Là, on se lâche un peu, façon fête des fous et carnaval. On fait des têtes pas possibles, on mime un brin, et ils se prennent au jeu. C'est vrai que ça leur correspond mieux. Tout le monde rigole, au fur et à mesure des refrains, chacun y va de sa voix, de sa mimique.
Plutôt pas mal...

Bon, tout ce brave monde est excité, va falloir faire redescendre encore une fois la tension, mais je vais leur faire un petit chant de Noël, j'ai ça dans ma gibecière, c'est la saison après tout...


* une belle fille
**« La salsa du démon » du Splendid...





Elvy_lee a écrit:
Elvy s'amuse comme une petite fille. Ca lui rappelle quand on faisait le cirque, au campement, devant les les gosses de Macricri.
Elle chante à pleins poumons la salsa de l'hydron.
Elle en rajoute, elle fait la sorcière, elle attrape un des gardes en guise de balai et les gamins rient rient...
Enfin, il rient...
Faut voir.

Elvy en a marre de les voir faire la fine bouche, avec tout le mal que Raul se donne.
C'est l'ambiance des grands soirs, bordel !
Ger plus vraie que nature.
Raul qui fait le clown.
Naturellement Ruthsie et Betsie tirent la tronche.
Elle leur foutrait bien un coup de pied au cul, la Elvy !
Mais elle se reprend.


Allez les loupiots, on applaudit la prestation !

Froncement de sourcils. Les yeux s'arrondissent, les bouches s'ouvrent en grand mais une fois la surprise passée, chacun s'applique de ses petites mimines.

Prise dans l'euphorie ambiante, Elvy claque une bise sur la joue de Raul.





Elvy_lee a écrit:
Raul semble bien parti pour y passer la nuit.

Avant qu'il ne reprenne une nouvelle chanson, Elvy glisse sa main dans la sienne.


Dis, joli cœur, viens voir un peu par ici !

Elle l’attire à l’écart, se hisse sur la point des pieds et effleure son oreille. Pour donner le change, elle passe un bras autour de son cou.
Petit regard mauvais derrière elle pour faire comprendre au petit monde qu’ils ont intérêt à ne pas moufter.


Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma…

Elvy ajoute, des fois qu’il n’ait pas saisi de quoi elle parlait :

Fausse monnaie, commerce…

Elvy baisse encore un peu la voix

... trafic d’enfants.

Elle hausse un peu le ton cette fois.

IL A DIT QUOI ?

Elle en sursaute d’avoir parlé si fort.
Sourire aux gamins.


Parce que les gosses, ça y est on les a, on les tient de main de maître.
Il rapplique ici ou on doit lui mener quelque part ?


Elvy passe la main dans les cheveux de l’Italien en souriant, attendant une réponse.
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Elvy_lee

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MessageSujet: Re: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Lun 23 Jan - 20:44

Raulvolfoni a écrit:
Au moment où je vais entamer un chant de Noël, Elvy m'attire à elle.
Une bise.
Simpatico*.
Encore, que, j'aurais envie de...
De dire : « C'est tout ? Ah non, c'est une peu court, jeune fille »...
Mais...
« Joli coeur », dis... Une main dans la mienne. Elle effleure mon oreille.
Brrrrrr
Bras autour du cou.
Mh.
L'ambiance devient aimable, non ?
Puis un brin plus sèche, non ?
« Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma… »
Surprise...
Voix descrescendo, qui se moque visiblement de mon étonnement, non ?
« Fausse monnaie, commerce… »
« ... trafic d’enfants. »
Puis pour enfoncer le clou, façon crucifixion :

Elvy_lee a écrit:
IL A DIT QUOI ?

Là, je tombe de haut.
Et j'ai l'oreille défoncée...
Oups...
Oublier de parler de la réponse pour une affaire à un associé, c'est vrai que ce n'est pas terrible...
En même temps, je n'aime pas qu'on me rappelle mes erreurs.
C'est désagréable.
Même si, je le reconnais, la main dans les cheveux est aussi là pour atténuer le rappel à l'ordre...

D'une main, je cherche sous ma chemise un courrier plié sur lequel traîne encore une plume de piaf.
Je lui tends.
Un peu sèchement à mon tour, à dire vrai.


Reçu pendant le trajet. Oublié. Désolé.
Je ne sais pas où c'est, mais ça donne l'impression de ne pas être trop loin, non ?

Citation :
Signor Raul Volfoni, que toutes les bénédictions vous compagnent, que vous et les vôtres soyez protégés par la Santa Virgine, que Dieu tout-puissant soit votre compagnon dévoué...

Quel heureux hasard que la vie !
Quittant il y a peu Lyon pour mes affaires en Mâcon, je me faisais le regret de ne pas davantage croiser de compatriotes avec qui échanger en notre belle langue natale et si merveilleusement plus chantante et suave que celle des barbares francs. Si vous saviez le regret qui me taraude parfois d'avoir quitté notre si dolce péninsule, si charmante, si riante...
Vous imaginez donc sans peine la joie de recevoir votre missive, en la perspective de pouvoir deviser gaiment avec vous en la langue de nos aïeux, tout en faisant bonne chaire avec force bons vins du Piémont, tout en concluant bonnes et pieuses affaires.
Adonc serais-je demain avec mes gens en le si calme lieu-dit La-Croix-des-Captifs, oratoire abandonné mais qu'on affirme élevé en mémoire des pauvres victimes des Maures, du temps qui suivit l'Empereur Charles le Grand.
Ce sera pour moi un véritable bonheur de vous débarrasser d'une telle charge, me permettant, tout en faisant œuvre pieuse en trouvant maîtres débonnaires pour ces enfançons esseulés, d'en faire une seconde, si vous l'acceptez bien sûr, en vous remettant quelques bons écus francs et non-rognés de dédommagement.
C'est enfin avec impatience que je clos ce courrier, me pensant, en la veille de notre heureuse rencontre, comme les enfançons qui, en cette période précédent la naissance du petit Christos, souhaitent avec ardeur gagner quelques douces friandises.

Que Dieu, Ses Archanges, Anges, Saints et Prophètes veillent avec attention et componction sur vous, les vôtres et vostra mama en particulier.

Signor Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma




Elvy_lee a écrit:
Oublié. Désolé.

Il lui tend un courrier plié.
Elvy le regarde avec stupéfaction en écarquillant les yeux.
Ce n'est pas le ton un peu rude qui lui pose problème.


Je ne sais pas où c'est, mais ça donne l'impression de ne pas être trop loin, non ?

De quoi parle-t-il ?
Elvy tourne et retourne le bout de papier dans ses mains avant de lui accorder toute son attention, mais elle a beau faire.
Complétement déstabilisée, elle relève la tête et offre son plus charmant sourire.
Elle tournicote autour de Raul, s'approche au plus près. Mal à l'aise, elle ondule, se tortille et plonge son nez dans son cou, n'osant se décider.

Non, ça ne doit pas être trop loin...

On pouffe à l'autre bout de la grange.
Ger, pas dupe, se fend la tronche.

Elvy s'en moque et continue son manège. Quand elle l'aura suffisamment attendri, elle lui avouera qu'elle ne sait pas lire.




Raulvolfoni a écrit:
Elle tortille, regarde le courrier déplié, fait des mimiques... C'est charmant, mais il y a quelque chose qui cloche. Quoi ? Quelqu'un qui pouffe, derrière, plutôt dans les registres féminins, mais c'est souvent difficile d'être sûr, pour ce genre de trucs. Qui ?
Bon, je dois avoir l'air complètement largué, là...

Faut reprendre la vessie*, histoire de ne pas se mettre à gober une lanterne, hein...
Bon, autant y aller carrément, alors...
Donc...

Je m'éloigne d'un ou deux pas d'Elvy, lui tournant le dos, examine la grange.
Aperçoit une brouette renversée un tout petit peu à l'écart, mais bien visible de partout.
Farfouille dans ma besace, il doit m'en rester...
Oui !
Un reste de chandelle piqué dans je ne sais plus quelle église.
Je l'allume.

Ambiance sympathique, non ?

Satisfait, je retourne au broc d'eau, plaque mes cheveux, ça y est, le héros est prêt.
Je me place derrière la brouette, de manière à regarder tout ce beau monde, un peu intrigué par mon manège. Je me tourne et regarde Elvy dans les yeux.

Voix chaude, sourire charmeur, yeux de braise, virilité sûre d'elle.
Attention les filles, le mâle méditerranéen est de retour, dans toute sa splendeur...



Citation :
Catalinetta**

Tu n'as que seize ans et faut voir comme
Tu affoles déjà tous les cognes !
Est-ce ton côté cass'cou
Qui les mine ?
Ou bien les rondeurs de ta poitrine
Qui les rend fous ?

O Catalinetta bella ! Tchi-tchi
Ecoute moi qui t'appelle Tchi-tchi
Pourquoi dire non maintenant ? Ah... ah...
Tu sais profiter, il est temps : Ah... ah...
Ensemble on videra une bouteille, Tchi-tchi
Tu diras, ce fut un réveil, Tchi-tchi
Et j'ai aimé ce que je faisais-là... Ah... ah...
O ma belle Catalinetta

Malgré les bracages, les pépites,
Tu recule toujours l'introït...
Ça c'est, en vérité,
Ridicule !
Dis-toi bien, au fond, que tu recules
Pour mieux sauter !

O catalinetta bella ! Tchi-tchi
Vois ma tendresse qui t'appelle Tchi-tchi
Sens la brûlure maintenant Ah... ah...
Laiss'Nature s'exprimer librement : Ah... ah...
Dans le plus simple appareil, Tchi-tchi
Tu diras : quelle merveille ! Tchi-tchi
Et j'ai aimé ce que je faisais-là... Ah... ah...
O ma belle Catalinetta

Pourquoi donc te montrer si rebelle ?
Faire l'amour est éternel !
Demande-le, crois-moi,
A la Mer ;
Elle l'a chanté avec ton père,
Bien avant toi !

O catalinetta bella ! Tchi-tchi
Ecoute moi qui t'appelle Tchi-tchi
Pourquoi dire non maintenant ? Ah... ah...
Faut profiter de nos élans : Ah... ah...
Plus tard sous le beau soleil, Tchi-tchi
T'étirant, tu diras : Bon conseil ! Tchi-tchi
Et j'ai aimé ce que je faisais-là... Ah... ah...
O ma belle Catalinetta

* Celle qui sert de balle pour la soule, bien sûr...
** « Tchi tchi », Tino Rossi, pour ceux à qui ça aurait échappé




Elvy_lee a écrit:
Elvy regarde le petit pique nique improvisé.
Elle remonte sa jupe, se défait de son jupon blanc qu’elle pose sur la brouette après avoir soulevé la chandelle.
Elle s’installe dos droit, jambes croisées, sur la paille qui lui pique les fesses, prête à lancer la commande.

Raul, coiffé à l’italienne, s’approche en conquérant. Petit tour de piste. Regard qui chavire… ou qui fait chavirer. Jah, qu’il est beau !
De sa voix chaude et mélodieuse, il pousse la chansonnette.

Elvy rougit, fronce un peu les sourcils en entendant TCHITCHI.
Quoi TCHITCHI ?

Elle tend l’oreille, écoute le message qu’il lui délivre.
C’est qui cette Catalinetta ?
Peu importe, elle a su éveiller la fibre romantique de Raul et les sens d’Elvy.


"Il eut un rire, et elle osa le regarder. Il eut un sourire, et elle lui tendit les mains. Il les prit, et il plia genou devant elle. Inspirée, elle plia le genou devant lui, et si noblement, qu'elle renversa la théière, les tasses, le pot à lait et toutes les rondelles de citron. Agenouillés, ils se souriaient, dents éclatantes, dents de jeunesse. Agenouillés, ils étaient ridicules, il étaient fiers et beaux, et vivre était sublime".*

Faut le voir pour le croire !

* A. Cohen, Belle du Seigneur




Raulvolfoni a écrit:
Mh, Elvy qui se débarrasse de son jupon, si élégamment, si directement, hé bé, le monde peut être plein de beauté, parfois.
Miam.
J'ai failli en louper un accord, voire renverser l'ordre des couplets.
Mais un Volfoni sait se contrôler, en public...
Ce qui n'empêche pas d'apprécier sa rougeur aux joues.
Enfin, je crois...
Délicieux doute !

Bon, les enfants n'ont pas compris les détails, et c'est sans doute heureux... D'ailleurs, s'ils ont l'air contents de la prestation, c'est plus pour la musicalité que le reste. C'est le moment de les coucher, là... Certains baillent quand même franchement...
Des choses plus intéressantes semblent se profiler à l'horizon.
Pour un public averti et réservé, s'entend...


Bon, il va être temps de se coucher, non ?

Quelques protestations,de pure forme, mais je reprends la balle aussi sec, après un clin d’œil à Elvy :

Une dernière chanson, mais quand vous serez dans la paille, non, non, pas là, là bas, il y en a davantage, et vous serez plus au chaud tous ensemble, non ?

Pas la peine qu'ils occupent tout l'espace, il serait bon qu'il reste un semblant d'intimité dans une grange d'une telle taille, non ? Par exemple, inutile qu'ils restent à côté d'Elvy, hein ?
Ils s'exécutent. On vérifie les liens des adultes, pas de raison de leur faire confiance, à eux... On éteint les chandelles.
Je fredonne l'air pour capter leur attention, ils le connaissent peut-être, un peu ? J'en profite pour frôler Elvy à différentes reprises.
Bon, Ger a l'air d'avoir plus qu'un sourire en coin, mais pourquoi pas ?
C'est parti...


Citation :
L'enfant au tambour*
Sur la route, pa ra pam pam pam
Petit tambour s'en va,pa ra pam pam pam
Est-ce son cœur encor' qui bat, pa ra pam pam pam
Au rythme de ses pas, pa ra pam pam pam
Ra pam pam pam, ra pam pam pam
O, petit enfant, pa ra pam pam pam
Où-où vas-tu ?
Ra pam pam pam, ra pam pam pam

Hier mon père, pa ra pam pam pam
M'a vendu com' tambour, pa ra pam pam pam
Tambour des soldats, pa ra pam pam pam
Mort, je vais au Ciel, pa ra pam pam pam
Ra pam pam pam, ra pam pam pam
J'y donnerai concert pour mon retour
'Vec mon tambour
Ra pam pam pam, ra pam pam pam

Les anges émus, pa ra pam pam pam
Ont pris leurs beaux tambours, pa ra pam pam pam
Et ont dit à l'enfant, pa ra pam pam pam
"Vas, tu es de retour", pa ra pam pam pam
Ra pam pam pam, ra pam pam pam
Et l'enfant s'éveille, pa ra pam pam pam
Sur son tambour

J'ai baissé la voix au fur et à mesure.
Déjà quelques souffles réguliers indiquent le sommeil.
C'est bon.
Je rejoint Elvy et lui chuchote à l'oreille, une main doucement posée sur sa nuque :
Tu veux qu'on reparle de la missive ? Ou...

* Ou comment ressuciter dans les RR ; d'après l'adaptation chantée par Mouskouri ; Boney M est si délicieusement kitsch ;




Elvy_lee a écrit:
La petite chandelle dessine d'étranges silhouettes sur les murs de la grange.
Elvy s'allonge sur la paille en tirant un peu sur sa jupe. Pas si douillet que ça la paille !

Raul organise le coucher.
Chacun dans son coin, normal !
Les prisonniers attachés en grappe, les gosses en paquet serré, Ger en surveillance, Raul et Elvy...
Raul et Elvy quoi ?

Les enfants en ont marre des chansons de Raul et la plupart se sont endormis après avoir longuement baillé en faisant mine de l'écouter.
Elvy a noté les noms, demain elle les fera payer pour leur ingratitude.

Chandelle soufflée.
Frôlements, mains qui s'égarent...
Une caresse sur sa nuque, la douce chaleur d'un corps. La grange est devenue château, l'Italien prince charmant.


Pa ra pam pam pam !

C'est une toute autre chanson qu'elle a dans la tête.

Raul lui chuchote à l'oreille :

Tu veux qu'on reparle de la missive ?

Elvy lui clôt les lèvres d'un baiser.

[Cheffe modo Aldraien
Lien retiré, merci de le cacher si vous voulez le voir apparaitre. Bon jeu.]




Raulvolfoni a écrit:
J'aime me rêver explorateur...
Quel rapport avec ce qui précède ?
Ttt, ttt, je sais très bien à quoi l'on croit qu'on peut s'attendre.
Le bon vieux mâle méditerranéen, la croix baisée par la mama, il obtient ce qu'il veut, ça va être plié, extase en deux minutes règlementaires sur le bougeoir des heures, la pauvre Elvy va être bien déçue...
Ben non...
Tsss, c'est bien caricatural, tout ça, vous en trouvez pas ?
Ma, un Volfoni, quand même...

J'ai été clerc quatre ans. Étudiant, hein, pas un religieux, apprenti-diacre rêvant à la prêtrise, pas le genre de la maison, le Ciel m'en préserve (et défende son pré carré)...
Lire et écrire, textes de référence, la logique et la mathématique, tout ça. Pas d'école de marchands disponible au moment où l'on a voulu me caser, on est revenu aux bonnes habitudes, l'Université...
Un peu de latin, c'est quand même souvent utile...
Au final, davantage les tavernes, les filles de mauvaise vie et les bagarres, certes, mais restent le goût de la lecture, des voyages, des curiosités...

Mais quel rapport ?
J'y viens ! En l'occurrence, j'ai surtout appris à me former à d'autres lectures.
Au hasard, traduit de l'arabe, « Le livre des jardins parfumés ». Il ne s'agit pas d'horticulture. Quelle documentation ! Quels conseils !
Certains passages des « Mille Nuits » ne sont pas mal non plus d'ailleurs. Il arrive que Razad, l'héroïne chez qui va le sultan pour entendre des histoires, aborde des sujets assez olé olé avec des détails intéressants...
Je me souviens aussi d'un bouquin catalan...
Enfin bref...




Raulvolfoni a écrit:
Terre ! Terre !
L'explorateur se doit d'être doux. Délicat. Rien à voir avec un conquérant, à oublier les reitres. Ça peut aussi être sympathique, mais dans d'autres occasions.

Une nouvelle terre se doit d'être parcourue avec tact... C'est simplement musical : les vibrations doivent être au diapason, voyons...
Quand arrive un explorateur, elle l'embrasse, et il en fait autant, comme si c'était sa terre de naissance : baisers de passion, retenus mais pas chastes, le bref alternant avec le profond, puis souffle de foehn.

L'exploration commence.

Un rideau de feuilles qui cache la vue se soulève avec détermination mais précaution, comme le pan d'une chemise ; les doigts doivent glisser, passer, repasser. Inutile d'enlever de suite les barrières, ce temps se savoure sans se compter. Dans cette pénombre, les paysages se devinent, se caressent, plaines et reliefs, ravins et pentes douces, monts et vallées, lieu par lieu, allant et revenant, de méridien en latitude, des flancs au cœur, landes et bruyères.

Attention aux vents, mélodies de ce territoire : éviter les froideurs de la tramontane ou du mistral, autan qu'en emporte l'auvent, harmattan qui m'emballe, alizés qui me propulsent...

Cavalier-servant, je m'agenouille et prend langue avec les naturels, parcours ses deux fleuves, gagne leur confluent, plonge sous la surface et boit à ses grandes eaux.
Assoiffé comme après un désert.

Ce qui en m'empêche pas d'alterner en fredonnant :

Citation :
Toute ma vie, j'ai rêvé
D'être ton explorateur
Toute ma vie, j'ai rêvé
D'enlever ton bas, ton haut...
Toute ma vie, j'ai rêvé
D'être ton explorateur
Toute ma vie, j'ai rêvé
De voir, de voir, tes fesses à l'air...*

* Bien sûr sur l'air de « L'hôtesse de l'air » de Dutronc.




Elvy_lee a écrit:
Bise, brise …

Vent frais, vent du matin...

Les enfants qui tendaient le cou pour écouter l'ultime histoire ont fini par remiser les armes.
La chandelle a rendu son dernier souffle.

Baiser en toute intimité...

Désormais c'est à l'oreille, à l'odorat, à l'instinct qu'il faut se guider.
Elvy, aventurière, cherche le nord, la boussole, l'aiguille qui lui indiquera la direction.


Vent frais, Vent du matin
Vent qui souffle au sommet des grands pins...

Elle a trouvé sa vitesse de croisière et entreprend tranquillement et sûrement son voyage. Elle arpente, elle chemine, elle débroussaille, tandis que l'audacieux Raul, inébranlable... (enfin...), s'active sous les encouragements et les ovations.

Elle est devenue jardinière, s'occupant des massifs, ratissant, plantant, déplantant, finalement quelque peu indécise.
Notes fruitées, parfums musqués, senteurs anisées, elle compose un jardin méditerranéen.

Va t'il enfin semer ?

Devenue musicienne, le souffle court, elle halète, elle borborygme.

Elle le voudrait marin, navigant en conquérant, arrimant le navire, fichant l'ancre, luttant contre les embruns tandis qu'elle, Elvy, ravie, avide, touche le pompon.

Vent frais, Vent du matin
Vent qui souffle au sommet du grand pin !




Raulvolfoni a écrit:
Ouch, on aurait tort de critiquer l'accueil fait par les natifs à l'explorateur. Hé oui, rien de tel qu'un coup de main se découvrir, pour bien s'entendre.
Là, pour tout vous dire, j'ai l'impression que le souffle du divin me tombe dessus.
Ensorcelant !
Je me pâme, si, si...

Oui, c'est comme un sentiment religieux, qui s'abat sur moi.

Incroyable...
Qu'y faire ?!
Que ferait Marco Polo ?
Cruel dilemme de l'aventurier explorateur...

Y céder !
Place à l'érection, fantastique bien sûr, d'une basilique !
Basilique sainte Elvy, ça a de la gueule, no ?

Certes, si j'avais les moyens, je ferais bien une cathédrale, mais que voulez-vous, la mama ne plaisante pas avec la religion, et elle voudrait d'abord que je sois fait évêque, pour être dans les clous...
On changera pas la mama à son âge, vous savez... Les vieux, hein... Bon, quand je serai riche, hein, pour pouvoir corrompre le jury...

Revenons à l'immédiat...
Basilique, pique, pique, pique...
Oh oui !
J'y déambule rêveusement, presque (j'insiste) paresseusement, entre ses deux merveilleuses colonnes, quasi méditatif.
Mais le chœur m'attire par trop, son chant brûlant m'aspire et m'entraîne jusqu'à l'abside, en une fois. Prières ferventes, ardente lave mystique, visions et fulgurances.

Bon, pas au point d'oublier mes devoirs, je baise ses tendres icônes, merveilleux saints entre lesquels je ne sais choisir...
Mes dévotions sont sincères, je psalmodie mon credo, son nom y revient, ô amour de la divinité, jamais je n'ai été si dévot !

Bientôt, enfin, je le sens, j’éjaculerai ma prière fervente en sa coupole aux lumières mouvantes...



Dernière édition par Elvy_lee le Lun 5 Mar - 22:18, édité 1 fois
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Elvy_lee

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MessageSujet: Re: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Lun 30 Jan - 2:19

Elvy_lee a écrit:
On touche au sublime, à l'ineffable, au divin.
Elvy, tout juste convertie, mêle ses prières à celles de Raul.
Sonnent les cloches, tandis que débordent les fonts baptismaux.
Les deux amants communient à grands renforts de soupirs.

Silence tout relatif !
Ce n'est pas le moment de flancher. Elvy, brave petit soldat, tient bon.

Tiens bon la barre et tiens bon le vent ! *

Sinbad et ses sept voyages... C'est au terme de ses aventures qu'il a fait fortune.
Elvy pense aux enfants.
Elvy pense à Raul et à Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma.

Imitant le marin, elle entreprend son second voyage.

Elle fait voile et prend le large. Conquérante, elle aborde une île déserte : cocotier et forêt dense. Elle déguste les fruits tropicaux.
Grande inspiration. Elle s'initie à la plongée.


Hisse et haut !**

Trouve une source et s'abreuve.

* Santiano, paroles de Jacques Plante
** Renaud, en référence à Santiano




Raulvolfoni a écrit:
L'inconvénient de l'exploration d'un nouveau continent, c'est qu'encore plus que chez soi, on peut arriver à un quiproquo. C'est le problème d'être aventurier en terre inconnue.
Ainsi, j'ai vaguement l'impression de m'être fait piéger.
Certes, j'offre mon corps, je fais don de ma personne pour exalter le bonheur.
C'est mon devoir, non ?
Un Volfoni...
Mais le sentiment que cela soit surtout compris comme une offre gastronomique fait plus que m'effleurer.
Il s'installe.
Durablement.
Difficile de dire que c'est désagréable.
Franchement impossible même...
En même temps...
Mh...
Ouch. Aspiré. Emporté. Croqué. Dévoré.

N'est-ce pas merveilleux de se sentir piégé ?*

Je manque de me laisser aller.
Mais je me reprends.
Le sentiment du devoir n'est point vain en moi...
Bon, ce n'est pas évident non plus.

C'est... loin... d'être... évident...

'De Dieu !
Concentration. Intense. Au secours. La mama. Le devoir. La familia. Les impôts. Rentrer dans les ordres. Manger la cuisine de Lafouine.

Je me repasse la phrase qu'utilisait ce vieux Marmaduke Horace Sommersplash Nelson avant ses assauts, à ma sauce bien sûr : Italia is waiting for everybody to do its duty.**

Pas, ouch, pas encore au point.
Vite. Que faire !?!?

Ah oui, je sais...
Le truc appris auprès de ces femmes plus ou moins hérétiques...
Vite !

« Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit.
La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale.
J'affronterai ma peur.
Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien.
Rien que moi »***




* Hubert Félix Thiéfaine, « Soleil cherche futur »
** D'ap. Nelson à Trafalgar : « L'Angleterre attend que chacun fasse son devoir ».
*** Franck Herbert, Dune, Litanie contre la peur




Raulvolfoni a écrit:
Victoire.
Ouf, pas passé loin, quand même...


Je me dresse, debout, conquérant, superbe*.


Come un vero uomo**.
Après tout, il ne faut pas être excessivement modeste. Ne suis-je pas un cadeau de Dieu fait aux femmes ? Beau et jeune. L'odeur du sable chaud comme les légionnaires de la Rome antique. Le goût du pain chaud. L'ardeur du combattant et son esprit de sacrifice. La science des Arabes. L'instinct du prédateur.

Bon, là-dessus, il faudrait quand même faire retomber la tension.
Si, si...La mienne en particulier.
La mienne surtout.
La mienne...

Mais pas celle d'Elvy, en effet...
Je nous ai séparé doucement, d'un sourire.
Je suis le chef.
Le roi de la gastronomie. Enfin, celle-là.
Par modestie, disons le deuxième meilleur au monde.
Mais je m'applique.***

Le meilleur, c'est de braiser. En douceur, comme le bain-marie. Permet d'attendrir et assouplir. Attention, il faut commencer par saisir, mais là, je crois qu'on peut dire que c'est fait...
La mise-en-bouche aussi, incontestablement...
Par contre, il faut goûter très régulièrement, vérifier qu'il y a assez de beurre avec le bouquet garni.

Puis vient le moment où ça caramélise, les sucs développent leur intensité maximale. Et là, fatalement, c'est parti, déglaçons et enflammons, flambons !

C'est bon de se sacrifier...


* Tout le monde est censé reconnaître le « David » de Michel Ange
** Comme un vrai mec
*** Cité précédemment, Pratchett, « Nobliaux et sorcières »




Elvy_lee a écrit:
Elvy s'amuse de l'air un peu effaré de Raul. Comme s'il se sentait quelque peu dépassé par les évènements.
Ou bien effrayé.
Elle sourit, histoire de le rassurer.

Il marmonne des choses incompréhensibles et Elvy tend l'oreille.

La mama...

C'est qui celle-là ? Elle se souvient d'avoir déjà posé la question.
Ah oui ! La mama de Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma .

Pourquoi parle-t-il d'elle maintenant ?

Nul doute qu'il a, lui aussi en tête, les écus que va rapporter la vente des gamins.


...Lafouine...

Quoi Lafouine ?

A quoi peut-il bien penser ?
Qu'est-ce qu'il mijote, l'Italien ?

Pas le temps d'y réfléchir qu'il se redresse. L'Homo Erectus dans toute sa splendeur. Avec un p'tit brin de charme en plus !

C'est en chef cuistot qu'il entame le troisième voyage.

Patient, méthodique, appliqué.

Pesant, soupesant...
Elvy n'a aucune idée de ce qu'il a compte mettre au menu mais imagine aisément l'explosion finale en bouche.
Rien à voir avec la bouffe de Lafouine : ses rats crevés et ses restes de charogne.
C'est une cuisine savoureuse, généreuse.

Elvy, exigente, réclame un petit supplément.




Raulvolfoni a écrit:
L'exploration reprend, navigation haute en couleurs. Nul tranquille cabotage ni fleuve impassible, mais nature en furie riante !

« La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots ! »*

Cascades que nous remontons comme saumons en folie ! C'est épuisés mais joyeux que nous arrivons aux sources, quand tous les éléments s'y déchaînent, nous aspirent et nous bénissent !

« Vents, soufflez à crever vos joues ! faites rage ! soufflez ! Cataractes et ouragans, dégorgez-vous jusqu’à ce que vous ayez submergé nos clochers et noyé leurs coqs ! Vous, éclairs sulfureux, actifs comme l’idée, avant-coureurs de la foudre qui fend les chênes, venez roussir ma tête ! Et toi, tonnerre exterminateur, écrase le globe massif du monde, brise les moules de la nature et détruis tout. » **

Que du bonheur tout ça, ça ne peut pas être gâché...

Pourquoi cette impression qu'il suffirait de pas grand chose pour tomber dans le ridicule... ?


* Arthur Rimbaud, « Le bateau ivre », bien sûr...
** D'ap. Shakespeare, « Le roi Lear », trad Victor-François Hugo




Elvy_lee a écrit:
Mont d'où tout ruisselle !
Gouffre où tout s'en va !
Sublime étincelle…*

Le regard embué, le corps étonné, Elvy, serrée contre Raul, s’est apaisée.
Silhouettes enlacées, doigts écartelés sur les corps défaits, ils capitulent au terme de la nuit blême.
Le jour n’est pas encore levé, il est grand temps de dormir et de se préparer à enjamber le monde.

Elvy ferme les yeux.

Gestes en langueur, elle se niche au creux du bras de son amant.
Dans l’aube bâtarde, son esprit s’égare et d’étranges rêves défilent.


J’ai vu passer dans mon rêve
- Tel l’ouragan sur la grève, -
D’une main tenant un glaive
Et de l’autre un sablier,
Ce cavalier…

Comme l’aile d’une orfraie
Qu’un subit orage effraie,
Par l’air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d’un air de gloire
Un torse d’ombre et d’ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents. **

Dans la grange qui sent la paille, la luxure et la peur, les respirations sont régulières.
De temps à autre, un enfant s’éveille, en proie sans doute à un cauchemar.

Pourtant Raul ne s’est pas endormi. Une sorte d’intimité s’est installée entre eux. Il prend une inspiration.

Hier et demain se confondent, c’est aujourd’hui.



* Victor Hugo, Les chants du crépuscule
** Paul Verlaine, Poèmes saturniens
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Raulvolfoni

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Compétences
Force:
Capitaine: Non
Fonctions: deuxième meilleur amant du monde (mais il fait des efforts)

MessageSujet: Re: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Ven 10 Fév - 6:38

Raulvolfoni a écrit:
Mh, je reprends mon souffle.
Mes idées, aussi, peu à peu.
Dans le désordre.
Obscurité, odeurs de nos corps et de la paille, bruits de la nuit.
Regret de l'absence de lumière. J'adore regarder, après avoir fait l'amour. Et il paraît que je ne suis pas désagréable non plus à détailler... En toute modestie !

Elvy au creux du bras, main sur son sein.
Je joue un peu avec ses cheveux.
Sérénité épuisée.
Non, pas tant que ça. Images, idées qui se mélangent.


Mh, je me souviens du premier type qui est passé de vie à trépas à cause de moi ...

Je sens sa tête qui se tourne un peu vers moi dans le noir. Amusé :

Mais tu risques d'être déçue, ce n'est pas de la grande histoire...
Et pour moi, ça n'a jamais été un meurtre. Plus tard, oui, mais ça, c'est plutôt une historiette un peu drôle.
Bon, c'est sûr, ça dépend pour qui !

Voix de souvenirs. Mh, ça doit se sentir que c'est quelque chose à quoi j'ai souvent pensé. Il faut avouer, aussi...

A Lucques, en Italie du Nord. Famille de petits notables champêtres au service d'une grande famille de la ville. Ferme cossue, quand même, quand je compare à certaines dans le royaume de France...
Ce gros cron s'est pointé et m'a balancé les rênes de son canasson, à moi qui avait cinq ans ! Il n'y avait personne d'autre de visible, d'accord, mais quand même, j'ai trouvé ça énorme, il pouvait appeler, attendre un peu.
Mais non ! Cretino* !
Même à mon âge, j'ai trouvé ça... imbecille*. Je ne connaissais pas le mot, bien sûr, ma je l'ai pensé, je m'en souviens bien. L'impression qu'on te demande un truc énorme, déplacé. Comme si, comme si on te proposait de retenir une charrette plein de pierres de construction sur une pente avec tes seuls bras, tu vois ?

Entre le cheval et l'enfant grêle que j'étais ! Pas besoin de te dessiner une icône, no ? Donc, je ne me suis pas vraiment senti concerné...
Et si ça avait été le contraire ?

Léger haussement d'épaule.

Pas sûr que ça aurait changé quelque chose... Ça aussi, je l'ai pensé, avec mon langage d'enfançon..
Et aussi sec, cette andouille d'examiner l'arrière du canasson qui était visiblement excité, épuisé avec de la sueur de partout, et l'autre de crier, ce qui n'a pas apaisé le bestiau.

Et ce qui devait arriver arriva...
Ruade, l'autre a pris le sabot, pan, dans le front... Très beau geste, paf !
Pas une goutte de sang, note bien... Mais un beau renfoncement sur le crâne.
Bien sûr, le môme que j'étais a lâché les rênes.

Pas terrifié, note bien, pas le moindre sentiment de culpabilité. Cet abbrutito* l'avait bien cherché ! Mais j'ai tout de suite compris ce qui risquait de me tomber dessus ! Pas folle, la guêpe...
Mais toujours personne de visible...
Alors je me suis tiré. J'ai regagné le coin où j'allais parfois jouer seul, à côté de la minuscule chapelle érigée par le grand-père. Personne non plus, et pas davantage dans la cour.

J'ai attendu. Puis je me suis endormi, tranquille. Réveillé par les manouvriers de mon père qui l'ont trouvé. Le page d'un chevalier du coin, pressé, qui s'était arrêté par hasard parce qu'il commençait sans doute à s'inquiéter de l'état d'épuisement de son cheval...
Soit quelqu'un m'a protégé, soit j'ai eu une chance extraordinaire ?
Pas d'autre morale, par contre, que celle de la mort toujours facile et des gestes déplacés, no ?

Je me glisse davantage dans ses bras. La nuit est fraiche...
Et puis surtout, c'est bon...


E tu** ?

Note, on peut quitter le terrain des morts, hein, tu pourrais me raconter une aventure galante et aimable qui t'es arrivé ?

* Ces termes, usuellement de mépris, désignent quelqu'un dont on ne vante pas l'intelligence
** Et toi ?



Elvy_lee a écrit:
Une main sur son sein, une autre dans ses cheveux…
Elvy frissonne, moment proche de la félicité.


Mh, je me souviens du premier type qui est passé de vie à trépas à cause de moi ...

Elvy tourne la tête vers la voix grave et douce de Raul.

Un crime, un assassinat… un meurtre ?


« Un seul meurtre fait un scélérat; des milliers de meurtres font un héros »... *

Raul, jeune héros de cinq ans.

… Pas terrifié, note bien, pas le moindre sentiment de culpabilité…

Un vrai Hydre, déjà !

… Pas d'autre morale, par contre, que celle de la mort toujours facile…

Elvy acquiesce.

… Raconter une aventure galante et aimable qui t'es arrivé ?...

Et là, c’est la panique !

D’aventures, elle n’en a pas connu des tonnes.
Raconter quoi ?
Les cahiers de Barramine rangés précieusement dans le fond de son sac ?
L'initiation abrupte de la meute ?
La tendresse de Jeanne ?

Désarçonnée, Elvy !

...


J’étais encore une petite fille…

... Nous voyagions...
La lourde charrette bringuebalait sur la route pierreuse et inégale qui séparait Wigtown de Drummore.
Seul l'instinct des chevaux nous évitait de verser dans les fossés boueux.
Il y avait avec nous un curé et une dame.
Les secousses effrayaient la jolie voyageuse, blottie au fond de la voiture et projetée à intervalles réguliers contre l'homme d'église.


Elvy, dans la fraîcheur du matin, continue tranquillement son récit.

La jeune fille, mains jointes, terrassée par la peur, se tourna vers son compagnon de route.

Mon cher père, je suis une malheureuse pécheresse…


Et bien, lui répondit tout de go l’homme, il faut vous confesser.

La fille s'exécuta.
Après qu'elle eut marmonné longuement à voix basse, l’homme hocha la tête et annonça :

Il me faut m’assurer que votre confession est complète. Nos théologiens insistent clairement sur ce point.
Car si les hommes se confient volontiers et avec sincérité, il est courant chez les femmes et les filles de n'avouer que les péchés bénins et taire les plus graves, tant elles en sont honteuses.

Laissez moi vous questionner plus avant !


Et l'ecclésiastique se pencha à l'oreille de la jeune fille.
Chacune de ses paroles la faisait rougir . Elle le regardait, horrifiée, se trémoussant bizarrement sur son siège.

Elle conclut en disant :


Je suis la plus grande et plus misérable pécheresse que la terre ait portée. Aidez-moi par vos prières ! Permettez-moi de me tenir à vos pieds et de les embrasser,de les arroser de mes larmes.

Sur ce, la jeune femme se jeta aux genoux du sieur, tandis que ce dernier l'enveloppait délicatement de sa cape.

Puis on entendit la femme hoqueter sa honte se ses regrets, tandis que le curé, au bord de l'apoplexie, devenait de plus en plus rouge.



D'après Charles Chiniquy, le Prêtre, la Femme et le Confessionnal



* Érasme
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MessageSujet: Re: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Ven 10 Fév - 6:40

Raulvolfoni a écrit:
J'éclate de rire. Enfin, un éclat pour Elvy, nous n'avons pas parlé trop fort jusque-là, je crois que nous avons été discrets -autant qu'il est possible- avant, l'habitude est prise.

Madre mia* ! Belle histoire ! Je t'avoue avoir abusé parfois du statut de clerc pour mieux approcher quelques beautés... Mais jamais à ce point-là... Et puis surtout, je ne pense pas pouvoir faire ça en public, même si cela se fait parfois avec catins de taverne...

Ah non, quand même ! J'ai déjà testé, je m'exprime beaucoup mieux avec un minimum d'intimité. Et puis je suis trop vieux joueur à la bête à deux dos pour ignorer qu'il est parfois des faiblesses qu'il est plus confortable de tenir caché... Pas grave, mais si vexant...
Que de stupidités ne fait-on point parce qu'il existe un auditoire...


Quoi, tu doutes ? Ah, oui, la tonsure !
Mais si, mais si, j'ai été tonsuré, bella. J'ai été clerc quelques années. Hein ? No, no, c'était pour devenir légiste, point grand clerc d'église ! Elle est bonne, celle-là ! Aucun risque avec moi. La première chose que je remarquais des statues de Maria, c'était les seins, puis les hanches, le reste, bah...

Tu doutes encore ?
Donne-moi la main et laisse la mienne te guider. No, no, ce n'est point polissonnerie, ai bonne fiance... J'ai trop grande fatigue pour l'heure pour les gourmandises.

Voilà, sur ma tête.
Si tu as déjà fait le barbier, tu trouveras vite, sinon, tu peux quand même deviner normalement la marque d'une tonsure. Hé, l'entretien pendant des années laisse des traces...

Mh, je sens ses doigts, ça chatouille, mh, pas désagréable non plus d'ailleurs.
Ah, je commence à deviner ses traits, les courbes de son corps. Sans doute l'aube qui s'avance.


* Par ma mère




Elvy_lee a écrit:
... je ne pense pas pouvoir faire ça en public, dit Raul.

Elvy rougit jusqu'à la racine des cheveux. Heureusement que l'aube naissante, si elle dévoile les contours, ne permet pas encore de deviner les couleurs.

Il n'a pas dû connaître la meute et ses débordements.

Décontenancée, Elvy écoute Raul.

Il a saisi sa main qu'il guide.


Si tu as déjà fait le barbier, tu trouveras vite, sinon, tu peux quand même deviner normalement la marque d'une tonsure....

Elvy n'a pas la moindre idée de ce qu'il raconte.
... clerc... légiste... église...
Elle ne retient plus ses paupières, elle s'est assoupie un instant...




Elvy_lee a écrit:
Tu le ramènes tout de suite !
Mais... euhhhh...

Elvy tient l'un des gamins par l'oreille.

S'il n'est pas là dans trois minutes, c'est mon pied au cul !
Euhhhhh.... oooiiiiinnnn

Une calotte sur le coin de la tête et le braillard est vite remis dans le droit chemin.

J'peux pas d'viner où il est allé.
Plutôt intérêt, j'suis pas d'humeur.

Elle est mal grattée la Elvy.
Pas qu'elle ait passé une mauvaise nuit mais...
Pas assez dormi.


Vous avez pas arrêté de gigoter toute la nuit !

Mauvaise foi, en plus !


En s'éveillant, Elvy avait compté les gamins. Pas qu'elle sache compter, mais elle avait ses repères. Et d'après ses repères, il en manquait un.
Fidèle à sa propre logique, elle avait choisi une tête blonde au hasard, trois rangées de foin à partir de la gauche, dans l'angle que formait l'épaule de la Rutagaba avec l'échelle posée au fond de la grange.
Elvy avait pointé un doigt accusateur sur le désigné d'office. Et le petit n'avait eu qu'à obéir !



Raul...ramène-toi ! On a perdu un mioche !!!!




Raulvolfoni a écrit:
Elvy_lee a écrit:
Raul...ramène-toi ! On a perdu un mioche !!!!
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
J'étais resté dans la paille, à admirer (bon, vue la faible lumière, disons plutôt à deviner) les formes d'Elvy se rajustant, puis la fatigue m'a envahi. Peut-être me suis-je endormi quelques secondes ?
Mais là, sa voix est celle du mécontentement.
Je remets mes chausses en vitesse. Chemise et dague, des fois que... Ouch, 'fait froid, il me faudrait surtout quelque chose de plus épais !


Geste rapide et rassurant d'Elvy.
Bon, d'accord, 'comprends pas, mais je lui fais confiance...
J'entends un marmonnement du côté Ruth.
Couchée et ligotée dans la paille, elle ricane. Visiblement de nous.
Je m'accroupis au niveau de sa tête, l'air égaillé mais interrogatif. En jouant avec ma miséricorde. On ne fait que la deviner, certes, mais il est des reflets qui ne trompent pas, hé ?
Mauvais point pour elle, elle ne s'arrête pas.


Dame Ruth, le futur qui vous attend n'est pas le plus reluisant qui soit, certes.
Mais vous pourrez certainement tirer votre épingle du jeu...
Par contre...

Je place la pointe de la dague dans une de ces narines.

... Ce futur pourrait être beaucoup moins sympathique sans votre nez, compresi * ?
Je tirerais moins d'argent de vous, bien sûr. Nous perdrions alors le clou de la vente. Mais entre ça et laisser croire aux autres qu'on peut se moquer de l'Hydre, j'ai vite choisi...
Nous sommes d'accord ?

Problème résolu.
Elle est intelligente...


* Compris ?
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Raulvolfoni

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MessageSujet: Re: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Ven 10 Fév - 6:41

Elvy_lee a écrit:
Tandis qu'Elvy prépare son barda, elle jette fébrilement des regards vers la porte entrouverte par laquelle le gamin est sorti, tête baissée. Ils sont pas à un môme près, mais c'est question de principe !

Alors, ça vient ?
Pas que je m'ennuie ici...
Mais bon, on a à faire !


Une chausse en suspens, Elvy devient soudain songeuse. Elle regarde Raul qui s'affaire de son côté.

Narquoise, elle le voit se diriger vers la Rutabaga, s'accroupir à sa hauteur et lui planter la pointe de sa miséricorde dans le nez.
Elle jubile, Elvy. Elle la tient sa revanche !
La fille ravale vite fait sa goguenardise.

Raul.... On va où ?
Le courrier de Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma...


Elvy, bafouillante, rosissante, ajoute en baissant la voix :

Je ne sais pas lire.




Raulvolfoni a écrit:
Elvy_lee a écrit:
Raul.... On va où ?
Le courrier de Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma...

Je me suis relevé, content.
Puis tombe la question d'Elvy.

Elle le fait exprès, ou quoi ?


A moins, bien sûr, que mon excellence dans les arts de l'amour lui ai fait perdre quelques repères. Après tout, ce serait normal. Je suis tellement exceptionnel, si incroyablement merveilleux que...
Elvy_lee a écrit:
Je ne sais pas lire.

Ah ?
En fait, oui, c'est idiot, j'aurai dû poser la question...
Volfoni, tu te laisse aller, voyons...
Je l'attire sur mon épaule. Avant toute critique, oui, c'est aussi parce que j'ai froid. A priori, elle aussi, c'est très bien pour tout le monde, ça va comme ça, oui ? Et puis, je peux lui murmurer ce qu'il faut à l'oreille.


La mia colomba dolca !* Ma, il fallait me le dire, voyons, j'aurai davantage précisé !

Inutile de ressortir le document, ça ne ferait qu'en rajouter. Et puis, l'urgence, c'est de se rhabiller, non mais quel froid, nom d'Aristote !

Nous avons rendez-vous à La-Croix-des-Captifs, un oratoire abandonné. Ça me paraît de bonne augure, no ? Ger m'en a un peu parlé, ça ne nous demandera qu'une heure ou deux, vers le sud. Et c'est plutôt tranquille.
Bon, je prépare à manger pour tout le monde, termine avec le môme ?

On commence à se séparer, je la ramène vers moi :

Si tu n'as rien contre, je pourrais te donner quelques leçons ? On apprends ça à l'université, à aider les nouveaux élèves...

Bon, en général, il s'agit surtout de connaître les bonnes adresse de taverne, le trajet du guet, les catins, leurs maladies éventuelles et leurs maquereaux... Mais bon, de temps en temps, on leur apprenait aussi leurs lettres.
Si, si, surtout aux riches qui avaient de quoi payer...


Dàlo un ultimo bacio**.

Mh, il me reste le goût de sa lèvre sur la mienne. Et sur la langue...

Bon, c'est sûr, ce n'est pas varié, poisson la veille, poisson le matin...
Mh, avec l'argent de la vente, bientôt un peu de variété...
J'allume un grand feu dehors, et le temps qu'il y ait assez de cendres, je bricole des grilles où je coince ce qui nous reste. Pas énorme pour chacun, mais chaud, ce sera apprécié de tous.
Il est temps de conclure l'affaire, hein ?


* Ma douce colombe ; hrp : je ne garantis rien, mon traducteur en ligne donne « morbida » pour « douce », mais je connais au moins « La dolce vita » ?
** Donne-moi un dernier baiser




Elvy_lee a écrit:
Elle a pas beaucoup expérimenté la tendresse, Elvy.
Alors quand Raul l'attire contre son épaule, elle en perd un peu ses moyens.


La mia colomba dolca !

Elle ne comprend pas ce que ça veut dire mais peu importe, ça résonne si agréablement à son oreille.
Son souffle chaud en prime !
Il la serre de nouveau contre lui.


Si tu n'as rien contre, je pourrais te donner quelques leçons ?

Elvy regarde l'Italien sans trop y croire. Par trois fois qu'on lui a déjà fait le coup ! Ober d'abord, mais elle n'avait jamais trouvé le temps, puis elle s'en était allée.
Hughes, ensuite... ses belles promesses... il n'était jamais revenu.
Thomus, enfin.... sa main sur la sienne...

Pas le moment de se laisser aller à la mélancolie.
Raul s'est occupé d'allumer un grand feu, il souffle, il gesticule, il confectionne ce qui ressemble à une grille et y dépose leurs restes de nourriture.
Son cœur fond à la petite Elvy. Quel homme charmant, ce Raul ! Elle le couve du regard en finissant de s'habiller. Et s'il ne mentait pas ! S'il lui apprenait vraiment à lire !

Une heure ou deux. Ils y seront bientôt.
Elvy parcourt les environs du regard. Deux gamins, penauds passent au loin.
Le fuyard est de retour. Elle les fusille du regard mais s'abstient de tout commentaire.

Sa mauvaise humeur s'est envolée.
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Elvy_lee

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MessageSujet: Re: [RP] On fait quoi à Mâcon ?   Dim 12 Fév - 13:19

Raulvolfoni a écrit:
Bon, repas prêt, nombre de captifs à vendre revenu à ce qui est prévu.
On mange.

J'en profite pour leur apprendre une dernière chanson, ça occupe les esprits et cela fera bel effet en arrivant.

Départ en bon ordre.
On trotte, on chante, on pousse et tire la charrette hors des ornières et de la boue.
Le froid est toujours aussi vif, mais il fait beau.
Bonne ambiance.

On arrive finalement au pied d'une colline, au bord d'un lac. Plus en amont, on entend une chute d'eau.
Montée abrupte.
On ne va pas laisser le chariot seul, quand même ?
Je suis enquiquiné, ça participe quand même de notre « standingue », quand même, comme disait ce bon vieux Marmaduke Horace Sommersplash Nelson...

Elvy, méfiante, décide qu'on laisse Ger à la garde de la charrette et de la route. Si quelqu'un s'échappe, elle pourra l'intercepter. Et on s'évite des efforts excessifs, il faut bien le dire.
Allez, un peu parano, Elvy, mais elle n'a pas tort, il faut savoir être méfiant... Bof mais d'accord, quoi...

On grimpe. On approche des restes d'un oratoire. Nombreuses silhouettes. Deux bons chariots visibles. Ah, je crois reconnaître l'ample Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma.
Il est temps !


Allez, les mômes, comme je vous ai appris, l'hymne des cavaliers !*
Citation :

Voilà les cavaliers de l'Hydre
Spécialistes de l'aigre-doux
Bretteurs, menteurs et prodigues,
Ce sont les cavaliers de l'Hydre !
Parlant baston, mamelles, intrigues,
Tous plus nobles que des filous,
Ce sont les cavaliers de l'Hydre
Qui font céder toutes les digues !

Oeil d'aigle, jambe de cigogne,
Moustache de chat, dents de loups,
Menant la canaille qui grogne,
Oeil d'aigle, jambe de cigogne,
Ils vont, -coiffés d'un vieux vigogne
Dont la plume cache les trous !-
Oeil d'aigle, jambe de cigogne,
Moustache de chat, dents de loups !

Perce-Bedaine et Casse-Trogne
Sont leurs sobriquets les plus doux ;
D'éclats, leur âme est ivrogne !
Perce-Bedaine et Casse-Trogne,
Dans tous les endroits où l'on cogne
Ils se donnent des rendez-vous...
Perce-Bedaine et Casse-Trogne
Ce sont tous des touche-à-tout !

Voici les cavaliers de l'Hydre
Qui viennent chanter le guilledou !
O amants, craignez ces tigres,
Voici les cavaliers de l'Hydre !
Écoutez-donc vos borborygmes !
Sonnez, clairons ! chantez, coucous !
Voici les cavaliers de l'Hydre
Qui éclairent tous nos égouts !

Ça a de la gueule, tout-de-même, non ?

* Rostand, « Cyrano de Bergerac », Les cadets de Gascogne, bien sûr...




Elvy_lee a écrit:
On arrive enfin, en ordre et en chantant.
C'est du plus bel effet !
Elvy, qui n'a pas écouté pendant la répétition, s'embrouille dans les paroles.

En haut, sur le bord du chemin, un petit monument en ruines orné d'une croix, enveloppé d'herbe rare.
La-Croix-des-Captifs.

Un homme de très grande taille, silhouette sombre surplombée d'une tête plutôt petite : une tête d'aigle.
Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma, entouré de ses sbires.
Et ils sont nombreux !
Et ils ont l'air organisés !
Trop !

Elvy sent le coup fourré.

Raul s'avance, tout sourire, main tendue. Elvy reste en retrait.

La chanson se meurt dans le gosier des enfants...




Raulvolfoni a écrit:
Ah, ça va être un bon moment, messer del Frode dei Parma va discuter un peu. Profiter de l'occasion pour parler notre langue natale. Il va être de bonne humeur, en rajouter un peu sur le prix pour faire le grand seigneur vis-à-vis d'un compatriote.

On va dépenser ça tous les trois dans les tavernes en y menant grand train. J'offrirai une belle robe à Elvy, ou deux, ou trois. Enfin, ce qui lui fera plaisir.
On s'enfermera dans une chambre toute une semaine d'où nous ne décollerons pas. On nous y apportera nos repas, de luxe. Et un grand bac d'eau chaude pour nous y esbaudir longuement. Et...

Tiens, il a amené ses sales têtes habituelles.
Je reconnais les frères Tortellini. Ah, ce sont bien des affreux, ceux-là. Des vrais de vrais. Quand ils sourient, ça fait peur.
Zut, ils sourient...
il y a aussi le groupe de Cergano, tiens. Ben dites-moi, c'est une réunion réussie, s'ils veut terroriser tout le monde.
Et même Georgio... Tiens, il a un nouveau mignon ? Ah, non, ils sont trois, mais on reste visiblement dans le même genre. Là, ça fait carrément une petite cour. Monsieur se la joue fils de gonfalonnier, on dirait...
Pourquoi ont-ils tous la main sur une arme, même à la ceinture, c'est peu propice à...
Pourquoi commencent-ils tous à se rapprocher ?
En demi-cercle ?
Ah, tiens, il y en a d'autres qui sortent des côtés...
L'arme en main...


Citation :
Voici les cavaliers de l'Hydre
Qui viennent chanter le guilledou !
O amants, craignez ces tigres,
Voici les cavaliers de l'Hydre !

Écoutez-donc vos borborygmes !
Sonnez, clairons ! chantez, coucous !
Voici les cavaliers de l'Hydre

Qui éclairent...

Mh, j'ai horreur d'être pessimiste, mais je ne le sens pas, ce coup-là...


Serait-il excessif de dire dire que je me suis fait avoir en beauté... ?




Elvy_lee a écrit:
Raul s'avance en baragouinant quelques mots dans une langue incompréhensible.

Le grand gaillard qui lui fait face ne répond pas et, peu à peu, le sourire se fige sur le visage du jeune homme jusqu'à faire place à ce qui ressemble à de l'incompréhension puis de la … non... pas de la peur... impossible !
Quelque chose qui cloche ?

Regards de droite et de gauche. Elvy se demande si tous ces gens étaient prévus dans le programme initial.
Ils considèrent les arrivants d'un œil narquois. Leurs lèvres s'étirent. Ils sourient ? Pas sûr mais ça y ressemble. Pas un sourire de bienvenue. Un sourire mauvais. Celui de ceux qui préparent un mauvais coup. Et leurs mains à la ceinture ne laissent guère présager d'intentions pacifiques.
Soit il se méfient, ce qui est, somme toute, fort peu probable, soit ils ont prévu de jouer aux plus fins.

Léger mouvement d'encerclement qui a tout l'air de confirmer la seconde hypothèse.

Elvy recule.


RAUL !!!!!!

Le cri est déchirant et Raul semble comprendre. Bref regard en arrière, il jauge ses chances de s'en sortir et fonce vers la seule issue possible : la fuite.
Dans sa précipitation, il a bousculé deux des sbires dont les visages sont devenus menaçants.

Elvy qui a un temps d'avance court devant.
Raul la talonne à grandes enjambées.

Ah ! Elle est belle la rencontre avec les compatriotes !
Et Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma...
Et que c'est un ami de longue date...
Satané Italien ! Tout dans les belles paroles ! Tout dans l'élégance du geste !

Ils ont l'air malin devant les gamins.

Elvy s'arrête net au bord de la falaise. L'eau froide et grouillante en bas n'est guère engageante...


Citation :
Ce sont les cavaliers de l'Hydre
Qui font céder toutes les digues !

J't'en foutrais !




Raulvolfoni a écrit:
Bon, ça suffit comme ça, y'a un truc ou...

Elvy_lee a écrit:
RAUL !!!!!!

D'accord, inutile de tergiverser davantage, on s'est fait avoir dans les grandes largeurs...
J'aurai dû me méfier davantage.
Comme disait le sage Inb Kassrul : « Je t'ai cru, je suis cuit »...

C'est reparti comme en 1440, quand le gonfalonier s'est fait expulser...
Cerdano devant moi, narquois, trop sûr de lui, jambes solidement écartés pour une meilleure assise au combat.
Je lui sers ma grande spécialité de taverne, le catapultage de noix...
Problème résolu.

Giordano Tortellini arme une arbalète en tentant de me bloquer le chemin. 'Faut pas se disperser, mon gars... Une mandale en passant, je lui arrache l'arme. La balance sur un des mignons de Georgio qui se rapproche avec une pique.

Assez joué, ça se rapproche.
Je cours comme un malade.
Commence à rattraper Elvy.
Nom de Dieu, elle est rapide, la gazelle.
Et meilleure analyste de la situation que moi.
Et merdum !

Jette un coup d'œil derrière, j'entends une voix qui hurle.
C'est la dame Ruth qui excite à notre mort ses nouveaux geôliers. A leur grand étonnement, elle met un coup de tête à l'un d'eux, se détache de ses liens, saisi son arc et commence à ferrer contre nous.
Ouch, pas passé loin, celui-là, elle vise bien !
Aille aille aille, ça se rapproche... La garce !
Virage.
Où est Elvy ?!
Je distingue sa silhouette, quart de tour après un arbre.
Elle est immobile et regarde vers le bas.
C'est quoi ce truc ?

Heureusement, j'ai instinctivement ralenti et j'arrive à me retenir à une bonne branche.
Méchante vue vers l'eau.
Trente mètres plus bas, un truc comme ça...
Et pas un chemin pour descendre...
Les autres qui se rapprochent...

Autant d'idées que devant une potence...
Je me tourne vers Elvy, pas franchement serein, criant pour couvrir le bruit de l'eau qui dégringole :


T'as une idée ? Dans le genre rapide ?




Elvy_lee a écrit:
Dans le genre rapide ?
Il en a de bonnes, Raul !
Oui, elle a bien une idée mais elle ne l’enchante guère.

En surplomb du torrent, jupe au vent, poings sur les hanches, Elvy contemple l’eau frangée d’écume avec circonspection.
Elle frissonne devant la violence du courant impétueux qui n’en finit pas de faire rouler ses gros bouillons.

Elvy regarde Raul, accroché à une branche. Il a perdu de sa superbe et si elle n’entendait pas le bruit des pas qui se rapprochent, le hurlement de la Baga et les piaillements des enfants, elle n’hésiterait pas à le baffer généreusement.

Seulement le temps presse.
L’eau en miroir réfléchit ses proches rivages, la verdure environnante et le bleu du ciel.
Si elle n’était pas aussi loin, la jeune fille pourrait même s’y mirer.
Soudain, les remous se font plus denses et elle se jette sans plus réfléchir dans le tourbillon d’écumes, disparaissant dans une sorte de brouillard.

Le choc glacé est rude.
Happée vers le bas, elle se débat furieusement pour ne pas couler. Elle lutte désespérément pour ne pas être blessée ou pire, assommée.
On va se noyer, c’est sûr
On ?
Juste avant de disparaître sous une gosse vague, elle a le temps de se demander si Raul a sauté avec elle.




Raulvolfoni a écrit:
Elvy a une idée. Radicale, incontestablement.
Elle saute.
J'ai juste le temps de penser : Elle est malade !?!?
En même temps, c'est sûr, ça résout le problème des poursuivants.
Mais si les pensées vont vite, elles sont parfois en décalage avec le temps réel...
Car Elvy m'entraîne avec elle, d'un geste si fluide qu'on pourrait croire qu'elle ne l'a pas fait exprès...
Elle s'était retournée pour constater l'arrivée immédiate de nos poursuivants. Se retournant à nouveau pour se jeter dans le vide, son bras a cueilli le mien, au moment où j'étais en déséquilibre...
Elle est redoutable...


Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

J'arrive avec une seconde de retard.

PLOUPLOUFFFFFFFFFFFFFF

Impression de mettre un coup de tête à un mur avec tout le corps.
Froid glacial.
Panique.
Je cherche la surface. Panique. Un froid différent du côté de ma main gauche ? Panique. Ça doit être ça !
Espoir chevillé un peu partout. Je tente. Je cherche. Pas là. Là ? Non. Ici alors ? Non. Alor...
Si !
Appel d'air.
Je suis glacé.
Où est la rive ?!
On va se noyer !
Je ne vois rien.
Normal, j'ai les yeux fermés, mais je n'arrive pas à les rouvrir, malgré toute ma volonté.
Donc je patauge.
Bras levés, tentant vaguement de nager.
C'était mal partie, ça ne continue pas terrible, mon pauvre Raul...


Deux bras me saisissent et une voix m'interpelle, peut-être un peu plus froide que la température de l'eau :

Tu as pied, abruti, on est à côté de la rive !! Et arrête de t'agiter ou je te lâche, imbécile que même ta mère ne voudrait pas te reconnaître !!!!

Ouch !
Me dire ça à moi...
C'est dur...
'Vaguement l'impression qu'un mauvais quart d'heure s'annonce... Voire un mauvais quart de siècle, non ?
Et pas une remarque sur le fait qu'elle m'ait balancé à l'eau ?
Ouais, d'accord, c'était bien vu et je l'ai mérité, mais quand même...
Elle est terrifiante en colère...
Je rajouterai bien : « et si belle », mais je crois qu'il vaut mieux que je me la ferme, non ?




Elvy_lee a écrit:
Instant de panique, instant qui semble avoir duré des heures.

PLOUPLOUFFFFFFFFFFFFFF

Elvy s’ébroue.
Brrrrrrr
Froid glacial.
Il est là, Raul. Il patauge comme un veau marin, les yeux fermés. Il gesticule.
Pourquoi il sort pas de là ? Pourquoi il se relève pas ?
Il s'essaie à la nage, les bras levés.

Elvy l’attrape vigoureusement et le secoue.

Tu as pied, abruti…

Coup de pied bien senti aux environs fragiles de sa virilité, Raul se plie en deux. Mouvement sec du talon à l'arrière du tibia, il s'effondre à genoux sur les rochers couverts de mousse. Elle lui assène son bouclier à plat sur le crâne et il s'écrase comme une crêpe, face dans le lit du torrent.

S’approchant de la rive, elle s’assure une prise ferme sur les rochers plus secs.
Elle se retourne, narquoise. Sa robe lui colle à la peau mais elle ignore le froid qui la glace.


Que le diable te patafiole !
Relève toi, triple buse !


Elle saute dans l’eau, parvient à le retourner et le traîne derrière elle.
Elle l’examine avec désinvolture. Entre l’arcade sourcilière et la tempe gauche, une entaille. Sur son front, une bosse grosse comme un œuf d'oie.

Pas calmée, Elvy déverse sa hargne.


Giambattista Arnolfini del Frode dei Parma...
Et sa mama…

Raul Volfoni...
Bougre d'âne ! Bouseux ! Pleutre ! Mouille-froc ! Fesse-matthieu !

Taureau sans corne ! Tête de marmotte ! Limace velue ! Escargot décérébré ! Mollusque atrophié ! Fiente de mouette !
Mangeux de sauce à spaghetti !


Malepeste! Palsembleu ! Cornegidouille !

Qu'est-ce qui a bien pu te passer la tête ?




Raulvolfoni a écrit:
Je suis en train de me faire pourrir la vie. Et en beauté, encore...
Je rends encore un peu d'eau...

Nia nia nia, nia nia nia, ouais, ben vas-y, bécasse, c’est sûr que faire s’effondrer les cours du marché de la vian…
))))))Ou-ch-h-…-…((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((
Pas. Vu. Venir…
Pensée. Impossible. Douleur. Corps. Totale. Longtemps. Lieu en lieu. Fil. Aiguille. Centre Contours. Vagues. Successives. Comprendre. Désordre. Être ? Pas être. Splouch ? Mousse ? Rocher ? Eau ? Pas.
Renversé ? Pas pire. Autre. Respire. En plus, finalement. Et...
)))))STUMP(((((
Coup. Tête. Eau. Pas. Résister.Eau. Bouche.
Mouvement. Qui ? eLvY. Froid.
jE. TrEmBlE.
frOiD. BlEu. GlACe. ComMeNt ElLe FaIt ?
mE. cOnCEnTrE. mAl. DiFfICIle. CONcEntRe.
ElLe me pouRrit vrAimeNt.
COmmenT elle fait ?
IncroyabLe...

J'arrivE à me mEttre à genous. Bras autOur des épaules. Je grelotTe toujours, En contInu.
MaIs j'arRive à peu Près à réflécHir...
Ouah, qUelle diction...
Comment ellE fait ?
Elle mE déverse un tombeReau d'injures. Robe trEmpée et colléE. Ouch. Ça lA met en valeur, qUelles formes... ArRêtes, abbrutito*, tu crois quE c'est le mOment ?


AillE, je ris, ça fait maL...
Ouah, la colère, ça tIent chaud, on diRait ?!
Comment elle fait ?
Je suis éberlué.

Elvy_lee a écrit:
Mangeux de sauce à spaghetti !
Hein ?
C'est excellent, ça ! En forme, j'aurai explosé immédiatement. Mais là...
Je rIs. NervEuSeMenT. mAl. TrèS. MaiS PeUt PaS m'arRêteR. RéFLexE.
RiS. GriMaCe.
SaNg. BoUcHe. SablE.
ReToMbe têtE daNs sAbLe...
RiS.
GriMaCe.


* Abruti...




Elvy_lee a écrit:
Il crache !
Quelle élégance !

Il tremble !
A genoux, tête baissée, les bras enroulés autour des épaules, on dirait un petit garçon puni.

Mais Elvy n'a pas la fibre maternelle.

Ils ont l'air malin, là tous les deux
Envolés les enfants. Envolés les écus. Envolé le plat de rutabaga.

Elvy revoit le combat contre les gardes, les gosses chantant gaiement en file indienne, la gentille soirée dans la grange...
C'était bien la peine ! Tout ce cirque pour rien !
Ils n'ont plus qu'à rejoindre Ger, la queue entre les jambes.

Elvy regarde Raul.
Il rit. Il rit en grelottant. Il grelotte en se fendant la poire. C'est pas possible ! On a dû l'oublier le jour de la distribution de cervelle...

Puis il retombe comme un pantin désarticulé.


Raul...

Il faudrait pas qu'il leur claque dans les pattes, quand même. Y a encore la charrette à tirer, à pousser.

Raul...

Elvy balance deux trois coups de pied pour la forme.
Il se recroqueville, immobile. On dirait un poulet constipé.
V'la qu'il se remet à rire.

Raul...

Elvy tend la main. Sa colère est retombée.

Tu te relèves tout seul ou je te hisse sur mon dos ?

Pas de réponse !

Elle va se marrer, Ger...




Elvy_lee a écrit:
Elvy tire mais rien ne vient.
Elle tire encore, arrachant un grognement de la masse informe, vautrée dans l'eau glaciale.
Elle se met elle aussi à grelotter de tous ses membres.

J'y vais ! Tant pis pour toi ! Pas envie de crever ici !

Elvy hésite à partir sans se retourner. Après tout c'est un Cavalier. Et puis, on peut encore avoir besoin de lui...

Elle repense aux enfants, à leur entrain sous les exhortations chantante de Raul et elle entonne vaillamment :


Debout p'tit gars, réveille-toi
Il va falloir te mettre au pas,
Debout p'tit gars, réveille-toi
On va à la charrette

Miracle ! Raul remue. La marionnette inerte se met en branle... enfin elle bouge un orteil puis un pied, c'est déjà ça.

Encore un mètre deux et trois
En 1483
Tes enfants seront fiers de toi,
T'auras la partie belle !


Raul commence bravement à marcher.

Refrain !

Debout p'tit gars, réveille-toi
Il va falloir te mettre au pas,
Debout p'tit gars, réveille-toi
On va à la charrette


Léger ralentissement. Elvy bute dans Raul.

Si t'as un p'tit coup de cafard
Petit coup d'latte dans le falzar
Une mandale et ça repart
Aussi bien qu'en 40


On avance... on avance.... Ger en vue, on agite la main.

Refrain !


Debout p'tit gars, réveille-toi
Il va falloir te mettre au pas,
Debout p'tit gars, réveille-toi
On est à la charrette


Elle rit jaune, Ger, mais elle se marre.
Elle se roule par terre à voir arriver les deux pauvres chats mouillés, Raul devant, Elvy derrière.

Elvy ne peut s'empêcher d'ajouter


Ceux qui nous prenaient pour des cons
Quand on parlait d'nourrir Moncon
En fait ils avaient bien raison
De s'foutre de notre tronche
*


* D'après Hugues Aufray, Debout les gars




Raulvolfoni a écrit:
EPILOGUS

Puisqu'on retrouvera nos héros dans de nouvelles aventures ultérieurement, terminons ce si joli ensemble par nos vaillants seconds rôles pourtant indispensables à la trame de ce récit.

Élisabeth fut tuée le surlendemain par un des mignons de Georgio, qui avait grand plaisir à tourmenter la gente féminine par divers moyens tranchants. Il en fut fort joyeux. Cela ne lui fut pas heureux pour autant, car del Frode dei Parma n'appréciait guère qu'on gaspille la marchandise. S'amuser, certes, mais pas au détriment des bénéfices. Et comme dans ce genre d'organisation, on a intérêt à assumer ses responsabilités, Georgio trancha lui-même la gorge de l'imbécile au plus vite.
Un mignon, ça se remplace, et un bon exemple est toujours utile...

En fait, il n'en eu pas le temps.
Dans la galère à Marseille, la veille du départ, profitant de l'état d'ébriété plus qu'avancé de l'équipage et des hommes de del Frode dei Parma, Ruth d'Abaga, avec les enfants et survivants de sa troupe, se rendit maîtresse de la nef.
Elle commença par quitter le port et gagna les calanques avec l'aide d'un pilote qui sut rapidement choisir son camp, à l'aide d'une arbalète chargée à l'entrée d'un orifice intime.
Puis, elle prit deux jours pour faire mourir le plus lentement possible Georgio, del Frode dei Parma et les frères Tortellini.
Ainsi que les cinq qui l'avaient violée.

Un exemple peut toujours servir, certes.
Neuf, je ne vous raconte pas...
Le reste de l'équipage se rallia sans la moindre hésitation, d'ailleurs...

Les enfants grandirent donc dans une très ludique ambiance de piraterie. Au bout de quelques années, ceux qui n'apprécièrent pas le commandement de Ruth furent débarqués sur une île, en même temps que son second, également très critique. Il portait un crochet à la main gauche et passa son temps à se battre contre le plus brillant des enfants, un nommé Peter.
Mais ceci est une autre histoire...

Quand à Ruth, elle finit par se convertir à l'averroisme et devint une grande mystique du côté d'Alger, après avoir dénoncé quelques anciens complices. C'était un peu olé-olé quant au culte, mais nul ne songeait à s'en plaindre.Toutefois, un prêtre rigoriste vint un jour lui chanter pouilles et s'inquiéter de l'orthodoxie de sa foi.
Ni une ni deux, les anciens réflexes reprirent le dessus, elle quitta la côte de Barbarie après avoir empalé l'enquiquineur, prit langue avec un pirate, en tomba amoureuse, écuma quelques temps avec lui les côtes grecques, puis le quitta quand il vira sa cutie...

On perd sa trace du côté du mont Athos, vers 1465...
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