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 Les Mémoires d'une Peau de Mouton

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Mahaud

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MessageSujet: Les Mémoires d'une Peau de Mouton   Mar 22 Nov - 6:53

[RP en gargote helvétique]




[ Genève - L'an de grâce 1459 - Taverne de "L'embuscade Genevoise"]



Mahaud est assise sur une escabelle à dossier. Jambe droite repliée sous elle. Elle a étalé sur la table quelques feuillets de vélin. Il y a disposés aussi un petit encrier conique en corne, pratique pour le voyage et deux plumes taillées. A coups vifs et précis, elle entreprend d'en aiguiser une troisième à la lame de sa miséricorde.
Elle se penche un peu, pose le coude gauche sur la table, sa joue dans la paume de la main qui n'écrit pas.



Le titre d'abord pour conjurer la malédiction de la page blanche.


" Mémoires d'une Peau de Mouton"




« Il était une fois, une jeune princesse, belle comme le jour, sombre comme la nuit, qui pour échapper à la déraison et à l’ amour furieux de son père, s’enfuit de son château pieds nus, solitaire, avec pour tout vêtement une peau miteuse et sale. » Le conteur pourrait commencer ainsi. Mais cette histoire-là vous la connaissez déjà. C’est une histoire pour les ânes. Moi, je vous ferai un conte pour les moutons. Un conte que vous pourrez vous raconter seuls, les yeux grands ouverts sur l’obscurité les nuits d’insomnie.

Il était une fois, une femme plus toute jeune mais pas encore blette qui, sentant sa fin prochaine, décida de prendre du bon temps. Quelques années auparavant, elle aussi avait sauté du haut des créneaux de son château dans l’eau croupie des douves pour fuir la furie familiale et avait roulé toutes ses bosses et ses creux par monts et par vaux. Elle avait vu le loup plus d’une fois, portait à de nombreux endroits de son anatomie diverses traces de morsures laissées par des râteliers plus ou moins catholiques, ne craignait point de marcher seule et longtemps, frappait des poings, des talons, des genoux, buvait comme un trou, jurait comme un charretier et ne s’en laissait pas compter.
Pendant que d’autres couvaient et pondaient sagement au coin du feu, en veillant d’un œil farouche et maternel sur le chaudron où mijotait la potée, elle s’en allait sur les chemins, détroussant les arrière-boutiques* et les voyageurs. Ayant renié la sienne, elle avait choisi les malandrins pour famille. Je crois donc inutile de préciser que la vie lui avait donné quelques enseignements bien sentis. Elle voyait le monde comme une fange qu’elle balayait de l’ourlet de son manteau.
La route étant le lot commun de toute existence aventureuse, elle en avait parcouru beaucoup dans un sens puis dans l’autre, de pillages en saccages, frôlant parfois au passage le bois vermoulu des fourches patibulaires. Mais nous sauterons de nombreux épisodes, dont certains sont même totalement dénués d’intérêt, pour arriver là où mon propos demande qu’on soit. A Genève. Ici même.

Le Fameux Tournoi de Genève avait attiré en cet an 1459 une foule de soldats, chevaliers, routiers, Cavaliers et barons. Tous étaient venus pour en découdre et tous, dans leur sommeil agité par la fièvre du combat, faisaient des rêves de gloire.
Elle avait fourbi sa bâtarde, renforcé sa rondache, recousu aux coudes la brigantine et briqué le bassinet. Elle était fin prête et le jour du Tournoi, ne lui manqua que son partenaire. Faux borgne. Vrai barbu. Dit « Le Glabre ». Elle l’attendit. Il ne vint jamais.

Les autres allèrent se foutre sur la gueule sur un nœud et elle, elle alla faire un tour du côté du Lac, envoyant des coups de botte rageurs dans les cailloux lisses de la berge.


« Le lac est bon, fraîche est son eau, c’est délicieux !
Ce que nous voulons c’est du poisson fort bien goûteux ! » **


De dépit et d’un geste large elle fit voler la rondache qui décrivit au-dessus des eaux un arc de cercle gracieux, flotta un instant à la surface avant de couler à pic. Elle allait envoyer par le fond son bassinet lorsque deux commères s’approchèrent, piaillant.


* Citation de Museau
** Gollum ! Gollum !
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Mahaud

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MessageSujet: Re: Les Mémoires d'une Peau de Mouton   Mar 22 Nov - 6:55

Celle qui parlait portait sous le bras du linge au lavoir et avançait en sautillant au rythme de son histoire. La voix perchée dans les aigus, elle s’adressait avec feu à sa compagne qui ponctuait le récit de « Noooon !! », de « OH ! », de « Hiiiiiii !! » , écarquillait les yeux, portait la main à sa bouche. Elle se rapprochèrent. Pour les commodités de la conversation nommons la narratrice, Pipelette et sa copine, Clairette. ( Toute ressemblance avec un événement réel passé ou à venir ou des personnes existantes est totalement fortuite).

- Siiiiii ! j’te disions… …

- Nooooooooon !

- Siii ! L’ Martin l’était là qui l’a vu ! un gros porcher qu’ a fait le pêcheur … à s'décrocher la rate de rire !

- Hiiiiihihiiiiiiii ....

- L’était dans l’ lac, d’l’eau jusqu’aux genoux frappant ci , frappant là au jugé … ‘vec le bâton qui tournoyait d’sus sa tête . ( Pipelette lève le bras vacant mimant le bâton, fait le moulin à vent et sautille)

-Ooooh ooh .. ( celle-là fait la bouche ronde comme ses yeux )

- Et que j’te frappions ! et que j’te sautions ! il criait l’bougre comme s’il l’brochet l’avait croqué !

- Quel brochet ? demande l’autre toujours écarquillée

- Mais y’avait pas d’brochet ! l’ot’ i tapait dans l’ vide ! ‘fin … dans l’eau vide, quoi !

- Haaaaaaaaaa … ( Clairette n’est pas futée mais faut dire que l’histoire n’est pas facile à suivre non plus)

- Ben oui .. sinon l’aurait touché l’ poiscaille ! et là, personne a vu d’poiscaille !

- Haaaaaaaa … hé bé oui .. .hé bé oui ! mais comment tu sais qu’l’ est porcher le gros ?

( Pipelette roule les yeux de droite et de gauche, aperçoit la Cavalière, pieds dans l’eau, son bassinet à la main et baisse le ton pour la confidence)
- Parc’ que la dame Aubanne elle était là, .... même qu’elle lui causait et même qu’il répondait. ..... L’Martin l’a tout entendu. L’est pas malin mais l’est pas sourd l’Martin ..... Il vient d’Sion !


- Ah … ( Clairette marque un temps et réfléchit. Quand elle réfléchit ça s’entend au long silence que ça fait. ) Ah mais … ... ah mais … sans doute i vient d’Sion mais ça veut pas dire qu’il a des cochons … ( quand la lumière traverse les couches épaisses c’est imparable ! )

( Pipelette est mortifiée par cette faille et on la sent irritée)
- Hé ben ... j’ sais plus comment j’le sais mais j’le sais !!! C’t’un porcher j’te dis !!! et pis c’est forcément un porcher : l’est gros et gras comme un cochon ! ...

- Ooooooh mais te fâche pas ! pleurniche Clairette

- Bé..... j’suis pas fâchée, j’essplique !

Les deux lavandières passent au large de la femme qui tourne la tête pour les suivre du regard.

- L’a un nom ce gros-là ? s’enquit Clairette

- Ben oué … Attends voir … queqchose comme … ( devoir de mémoire ) Buzar …. Rusard … queqchose comme ça, oui. L’Martin l’a vu c’matin rôder autour des échoppes … Pourquoi ? i t’intéresserait donc ? T’aurais b’soin d’un homme ? çui-là s’rait ptêt ben gros et grand d’partout ! Hein ? Va savoir ! ( Ah la coquine ! )

- Hiii hi hi hiiii … t’es bête ! Hiihiii …

Leurs voix s’estompent dans les vapeurs aquatiques. La Cavalière prend l’eau.


Elle s’ébroua comme un chien sorti d’un baquet. Fixa quelques secondes d’un regard morne le bassinet pendant à bout de bras. Le lança à toute volée dans le lac. Il fit un son chuintant et mou en touchant l’eau.
Elle tourna les talons et s’en fut à la première taverne venue s’enfiler un pichet de vin aigre.


A l'heure où je vous parle, il y a peut-être un brochet coiffé d’un bassinet qui nage benoîtement dans les eaux glauques du Lac de Genève.
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Mahaud

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MessageSujet: Re: Les Mémoires d'une Peau de Mouton   Mar 22 Nov - 6:56

Elle se retrouva devant "La Fausse Patte Helvétique" : voilà une enseigne de taverne qui fleurait bon la basse fosse.

Cette "Fausse patte" faisait penser à Barramine, l'un de ses compagnons de mauvais coups. Sans doute le pire d'entre eux. Manchot, unijambiste , borgne, lubrique, d'une imagination sans bornes dans l'abomination et les emplois de sa jambe de bois. Ce qui pouvait laisser augurer qu'on rencontrerait là les déjections de l'humanité : soudards, routiers éclatant en rires veules, abrutis par l'infecte vinasse dégoulinant sur les mentons et les chemises, fourrant brutalement leurs sales mains moites sous des jupes troussées, vermine rampante, taches immondes.

Elle était d'humeur morose et entra dans la taverne qu'elle fendit de la porte au comptoir, comme une Caravelle sombre, à grandes enjambées. Du plat de la main, elle frappa rudement le bois à trois reprises pour attirer l'attention du tavernier qui arriva en bougonnant. Elle commanda une timbale de vin cuit qu'elle paya en lançant deux sous qui rebondirent en tintant. Lorsqu'elle se retourna pour s'adosser au comptoir et profiter du spectacle de la salle, elle tomba nez contre nez avec une loque d'homme aux yeux chassieux, tous chicots dehors, qui lui souffla une haleine vinaigrée à la figure.

- Alors beauté, t'es seule ? T'veux pas un peu d'compagnie ? Que j'te remplisse le vide qu' t'as entre les cuis .. ssss ..... AAAaAAARRGGGL!

Personne ne saura jamais ce qu'il voulait lui remplir exactement ni avec quoi. Mahaud avait empoigné à pleine main les bourses de l'homme qu'elle broyait maintenant méthodiquement, avec application, tandis qu'elle lui susurrait en se penchant sur lui :

- Effleure-moi seulement de tes sales pattes et je te promets que tu ne toucheras plus jamais rien d'autre !


La précision de l'exemple vaut un long discours : s'approchant de son visage, elle lui planta ses canines et incisives pointues dans l'oreille avant de lui lâcher la grappe.

- Dégage ! siffla-t-elle entre les dents à l'autre qui gémissait, courbé en deux. Il s'écarta à petits pas, en se tenant l'entre jambes.

Elle jeta un regard circulaire sur la salle pour s'assurer qu'elle n'avait pas d'autres prétendants. La scène n'avait pas eu de témoins. Les jupons des ribaudes haut levés au nez et à la barbe des hommes sur leurs jambes écartées, masquaient parfaitement le reste du monde.
Elle leva sa timbale comme pour trinquer avec cette Cour des miracles entassée à ses pieds et but d'une traite le vin qui lui brûla la gorge.
Lorsque la porte de la taverne s'ouvrit sur une haute silhouette qui dut se courber profondément pour passer le chambranle, elle n'y prêta aucune attention, les yeux rivés au fond de son gobelet vide dans une morne contemplation. Sur le pas de la porte il hésita, parcourut la salle des yeux, semblant chercher quelqu'un ou quelque chose puis se dirigea d'un pas nonchalant vers le comptoir et héla le tavernier. C'est sa voix de stentor qui tira la cavalière de sa torpeur :

- Ho Tavernier ! Un pichet de bière, une pinte, de l'herbe pour ma pipe je vous prie !

L'homme portait en bandoulière une lourde besace de toile dont il fit passer la sangle au-dessus de sa tête pour la poser ensuite sur le comptoir et frotta l'une contre l'autre ses mains qu'il avait larges comme des battoirs. Il enleva de sa ceinture un gourdin qu'il posa à côté du sac.
La cavalière l'observait à la dérobée. C'était une masse ! Plus de cinq pieds de haut, pas loin de trois cents livres inégalement répartis entre muscles et graisse, des cheveux clairs, bouclés, épais, assez longs, une barbe rase, le teint rosi par l'air piquant d'une fin d'après-midi d'hiver, une bouche large et mobile. Il portait une chemise de laine rouge, de lourdes bottes de marche et des braies sombres maculées çà et là de boue séchée. Il se tourna soudain vers elle, la prenant totalement au dépourvu et prouvant par là qu'elle n'avait pas été si maligne que ça en fin de comptes.

- Oui ?
- Euh...
- On s'connait ?
- Euh... Je ne ... Non !
- Ah, j'me disais aussi... Y a bien longtemps qu'une donzelle m'a pas r'luqué comme ça. On dirait une chouette! 'Z avez d'la chance que j'sois bonne pâte parce qu'un jour y va vous arriver des bricoles à arrêter vos pruneaux sur n'importe quel gus! Y en a d'moins braves...


Il glissa tranquillement les mains dans sa ceinture et accompagna le tout, le geste et le discours, d'un sourire narquois qui mit le feu aux joues de la cavalière. Elle sentit la moutarde lui monter au nez et le lui piquer si fort qu'elle en perdit le sifflet. L'homme enchaîna :

- Musard, pour vous servir.

Elle ne répondit pas, fit aller son regard de sa tête à ses pieds en s'appliquant à prendre son air le plus méprisant, ricana, fronça les sourcils et détourna la tête.

- 'Z avez bien un p'tit nom, hein !?


Elle entendit soudain l'appel plaintif de sa miséricorde qui, logée dans la botte droite,le long de son mollet, la suppliait : «Prends-moi ! ... aaaaaallez quoi, prends-moi !! saigne ce porc ! » Mais quoi, hein ! on ne saigne pas les gens parce qu'ils vous disent bonjour. Même quand on est une très vilaine fille. Même quand on en a saigné pour moins que ça parfois. Et à jeun. Mais la sagesse est mère de sécurité : quand le porc vous dépasse de trois têtes et pourrait vous étouffer rien qu'en vous serrant sur son cœur, hé bien vous ordonnez à votre Miséricorde de fermer sa gueule.
Elle leva la tête vers lui. Geste de défi peut-être. Un peu. Et pratique surtout car si elle voulait rencontrer ses yeux il fallait bien relever la tête.

- Mahaud. Je suis Mahaud. Retenez ce nom, Musard car je n'oublierai pas le vôtre. Et vous savez quoi ? Je vous emmerde !

Musard partit d'un rire bon enfant et tonitruant. Il n'avait pas l'air impressionné du tout et semblait trouver la situation plutôt divertissante. Ce qui était horripilant. Sans rire.

- Oh! je vois ... 'z êtes une teigneuse, hein! Mériteriez la fessée, tiens!

Mahaud était à deux doigts de lui envoyer le gobelet en pleine tête mais c'eût été signer la pire des capitulations. C'est ce que lui avait enseigné Hasdrupal : "Celui qui rétorque par l'agressivité est à court d'arguments" ... Plutôt crever, oui !
Aussi posa-t-elle la timbale sur le comptoir avec une lenteur étudiée, se drapa dans son manteau noir et ce qui lui restait de dignité, le salua d'un hochement de tête sec comme le verdict d'un Inquisiteur et se dirigea vers la porte.
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Mahaud

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MessageSujet: Re: Les Mémoires d'une Peau de Mouton   Ven 2 Déc - 17:42

[ Quatre heures et une brouette de minutes plus tard – dans une autre taverne, à « l’Embuscade Genevoise » ]





Une taverne qui vend un gobelet de bière un écu et vingt deniers c’est plus une embuscade, c’est un coupe-gorge.


- Jaaaamais…. Tu m’entends ? …. Jaa… hips …. mais persoonne… n’m’a parlé……. hic ….. sur ce …. sur ce …comme ça ! ….RHHhaaaaa….. lui… il …. Attends un peu !.... je … je … vais le ….. hic ….. retrouer …. hein … retrouver ce …. sale museau … j’te l’dis hic …. ça va chier….


Mahaud, avachie sur un tabouret, allongée à moitié sur la table, le menton posé sur ses mains croisées, discourait sur la vanité de sa condition humaine avec une blatte qui faisait le plein, haut dressée sur ses pattes, les antennes vers l’avantpour assurer une bonne réception, les mandibules plongées dans une flaque d’hypocras. Une bonne dizaine de pichets et timbales renversés jonchaient le plateau et attestaient de la profondeur du débat.
La soirée avait été maussade pour le tavernier qui n’avait eu que cinq clients. Les quatre autres étaient partis depuis longtemps et il était impatient de fermer pour retrouver sa bougresse bien chaude entre les draps. Il était d’humeur à fourrer des petits pains et regardait l’ivrogne d’un air peu commode, se demandant comment il allait bien pouvoir la ficher à la porte sans qu’elle lui décoche un mauvais coup. Parce que même si elle avait converti une grande partie de son aumônièreen liquide ( la vache ! qu’est-ce qu’elle avait éclusé !) elle semblaitdangereuse et du genre à vous mettre une ruade dans les parties. Il l’avait senti ça, dès le premier claquement impérieux de doigts pour la commande.

L’homme quitta l’arrière de son comptoir en se raclant la gorge en préambule.



- Ahem … hem … dites …


- Mouuuhéé ?


Elle leva des paupières lourdes etembuées. Le tavernier s’attendit à voir onduler derrière les pupilles vertes la ligne de niveau et des têtards flotter dedans, comme dans un bocal, mais il n’y avait rien du tout.


- Je vais fermer … hem … il est tard … hem … vous devriez rentrer, vous savez ….


- Ah ouais … pourqu’hic ? … pourquoi, hein ?


- Ben ... parce qu’il est tard et…hemmm … ma femme m’attend.


- Haaaa… ben moi …. personne m’attend ! ….. j’ai tout …. mon temps …. Aaaaallez …v’nez vous mettre un…hic ….p’tit coup ‘vec moi …. aaaaallez …..


- Ah ! c’est pas raisonnable. Faut rentrer chez vous. Moi je ferme ! Allez …allez … j’vais vous aider à vous mettre debout.



- RHHhhaaaaaa ! … m’touche pas toi ! … hic … aaallez … pose donc …..ton cul et …. hic….sers-nous …. un ptit godet …. TAVERNIER !!.... A BOIRE …. hips ….



Autant de mauvaise volonté ça n’était pas croyable. Allez donc raisonner des causes et des effets avec un sac à vin.



- Bon ! ça suffit maintenant ! Z’avez assez bu comme ça et j’vais fermer ! Allez … DEHORS ! OUSTE !


Le tavernier qui n’était pas patient mais qui aurait dû, voulut accélérer les choses et c’est ce qu’elles firent, les choses. Tout alla bien vite. L’homme saisit Mahaudpar une manche pour la dégager sans ménagement de la table et du tabouret. Elle en fut déséquilibrée mais pas suffisamment. Elle était rompue à l’art de la lutte, même pleine comme une outre. Pas lui. Hélas !


Elle lança à toute volée, par réflexe, le tranchant de sa main valide en travers de la gorge du tavernier qui tomba quatre fers en l’air en gargouillant. Pour faire bonne mesure, elle se retourna, prit la tabouret et le lui écrasa sur la tête. Il plongea dans une nuit sans rêves jusqu’au lendemain très tard. Sa femme qui avait eu le temps de refroidir un peu dormait déjà à poings fermés.

Mahaud se dirigea d’un pas mal assuré vers la porte, l’ouvrit, la referma , prit soin de retourner la petite ardoise qui s’y trouvait accrochée. « Taverne fermée » qu’elle annonçait la petite ardoise.
Elle prit quelques secondes pour épousseter sa cape, rajuster sa chemise et son surcot avant de se mettre à la recherche du dénommé Musard. Elle avait deux mots à lui dire.
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