L'Hydre


 
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 Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre

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MessageSujet: Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre   Lun 11 Juil - 6:28

Gwen

Citation :
Brest Juillet

La ville n'avait guère bougé depuis les dizaines d'années écoulées. Gwen dut même plisser les yeux en arrivant à sa place préférée, en haut des murailles dominant le fond de la rade. Rien à dire, ici la lumière avait d'autres tons, d'autres forces, d'autres éclats. Ça lui piquait même un peu les yeux mais il va s'en dire qu'il ne s'agissait en aucun cas d'émotions...Elle inspira l'air iodé. Profondément. Une deuxième fois, puis une troisième et encore et encore. Jusqu'à ce qu'enfin, de longs sanglots longtemps refoulés soient enfin libérés. Qu'importait le regard des passants, elle pleurait de toute son âme, n'essayant même pas d'essuyer le torrent d'eau salée qui dévalait les courbes de son visage. Puis soudain, le flot se tarit, alors qu'elle souriait, reniflant avec aussi peu de dignité que possible. La tempête était passée.

Elle était de retour. Enfin.

Brest.

Elle longeait le parapet des murailles, s'avançant vers le château qui dominait la ville bien sagement, trapu comme d'aucun, architecture sans fioriture, sans arrogance, propre à surmonter le déchaînement des éléments. Sa main caressait les pierres alors qu'inlassablement son regard se portait vers le bas sur le port, vers un coin de rue, si près des quais. Là...Là bas...Cela semblait inoccupé, laissé à l'abandon. Pourtant les fenêtres étaient bien closes, avec soin. Les volets restaurés. Elle s'arrêta un moment, toujours regardant ce coin de paradis qu'elle avait tant escompté ces dernières semaines, ces derniers mois...Le paradis...Elle soupira. Elle posa ses coudes sur le mur de pierres et posa sa tête entre ses mains.

Brest.


Il lui fallait la maison. D'une façon ou d'une autre. Elle réfléchit un moment et frissonna alors que le zef semblait décidé soudain à la faire sortir de sa léthargie. Des bateaux rentraient au port sous un soleil encore bien vaillant, pêcheurs et voyageurs mêlés, dans un ensemble disparate mais solidaire, celui des gens de mer. Elle sourit à nouveau, et pencha la tête pour ne pas perdre une miette du spectacle pourtant quotidien qui ne la laissait jamais indifférente. La magie opérait de nouveau, la rassurant un peu sur son état. Tout n'était donc pas encore perdu.

La maison avant tout. Le reste viendrait après. Ou pas. Mais elle était à Brest .

Brest !!


Elle éclata de rire et avança plus rapidement en bifurquant vers la ville, souriant extatique en traversant le pont Sant Mickaël. La Tour Tanguy passée, elle bifurqua encore et encore dans les dédales des rues du plus fameux des bas fonds. Puis la porte. Elle se redressa, autant que faire se pouvait et mit sa capuche sur la tête. Elle frappa quelques coups , selon un rythme particulier revenant de son enfance. S'il vivait encore là, il ouvrirait...Sinon , la vie avait eu du bon. Ni remords ni regrets.

La porte s'ouvrit avant qu'elle ne puisse retomber dans les tourments qui affectaient son esprit depuis trop longtemps. Une espèce d'armoire à glace se tenait devant elle, les bras croisés. Elle grogna intérieurement. Inconnu au bataillon. Qu'espérait elle en même temps ?

Elle se lança pourtant.Rien à perdre, pas grand chose à gagner, autant jouer une partition hasardeuse.

J'voudrais voir l'Jopic. Une commission urgente. De la part des Autres.

L'armoire à glace la toisa, alors qu'elle prenait soin de garder une pose soumise. Pas si dur au final, vu qu'elle avait perdue sa fierté depuis des lustres. Même pas besoin de faire semblant, même si l'air du port l'avait un tantinet regonflée. Elle ne payait pas mine , avec sa stature de korrigan affamé, ce qui l'aida à remporter l'épreuve de la porte.

Restait à savoir si elle survivrait aux suivantes, et pour se faire, elle réfléchissait à toute berzingue dans le couloir qui l'amenait, peut être, au Jopic.

Elle esquissa un sourire alors que le grand machin ouvrait la porte devant elle.

Voir Brest et mourir. La classe.


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MessageSujet: Re: Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre   Lun 11 Juil - 6:28

Gwen
Citation :

BREST, Juillet.


Fatalement.

Fatalement il était là, fidèle au poste...Et quel poste...Gwen embrassa du regard la pièce dans laquelle on la faisait entrer, en dépit du bon sens. Bon d'accord, elle etait, on va être gentil avec elle, au mieux épaisse comme un casse dalle en période de famine...L'armoire à glace n'en ferait qu'une bouchée. Mais elle avait quand même de la ressource, bien camouflée. Deux portes, un bureau, des coffres, des étagères, de la poussière, des parchemins en veux tu en voilà.Une fenêtre diffusait une lumière crasseuse.Miteux...Et un homme assis derrière le bureau. Elle l'observa toujours sous sa capuche, les mains bien en évidence. Il avait vieilli. Les cheveux noirs se faisaient rares, même si la tignasse bouclée restait épaisse. Ses joues s'étaient creusées, son regard était plus enfoncé, encore plus effrayant que lorsqu'elle était enfant.

Bonn'. J'ai pas toute ma journée...Ils veulent quoi ENCORE ?


Gwen sursauta. Elle s'était laissée distraire un peu trop par son observation. Elle avança d'un pas vers lui, et d'un geste sûr glissa sa main dans sa bottine et lança sa dague vers le vieil homme. Celle ci se ficha à la verticale entre les deux mains posées sur le bureau alors que l'armoire à glace se précipitait sur elle. Sauf que...D'un coup de coude en arrière, d'une violence absolument pas contenue, elle frappa dans les parties intimes du colosse qui s'effondra de toute sa masse. Seul un espèce de gémissement rappelant étrangement le son d'un homard plongé vivant dans de l'eau bouillante indiquait qu'il était encore conscient. Elle esquissa un rictus de colère. Les hommes et leur fierté si mal placée...un point faible tout au plus. Elle serra les dents et retint un crachat méprisant. Après tout, celui là n'avait rien fait que son travail. Se reprenant quelque peu, elle fit glisser sa capuche sur son dos. La scène n'avait pas duré plus d'une minute.

Bon...Pas tout ça la crapule...

L'homme regardait son homme de main d'un air maussade.

Si j'avais voulu te tuer, tu serais mort. J'ai acquis une certaine expérience en la matière. J’veux la maison rouge et verte sur le port. Y a assez de saphirs sur cette foutue dague pour l'acheter en triple exemplaires.

Le vieux la regardait en plissant les yeux et prit la parole alors qu'elle posait ses deux mains bien à plat sur le bureau pour lui faire face. Elle planta son regard dans le sien, ses yeux ayant pris une dureté adamantine.

La maison n'est pas à moi.

Si. Elle est à toi. ET c'est une femme qui a une tache de naissance en forme de triskell qui te l'affirme.

Le vieux se recula dans le fond de son siège, une brève lueur de panique dans le regard. Elle sourit vaguement amusée. Voilà qui faisait son petit effet. Il regarda son chien de garde à terre et se reprit en toussant pour s'éclaircir la voix.

L’aînée je suppose...J'ai ouïe dire que tu t'étais acoquinée avec des gens peu recommandables...


Elle rejeta une mèche blonde dans un souffle d'air.

Guère plus recommandables que toi, c'est certain.

Elle fit une pause. Mélodramatique à souhait! Pour une fois qu'elle s'amusait.

Oui, je suis l’Aînée.

T'étais brunette enfant...

Ouais, un souvenir du Rouergue, la pendaison ça fait bander les hommes et blondir les femmes. C'est connu.


Ah ?


ça les rend stupides à souhait aussi.

Il avait l'air un peu incertain, faut dire qu'entendre proférer de telles élucubrations avait de quoi ébranler.

Ouais. Alors cette maison ?

Elle est à toi de toute façon. Et à tes sœurs. Elles...t'accompagnent ?

Elle rit intérieurement ..T'as trouille hein, mon cochon...qu'on soit là toutes les trois...pensa t elle avec un serrement au cœur.

Non. La cadette est morte.

Il haussa un sourcil, seule émotion visible sur l'instant.

Ouais, j'crois qu'elle s'est jetée sur une armée quand elle a enfin compris qu'elle n'etait qu'un pion pour les Dames Blanches. Elles ne m'ont toujours pas averties officiellement ces vieilles vaches. Enfin... SI la correction étouffait les Ordres Royaux, ça saurait.

Il attendait la suite.

Je ne connais toujours pas la benjamine. Les Dieux de granit la mèneront à moi . Quand le moment sera venu.

Ils se regardaient toujours, essayant de se sonder, l'air aussi inflexible l'un et l’autre. Le vieux sur la fin contre la jeunette qui n'avait rien à perdre. Il se mit à rire soudain, joyeusement. Alors qu'elle réprimait un sourire.


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MessageSujet: Re: Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre   Lun 11 Juil - 6:29

Gwen
Citation :

BREST, Juillet.


Le silence se fit. Aussi soudainement que le rire avait éclaté. Il tapa sur le bois du bureau puis se leva avec une grimace douloureuse. Gwen continuait de l'observer, sourire gardé pour elle. Elle était lasse soudain. Il se déplaçait lentement, semblait avoir rétréci...et ce n'était pas parce qu'elle avait grandi. Le torse restait fort , mais les jambes étaient devenues frêles, et il s'était voûté. Un peu. Mais quand même. Il fit le tour du meuble, alors que Gwen notait comme un détail qu'il s'agissait de celui de son père. Soit. Il se tint devant elle, détaillant son visage.

La petite Gwennie...Toi qui portait les espoirs de ton père...Venir ici risque de remuer pas mal d'histoires que certains d'entre nous ont mis des années à enterrer.

Elle se raidit. Ses yeux prirent la couleur des tempêtes du large. Elle répondit rageusement.

Les espoirs ne sont faits que pour être déçus. Autant leur faire la peau avant qu'ils ne vous tuent.

La mine encore plus sombre, elle ajouta plus bas.

C’était son histoire pas la mienne et je ne suis pas venue écrire de nouveaux chapitres.

Il la scrutait toujours, avançant encore d'un pas. Les deux regards s'affrontaient, airain contre ardoise, le souffle contenu dans un silence ponctué de cris assourdis des goélands qui étaient les vrais tôliers de la cité. Il s'éclaircit la voix.

Bonn'. Tu feras peut être un bécot à parrain avant de récupérer tes clés ?

Elle haussa un sourcil, un peu décontenancée. Elle maronna avant de s’exécuter de mauvaise grâce. Non parce qu'elle n'en avait pas envie, cet homme représentant pour elle une ultime part de ce qui restait de sa famille en voie de disparition, mais parce qu'elle avait peur de s'écrouler. Il lui fallait faire semblant d'être forte. L’accolade ne s'éternisa pas.Foutue blondasse...

Sa dague sous le nez, Gwen se maudit mais haussa les épaules.

Vas y Parrain, te gêne pas. Il ne me reste que ma vie et j'y tiens pas plus que ça.

Forcement quand on bannit l'espérance de sa vie...Elle vient d'où cette dague ? Elle vaut son pesant d'écus...Dommage de t'en débarrasser pour si peu.

Le regard de Gwen dansait sur les détails du manche ouvragé, se faisant lointain. Le jour où la dague lui fut offerte...Elle déglutit péniblement.

C'est qu'une dague. Et j'ai besoin de la maison pour me poser un peu.Je n'ai que ça pour la payer.

Un mince sourire s'étira sur le visage du parrain.Il lui tendit l'arme par la pointe.

J'ai des dettes envers ta famille Petite. La maison est à toi.Nous serons quitt...


Que dalle ! Les dettes je les connais. C'est pas une maison qui va les couvrir le passif, vieil homme... ET ce n'est pas à toi de décider quand tu nous seras redevables. Ce sont les Kermaëdic les créanciers.Et vu ce que tu nous dois, me prend pas pour une trompette...Parrain.Il pourrait me venir à l'idée de te les faire payer...entièrement.

Elle se recula de deux pas en appuyant sur le dernier mot. Au moins comprendrait il qu'elle connaissait tout de l'histoire.

La dague tu la prends. C'est le prix pour l'acte de propriété. Je le veux avant ce soir.


Il la fixait l'oeil brillant, l'air franchement réjoui. Il retourna s'assoir sur son fauteuil derrière le bureau et se mit à farfouiller dans le monceau de paperasse qui semblait disposé au petit bonheur la chance.

Ton père t'as bien dressée à ce que je vois. Très bien. Tu auras les papiers ce soir. Chez toi.

Il leva la tête, soudain sérieux.

Tu reconnais ce bureau ?


Elle hocha la tête lentement.

Bonn'. Je vais mettre la dague en sécurité. Là où …


Elle hocha la tête à nouveau.

Disons que...tu pourras l'y trouver et la prendre quand bon te semblera. La maison ne la vaut pas de toute façon.

Il lui tendit les clés.

Dégage maintenant. Va chez toi et attend.


Attendre quoi ?

IL la fixa et leva les yeux au ciel.

Si tu crois qu'ils vont rester les bras croisés alors que l’Aînée est de retour, tu te fourres le doigt dans l'oeil et profondément...Je crois même que je vais te prêter le Ronan quelques temps.

Il désigna l'armoire à glace d'un mouvement de tête.Elle suivit son regard.

Nan, j'suis assez grande pour me défendre toute seule. Pis je suis pas là pour demander réparation. Tu l'as trouvé où ?


Malgré elle, elle était impressionnée par la stature du colosse associée à un regard particulièrement vide. Effrayant.

Bah, j'l'ai gagné quand il était bihanic dans un tripot, à Speied...


Elle rit et tendit la main pour qu'il lui remette les clés.

Je vois...T'as vieilli...il t'est plus utile qu'à moi va.


Il lui décocha un sourire malaimable alors qu'elle lui adressait une risette angélique dont elle avait le secret.

Elle serra la clé dans sa main, fit une rapide révérence et sortit de la pièce.

J'connais le chemin, pas la peine de me raccompagner.



Le vieux resta un long moment silencieux. Puis il se leva pour quitter la pièce. S'adressant à son molosse, sans même se retourner, il lança.

Va me chercher Mickaël.Dis lui que c'est urgent.


Pour quoi faire ?


Les Kermaëdic sont des sentimentaux. C'est leur grande faiblesse...Celle là ne semble pas faire exception à la règle
.


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MessageSujet: Re: Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre   Lun 11 Juil - 6:30

LeParrain

Citation :

BREST Juillet


Le vieil homme avait refermé la porte de son bureau derrière lui et montait maintenant un escalier en colimaçon qui le menait aux étages, avec une allure qui contredisait celle qu'il avait affiché devant la blonde. Il arriva dans une pièce, petite mais inondée d'une lumière éclatantes. Il resta un instant immobile, au seuil de la porte pour habituer ses yeux, plus acclimatés aux lueurs crasses dispensées au rez de chaussée. Il avança au bout d'un instant et se plaça devant la fenêtre, les mains derrière le dos, se balançant d'une jambe sur l'autre , au rythme de sa réflexion. Son regard portait sur Brest même, au delà du pont Sant Mickaël, sur le territoire des Autres. Après tant d'années de soumission, était il venu le temps de la revanche ?

Il n'y croyait guère, les revers de fortune s'accumulant, il avait appris à jouer petit bras, mettant son orgueil et sa fierté à la torture...Vingt ans...Voilà les Kermaëdic de retour après vingt longues années d'exil. Une Kermaëdic du moins, mais celle là avait le regard aussi abîmé que celui de son père. Les bêtes blessées sont les plus dangereuses...Il tapa du pied.


Mais que vient elle donc faire à Brest ??


Il savait pourtant qu'elle avait été mise en garde...Il se massa le menton, la mâchoire serrée. Manquerait plus qu'elle soit là en éclaireur de sa bande de scélérats dégénérés et il pourrait mettre la clé sous la porte.

A moins qu'elle ne veuille crever comme sa salope de mère ?


Qui donc Chef ?


Il se retourna.

Je t'ai déjà dit de ne pas arriver comme cela, un de ces 4 tu vas t'en prendre une
.


Ouais c'est ça...


L'Ainée de Kermaëdic est en ville.


Le silence se fit, s'installant ,épais , entre les deux hommes.

La Petite...J'ai joué avec elle enfant, elle était...marrante. Différente en tout point des autres gamines de son âge.

Je sais. Je veux savoir pourquoi elle est là. Tu te démerdes, mais je veux le savoir et au plus vite.

Par quels moyens ?


Le regard du vieil homme se durcit, puis il se retourna vers la fenêtre. Famille...Je te hais.Il ne tergiversa pas longtemps.

Par tous les moyens, Mickaël, par tous les moyens.La dernière fois, ça nous a tous trop coûté.

Le plus jeune hocha la tête et voyant qu'il n'aurait pas plus d'informations quitta la pièce avec une mimique salace.

J'espère au moins qu'elle a une once de la beauté de sa mère...


Le Vieux tressaillit quelque peu et serra les poings. Il murmura pour lui seul, les yeux plongés dans les eaux du port.

La dernière fois, ça nous a beaucoup trop couté...


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MessageSujet: Re: Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre   Ven 5 Aoû - 23:40


Brest Juillet.


Elle avait mis un moment avant de déblayer la taverne de sa mère. Elle en garderait les couleurs mais avait commandé, sur le compte de son parrain avec une jouissance absolue, une nouvelle enseigne.

Le Tara. Le Tara Hydre.

Ainsi fut fait.

L'intérieur était de bois, les sols en vieux plancher et ardoise. Increvable. Ça l'arrangeait bien. Le mobilier était de bric et de broc, du bois et encore du bois qu'elle avait mis beaucoup de temps à refaire briller, la décoration faite d'objets amassés au cours des ans. Peu lui importait, elle avait de quoi s'occuper pendant ce qu'elle appelait ses "vacances". Un tavernier avait été recruté, une vraie lumière, ce qui lui permettait de s’asseoir de temps à autre sur les bancs de l’UBO, qui organisait de temps à autre des séminaires complets de navigation. A la bonne heure !Elle n'avait pas encore renoncé à devenir capitaine. Un jour...

Elle avait collé la vieille roulotte délabrée acquise à Montargis auprès de la blonde Roudoudou dans l'arrière cour, qui faisait aussi office de jardin, sauvage à souhait.Des ronces se battant en duel avec deux pauvres poiriers aux troncs couverts de mousses. Elle avait regardé plus d'une fois la vieille délabrée d'un œil torve en lui disant « je te retaperai pour après les vacances ».Un jour...Procrastination...Elle préférait s'occuper du Tara, qui voyait affluer beaucoup d'anciens, dont elle buvait les paroles en souriant. Elle passait beaucoup de temps l'après midi dans le jardin, lovée dans une chaise à bascule, au soleil. Tel un chat, elle s'étirait de temps à autre, juste pour changer de position. La roulotte posée sur le côté du Tara, un jardin...manquait un chien tiens...Et des chats...Et...ET.

Ça finissait toujours comme ça. Encore et encore. Aussi se levait elle pour s'activer pour faire des quiches, des tartes, et ouais des tartes!!! Balayer...Causer...Tout sauf en arriver à après le désormais redouté « et ». Elle montait le soir, dans l'appartement meublé d'une paillasse, de coussins et de coffres , vides pour la plupart, faisant en sorte de s'abrutir de fatigue, consciencieusement, soit par le travail, soit par la pêche, soit par l'alcool. Ils ont des chapeaux ronds, vive les bretons...L'ambiance n'y était mauvaise au Tara surtout depuis qu'elle avait embauché l'Vacarme, un ménestrel brestois dont les textes étaient parfois abscons mais qui maîtrisait le luth et la bombarde avec une maestria encore maladroite mais prometteuse. Sauf en fin de soirée où il n'arrivait plus qu'à brailler « GWEEEEEEEEEEEN !! Je t'aime !!!!!!!!!!!!!!! » ce qui la faisait bien marrer alors qu'elle essuyait les chopes vides.

Tu m'aimes que quand t'es bourré l'Vacarme !

Et les journées s’enchaînaient, identiques les unes aux autres, dans une ambiance bienveillante qui faisait revenir les couleurs au visage palot de la blonde Kermaëdic. Jusqu’au jour où...
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MessageSujet: Re: Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre   Ven 5 Aoû - 23:41

LesAutres
Citation :


Brest Juillet


Il regardait l'étendue des dégâts infligés à son bureau...SON BUREAU !!

Vandalisé...

Au plus haut de la plus haute tour dominant la ville. Gardé par plus d' hommes qu'il n'en faudrait pour défendre Brest même . Inviolable . SON BUREAU .

Saccagé...

Des papiers brûlés...ses livres éparpillés aux pages arrachées...Des dossiers éventrés...Des objets d'art en miette sur le sol, les tapisseries lacérées, les tableaux déchirés...Une vie. Sa vie, tout ce qui lui restait de sa vie ...S on travail et ses recherches. Dans SON BUREAU !!!!!!!

Dévasté...

Il respirait avec difficulté, incapable de dire autre chose que le mot bureau alors qu'à ses côtés son secrétaire particulier se tenait immobile, les yeux écarquillés d'horreur devant le chaos qui régnait dans la pièce. La peur au ventre aussi. Une peur qui lui vrillait les entrailles avec une intensité croissante. Peur de sa réaction doublée d'une angoisse terrible. Ici il avait toujours été en sécurité. Bastion protégé entre tous, ce bureau était ...inviolable... »Etait »...L'imparfait résonnait dans sa tête en engendrant un effroi le glaçant jusqu'aux os. Qui avait pu oser ? Qui?

Il déglutit péniblement.

Son patron bougea soudain, se dirigeant vers le fauteuil qui tronait devant une fenêtre dominant la ville. Il semblait se reprendre mais avec tant de difficultés que cela serrait le cœur de son vieux compagnon. Cet homme était fait de granit gris. Rien ne l'avait jamais atteint, ou du moins il ne l'avait jamais montré. Sauf...Et aujourd'hui.


Monseigneur ?


Le vieil homme contemplait la rade en serrant les mâchoires. La colère déformait ses traits massifs. Un bloc. Une tempête à venir...Une des pires. Le secrétaire sentit une panique monter en lui. Faites qu'il se calme par Aristote sinon il va nous mettre la ville à feu et à sang. Il attendait près de la porte.

Voulez vous que je vérifie si on nous a volé quelque chose ?


Un rire amère s'éleva du fauteuil.

Cher cher Ronan...Ne vous donnez donc pas cette peine..Le vol n'était pas le motif de cette...visite...

Le secrétaire regarda autour de lui d'un air sceptique. Il toussota. Son patron tourna vers lui un visage peu amène.

Je vous ai connu plus sagace cher ami...Observez donc plus attentivement les dégâts infligés à ma collection ...



Les sourcils froncés, l'autre fit le tour de la pièce en ramassant ci et là précautionneusement les quelques objets encore réparables. IL se figea devant un mur devant la seule pièce encore intacte.

O Seigneur. Qu’Aristote nous protège.


Il contemplait la tapisserie avec un air épouvanté. Un fond rouge profond, une femme, la plus belle,une licorne, un lionceau...

Mais..Mais c'est impossible Monseigneur.

L'autre grogna et se replongea dans la contemplation de la ville.

Certes. Et pourtant...Envoie trois hommes au port. Qu'ils aillent la voir. Un avertissement.

Le secrétaire frissonna. Le sujet n'avait jamais été abordé...Elle...De retour au port. De retour au Tara. Arcane qui tourmentait toute la maisonnée depuis quelques semaines.En silence...

Croyez vous que ?


Je ne crois rien. Je ne sais rien. Ce qui s'est passé ici est tout simplement impossible. Un coup de sonde...Pour commencer. Et revenez m'aider après.


Le vieil homme se leva et commença à rassembler les papiers alors que son secrétaire descendait donner ses ordres. Il leva sur la tapisserie un visage déformé par une douleur séculaire.

Ma fille...
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MessageSujet: Re: Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre   Sam 6 Aoû - 2:35

Lasilhouette
Citation :

Brest Juillet


Il s'est posté sous un porche, le même qu'il occupe dès qu'il le peut. Enfoncé dans l'ombre, de jour comme de nuit. Il observe. Il a vu la taverne renaître. Il a vu le monde s’installer sur les bancs. Il a vu d'anciens amis revenir jouer aux cartes. Il a vu la musique revenir au Tara avec un pincement au cœur. Il l'a vue. Il l'observe, encore et toujours .Insatiable d'elle. Elle. De retour à Brest au moment le plus imprévu. Au moment où il n'aurait pas fallu. Inopportune. Il l'a vue les yeux rougis. Il l'a vue rire de nouveau, de bon cœur, ses yeux gris toujours emplis d'une tristesse insondable. Une tristesse qu'il connaît. Il sait. Mais il ne peut qu'observer. Il ne déviera pas de son chemin. La vie impose des choix. Elle a fait les siens.
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MessageSujet: Re: Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre   Dim 7 Aoû - 7:09


Brest Juillet


Victime d'un succès imprévu...Elle était toujours à la bourre...Sérieux, pas humain une taverne qui devenait une cantine. Elle déboula les bras chargés de victuailles dans un Tara à peu près vide. Elle salua « ses » Vieux comme elle les appelait qui tapaient un carton à leur place habituelle avec des querelles dignes d'enfants de cinq ans. Dans un coin, L'Vacarme était en pleine discussion avec un grand gaillard à l'air un peu fermé attablés sur la table ronde derrière une des trois portes

GWEEEEEEEEEEEN !!!

Elle sursauta.

BORDEL !!! T'es pas déjà beurré si ?????


Nan mais on veut bien une bière !

Elle passa dans l'arrière cuisine en lui tirant la langue. La voix de la blonde s'éleva un peu assourdie de l'arrière cuisine.

C'est encore et toujours au comptoir !!! Je sers personne à table, tu feras pas exception à la règle!

GWEEEEEEN !!!Allez...


Elle jeta en vrac ses courses sur le vaste plan de travail en riant et revint derrière le comptoir pour servir deux bières. 

Elle s'approcha d'eux, alors que la conversation s'animait.

Mais si je te dis...Entre 6 et 4 c'est pareil !


Les yeux brillants, les gestes amples , le poète tentait de convaincre avec force d’enthousiasme son interlocuteur. Gwen sourit intérieurement. Avec une fougue pareille, le jeune homme pourrait soulever des montagnes...L'autre en face n'avait que peu de chance de lui échapper.

Hein Gwen  c'est vrai !! Si il sait jouer de la cithare à 6 cordes, il sait jouer de la cithare à 4 non ????


Gwen éclata de rire. Voilà autre chose encore...

Ben je pense bien oui.


Elle déposa les bières sur la table alors que ses Vieux leur décochaient des regards outrés devant ce favoritisme éhonté. Elle s'en retourna vers eux et leur colla une bise sur la joue pour apaiser leur feinte jalousie et posa une main sur sa hanche.

Et vous ? Vous restez manger là ?Où vous rentrez dans vos pénates ?


Elle se doutait déjà de la réponse, la vie conjugale de trois d'entre eux était célèbre dans tout Recouvrance pour un manque certain d'harmonie...Foutues bretonnes...

On resterait bien ...Mais on a peur pour nos diouskouarn...Si l'autre pousse sa chansonnette...Déjà qu'on y comprend rien à ses sérénades...


PEUCH les ancêtres !! Gwen les comprend elle !!

Ben c'est bien la seule !

La visage de la bretonne s'éclaira en filant dans la cuisine alors que s'engageait une énième dispute générationnelle au sein de sa taverne.

Quelques minutes plus tard, elle interrompit sa tâche, intriguée par le silence qui s’était fait dans la salle.

GWEEEEEEEEEEEN !!!!!!

S'emparant d'un torchon, elle arriva en s'essuyant les mains à la va vite.

La voix du Vacarme s’était brusquement adoucie.

T'as du monde... annonça t il en prenant place sur un des tabourets au bar.

Elle stoppa net.

Son Parrain.

Au Tara.

Vingt ans après.

Le silence se fit soudain pesant, à peine troublé par le bruissements des cartes que les Vieux continuaient de manier sans grande conviction, tous les sens aux aguets.

Elle finit de s'essuyer les mains,une par une, consciencieusement, avant de prendre la parole.

Un souci ?

Un souci ???? Tu me demandes si j'ai un souci ??? Nan mais tu te fiches de moi ou quoi ??? Qu'est ce qu'il t'est passé par la tête ?????

Gwen le regardait avec des yeux ronds comme une queue de pelle. C'est qu'il avait l'air franchement en colère, et carrément paniqué. Voilà qui était des plus inhabituels. Et au Tara. Gwen fronça les sourcils. Elle passa brièvement en revue ses derniers faits et gestes.

Tara...Marché...Tara...Jardin...Pêche...Tara...Une tite ranhouët avec l'Vacarme en relisant ses poèmes, en tout bien tout honneur. Marché...Visiblement quelque chose lui échappait.


Si tu me disais d'abord de quoi tu me causes , parce que là j'suis juste larguée .


Ah parce qu'en plus tu fais l'innocente ? T'es partie folle avec ta tête ou quoi ? C'est pour ça que t'es revenue ?

BORDEL PARRAIN JE SAIS MEME PAS DE QUOI TU CAUSES !!!


Elle jeta le torchon sur le bar, ses yeux prenant soudain la couleur tempête.Nan mais c'etait pas possible ça à la fin. Pas moyen d'avoir des vacances tranquilles !!!

C'est bon quoi ! Il se passe quoi ?


L'autre la regardait d'un air méfiant.

Hier soir...Le bureau de l'Autre a été saccagé. Et pas à moitié...

Gwen haussa les épaules.

Qu'est ce que tu veux que j'y fasse ? C'est pas mon problème.

Gwennie Kermaëdic! ! Une seule bonne raison de ton retour. Donne m'en une ! Si c'est pas celle là y en a pas ! Tu cours à ta perte ma fille ! Il domine la ville toute entière ! T'as pas idée du merdier que tu vas soulever si tu continues comme ça !

J'ai aucune justification à donner ! Je suis rentrée parce que j'en avais envie !Parce que j'en avais besoin ! Rien à carrer de vos histoires à la mord moi l'noeud !

Gwen serrait les poings et la mâchoire et tentait vainement de garder son calme. Une colère Kermaëdic est toujours difficile à contenir surtout quand elle est depuis longtemps contenue...Elle fit volte face et rentra dans la cuisine en donnant un coup rageur dans la porte.Elle entendit à peine l'Vacarme qui lui donnait un alibi pour la nuit. Elle s’étouffa de rage et revint toujours à coup de pied. Elle fusilla le poète du regard.

Et va pas t'imaginer des trucs hein ! C’était juste pour relire ses textes ! Faut pas pousser !De quoi j'me mêle toi ! Après toute la ville va penser que ...que !!! QUE ! Je n'ai aucune justification à donner ! A PERSONNE !

Le vieux l’attrapa par le bras.

Dis moi pourquoi tu es revenue !

MAIS CELA NE TE REGARDE PAS ! LACHE MOI OU JE SIFFLE MON CHIEN !!

Il resserra un peu son emprise alors que les chaises des vieux se levant pour jouer aux héros rusaient le sol.

Ce n'est tout de même pas à cause d'un homme si ?


Un mince sourire chafouin s'étira sur le visage du Parrain qui lâcha sa filleule alors qu'elle tapait du pied.

A cause d'un quoi???D'un homme???A cause de....OH BORDEL ! A cause d'un lâche oui ! D'un...d'un couard ! D'un dégonflé, d'un froussard, d'un méprisable vermisseau ! D'un poltron ! D'un trouillard ! D'un ...d'un...TRAITRE !!

Les mots commençaient à manquer à la blonde qui tempêtait en long en large et en travers, fouettant l'air de son torchon qui prenait cher.

Une poule mouillée !!!! Un...Un...NORMAND !!!! Parfaitement ! NORMAND !!!! Un...Une saleté !! Une saleté de ...de...

Elle s'arrêta haletante, la tempête se calmant d'elle même. Elle se retourna vers le vieil homme dont le visage s'était fait de marbre.

Content ???


Elle tourna les talons et se réfugia dans l’arrière cuisine pour en finir avec ses légumes. Les mouches volèrent un moment avant que chacun ne retournât vaquer à ses occupations, sans prononcer un seul mot. Certains jouant aux cartes, d'autres de la cithare, et la blonde enfin calmée à sa cuisine . La pudeur brestoise ferait que personne n'y reviendrait.
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Gargotte bretonne [RP] Le Tara Hydre
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