L'Hydre


 
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 L'Hydre, Fallait pas l'inviter.

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Fernand
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MessageSujet: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Ven 1 Avr - 0:57

Fernand inspecta d'un air suspicieux le messager hydrique maigrelet, tendit le parchemin et le retint au dernier moment :

- Et vous êtes sur que c'est fiable, votre truc?
- Oui, m'sieur, c'est un service très fiable! Nous garantissons la livraison à destination en moins de 48 heures grâce à notre réseau de coursiers.
- En même temps, je ne peux pas aller vérifier si vous dîtes vrai....
- Faites-nous confiance, m'sieur, après tout, c'est un service interne de l'Hydre établi pour garantir l'intégrité de l'information.
Peut-être bien.... et comment faites-vous pour savoir à qui vous devez donner le courrier?
- Eh ben, on demande, m'sieur, quand on sait pas....
- Sans blague!! .... mais les pigeons, eux.... ils savent, c'est tout! ils n'ont pas besoin de demander le chemin.
- Justement, m'sieur, c'est ça qu'est louche, qu'ils disent.
- Moui, possible... il n'empêche que je n'ai pas trop confiance dans ces nouvelles technologies....
- Vous avez demandé un affichage au panneau public, m'sieur, c'est pas possible d'envoyer un pigeon faire ce boulot.....
- Vous seriez surpris de ce qu'on peut faire avec un peu d'imagination....
On a toujours utilisé des animaux pour envoyer des messages; des pigeons, des rats, des cigognes et même ces saloperies de petites bêtes à plumes jaunes et bleues.... et ça marche pas trop mal, mais vous, là, je vous trouve un peu léger.. voir approximatif si je puis dire, c'est même un peu Olé, Olé, tout ça...
- Au lait , au lait, m'sieur?
- Misère.... bon, je vous l'accroche où? autour du cou, ou bien vous avez une bague?
- Je vais l' mettre dans cette sacoche que vous voyez là, avec les autres courriers, m'sieur...
- Je vois.... bien ... et maintenant? On fait quoi? Je vous lance par la fenêtre? Je vous préviens, ça risque d'être juste vous ne m'avez pas vraiment l'air d'être taillé pour le vol...
- Ce n'est pas utile, m'sieur, je vais y aller à cheval...
- Quoi? mais ça j'aurais pu le faire!
- Justement, m'sieur, c'est ça l'idée....

Fernand ouvrit la bouche en un "Ahhhhh...." muet de compréhension simulée qu'on adresse en général aux demeurés qu'on renonce à contrarier, tandis que le gringalet au sourire imperturbable hochait la tête comme on le fait pour rassurer une vieille carne avant de la pousser du haut d'une falaise.
- Autre chose, m'sieur?
- Non.... sauf qu'à mon avis, votre métier n'a pas d'avenir... Ils ne savent vraiment plus quoi inventer à l'Hydre....
- Le service postal à vot' service, m'sieur!
- ouai, c'est ça.. tirez-vous maintenant....

Une trentaine d'heure plus tard, mais ça personne ne pourra jamais le prouver, un coursier aussi chétif que le premier sauta de sa selle et fixa avec du bitume le parchemin au panneau d'affichage .
Le client ayant souscrit l'option affichage garanti, il siffla et le préposé de service aux missives surgit de derrière le panneau. Il était aussi maigre que son collègue. Une vraie marque de fabrique.... Sans un mot, les deux gringalets s'échangèrent une pile de feuillets et se tournèrent le dos pour retourner à leurs occupations respectives
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Fernand
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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Ven 1 Avr - 0:58

Citation :
Comtois, Ô mon Comtois!
salut à toi, ma Crotte,
A l'heure plus ou moins grave sans parler des pensées
où le bon sens vacille, où ta maison tremble au souffle des cavales,
puisse donc le hasard et un peu d'aide aussi faire que ton esprit s’ouvre
telles les cuisses d'une vierge sous la caresse
ivre du soudard
plutôt que d'endurer, douloureux et chronique le mal des ronds de cuir
affublant tes douaniers au niveau du fondement.
Souffre donc autrement que nos rats et bouffons te distraient de tes douces habitudes,
de ton bien penser, de tes fêtes fleuries de tes têtes bien faites, de tes baveux héros,
de tes animaux de compagnies et sache que notre apparent mépris est plein de bienveillance.
Il est la croute d'argile qui protège de la bave assassine, le poisson de tes lacs.

Aussi, quand nous te dévisserons la tête pour déposer dans ton cou nos sentiments les meilleurs,
nous travaillerons, c'est promis à te rendre moins taciturne.
Ton teint sera plus rose sur notre fond de grisaille. Et même le cou serré, virant au violacé, tu auras meilleure mine.
Dépouillé de tout fard, empaillé de toutes parts,
un bon boisseau de paille remplacera sans peine tes inutiles entrailles et tu seras plus beau et ton poil plus brillant ...

Certes
, nous te souhaitons du mal sans pitié ni remords. Nous te voulons plus
mort que vif, nous te rendons l'image que tu nous as fait porter. Mais
il est de bonne guerre que toi et moi partagions cette douce sensation
de voir ton avenir épinglée sur une page.
Nous honorons ton zèle et tes efforts pour nous garder près de ton cœur.
Les pierres que tu nous jettes font les murs de nos temples, tes geôles sont accueillantes, sois-en remercié.
Comtois, tu nous voulais, Comtois, tu nous auras.

De tous pays déjà où nos cavaliers errent, tous se mettent en route émerveillés par l'accueil dispensé à nos frères


Allons compagnons !
Lubrifions avec générosité les manches de nos balais, musclons-nous bien le coude!
Œuvrons
avec ardeur. N'ayons de cesse avant d'avoir arraché à nos hôtes, dans
un râle d'agonie, la satisfaction du devoir accompli, l'aveu coupable de
leur forfaiture sédentaire et pantouflarde!

L'Hydre... fallait pas l'inviter....
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labaronne

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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Ven 1 Avr - 1:55

Zephirin a écrit:
Ralentissant le pas, l’artilleur releva la tête à quelques voix qui s’élevaient autour d’une affiche. Pivotant lentement en fronçant les sourcils, il s’avança et écarta du bras le notable qui faisait lecture à voix haute pour un auditoire crédule et captif.

Pardon, je peux ? Merci…

Relevant un peu le nez sur l’affichette en plissant les yeux, il grommela et incapable de lire, décida d’arracher le parchemin pour pouvoir le lire convenablement. Après quelques lignes à marmonner, il s’arrêta et releva la tête pivotant vers le petit groupe.

Qui a affiché ça ? Hein ? Vous l’avez vu ?

Voyant un homme faire un pas vers l’avant, celui-ci pointa nerveusement le coin droit au pas du parchemin.

Quoi ? C’est quoi ça ?
Le nom de l’entreprise m’sieur.
L’entreprise de quoi ?
Ben, l’entreprise de coursiers qui a fait l’affichage m’sieur .
Comment ? Y’a des entreprises pour ça maintenant ?
Oui !!! Et c’est efficace ! Vous savez mon beau frère travaille pour une…
Oui oui.. c’est bon..je..fermez-là. Ils ont un bureau en Franche-Comté ?

Voyant les quelques badauds hausser les épaules et s’interroger entre eux, l’artilleur roula les yeux.

Et c’est quoi cette compagnie ? Vous la connaissez ?

Regardant dans les airs à la recherche d’un quelconque volatil, il ramena le regard sur l’homme du beau frère.

Ils font comment ? A pied ? Par oiseau ? À cheval ?
Par cheval m’sieur. Des coursiers. Ils passent à heure fixe, c’est très moderne et rapide. Vous trouvez un panneau avec ce logo et vous attendez. Et sur la capitale, y’a même des abris pour les jours de pluie !!

Soulevant un sourcil, le colosse artilleur resta silencieux un moment. Bon sang, ce que le monde changeait depuis les dernières années ! Se grattant un peu la tête, il pivota à nouveau et réafficha le parchemin.

Bon..euh..vous.
Moi ?
Oui vous.
Non, non..pas moi. Je..j’ai pas envie..non..je vous en prie…j’ai une famille et je..vous savez..les chevaux..je sais pas faire..et..je..
Lui posant la main à l’épaule, il le toisa pour le faire taire.

Dites à votre beau frère de porter le message suivant
Oh..des notes mais..je..sais pas…
Non ! Écoutez ce que je vais vous dire.
Dites à lui bien de porter le message suivant à l’Hydre. Comme il sont clients, il doit bien y avoir un système pour retracer et suivre les colis hein ? M'enfn...

Que ceux qui nous dévisserons la tête, ne sont pas encore nés et que le dernier qui a voulu nous faire ouvrir les cuisses marche encore le menton haut avec son étendard enfoncé au séant. Que ceux qui s’y pointeront repartirons les pieds devant, l’arme à gauche et le teint un brin plus pâle et que la froideur à leurs mains ne sera nullement l’effet de la température. Le sol Comtois ils veulent ? Le sol Comtois ils auront. Oui. Une bonne couche de sol Comtois par-dessus la fosse commune ou seront empilée leur dépouilles. Zéphirin Blaireau.

Compris ?

Euh je crois que..oui.
Assurez-vous que le message soit livré compagnon.
Oui, ils exigent une signature.
Ah...euh..QUOI ?
Une signature. Celui qui reçoit signe comme quoi il a reçu.
Et..mais si votre beau frère se fait capturer ou encore pendre ou décapité après avoir livré le message, comment nous aurons la signature ?

Se passant nerveusement la main à la tempe, l’homme hésita longuement, pensif.

Mince..vrai que…c’est pas encore…tout à fait..
Arfff…filez ! Allez ! Dites lui bien…ensuite...nous verrons.

Le regardant partir à la course, l'artilleur secoua lentement la tête en grommelant avant de reprendre son chemin.

Psfff ! Une signature maintenant ! Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas inclure un post scriptum du genre : Et n'abattez pas le messager ! Sapristi..n’importe quoi...
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Fernand
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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Ven 1 Avr - 3:20

(chouette! zéphirin! Wink )
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Galovert

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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Ven 1 Avr - 6:10

Lothilde va pas tarder à arriver Cool
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Nenuphar

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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Mar 5 Avr - 23:12

--Billet a écrit:

Son nom, c'est Billet, il est petit, plat comme une limande, rien ne l'arrête, il se glisse partout....

Réagissant avec célérité au son caractéristique de l'arrachement, le préposé de service fluet à qui personne ne prêtait jamais attention, extirpa sa maigreur de derrière le panneau et s'insinua avec une habileté reptilienne entre les épaules paysannes, les aisselles parfumées des bourgeoises, les galoches à plumes des artisans et les extrémités coupantes des gens d'armes.

- Bardon....
- Bardon...
- Exgusez-boi...
- Bardon....

(Oui, il édaid un beu enrhubé....)
Il se passa un doigt sur la langue, décolla un feuillet de la pile, visa l'emplacement vide et se figea consterné.
Quelqu'un avait reposé la missive à sa place......
La belle bouche barbue de Billet béa et laissa couler un beau filet de bave dubitatif. Voilà qui était tout à fait inhabituel.... et méritait d'être consigné dans un rapport de douze pages avec étude d'impact sur le service clientèle..... ou pas.....
L'homme resta donc un instant bras ballant puis s'en fut par où il était venu, ou à peu de chose près, en se coulant entre les badauds qui se serraient sur la place.
- Bardon....
- Exgusez-boi...
- Bardon...
- Bardon....
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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Mar 5 Avr - 23:20

A déposer en Franche-Comté, merci Nenu
Le Cramailliot a écrit:
"Le Cramalliot" (faut pas oublier le "Le" sinon c'est pas un Francomtois) qu'on l'appelle un pur Comtois de souche aussi fort qu'un cheval comtois mais aussi "daubot" aussi.
Il s'est trompé de câârré et est allez poser ses bouses à l'hydre !
Un Comtois contre un Comtois ! on se demande s'il ne va pas se faire fumer lui-même ou alors... il en veux très fort à la Madeleine....

Comtois rends toi ! dit l’hydre
Nenni ma foi ! Réponds le franc-comtois !

A c’t’heure-là, t’as meilleur temps d’écouter l’sieur Fernand
P’tit ch’ni de Comtois tu finiras dans not’ pelle à ch’nis ! promis !
Tu vas te prendre une rabasse
Dont t’as même pas idée !
Ça va pleuvoir comme vache qui pisse !
Et si tu chopes la mort
C’est pas parce qu’il fait cru
Ou qu’y a un air à décorner les bœufs
C’est qu’t’es au mileu de l’a câââârée
T’avais qu’à pas r’beuiller toute la journée
Tu l’as mérité ta bonne talmeuche !
Faut pas nous prendre pour des beuillots
Et encore moins pour des daubots !
Oui, on va faire du rafut
Et tu pourras nous traiter de sale mûûrie
Tu s’ras gaugé de toute façon !

Reste donc dans ton trou perdu
L’trou-du-cul-du-monde !

L’hydre elle est toujours sur les 4 chemins
Et c’est pas vraiment pour faire du bien !

Tu finiras dans not’ tuyé, celui de l’hydre
Y fume les meilleurs jambons…
Evidement ! ce sont les tiens !
S’pèce de saucisse !

La Madeleine depuis qu’elle fréquente l’ Fernand
A dégouliné en cancoillotte
La bonne-amie au Fernand
Se les gèle …
Dans sa maison y fait fin cru
Va falloir y foutre le feu
Pour réchauffer la vieille !
Quelle idée de fricoter avec l'Fernand !

Et …
C’est pas parce que tu ne parles pas comme nous
Qu’on n’a pas le droit d’utiliser tes expressions !
Cré vingt Dious !

Signé : le cramalliot (qui veut dire pissenlit évidemment)
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Nenuphar

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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Jeu 7 Avr - 0:33

Zephirin a écrit:



Redressant le cou, l’artilleur plissa le nez en entendant un crieur se mettre à faire entendre des âneries dans un dialecte qui était pourtant du coin. Qui voulait mourir si jeune à venir haranguer des Comtois ainsi sur la place publique ? Pivotant lentement en secouant la tête, Zéphirin entreprit de remonter la place en se faufilant entre les curieux qui commençaient à grogner contre celui qui avait pour eux, de coquets...mais pas gentils mots.

Se grattant un peu la tête en voyant un autre maigrelet, il roula les yeux. Encore un de cette foutu compagnie de courrier. Poussant doucement une paysanne qui battait des cils devant le poète en portant un chétif agneau à ses bras, le colosse hocha la tête en souriant timidement.


Veuillez m’excuser demoiselle…

S’arrêtant devant la caisse de bois qui lui servait de scène, l’artilleur croisa les bras en soulevant un sourcil et le laissa signer son œuvre.
Le voyant faire révérence sous les seules applaudissement de la conquise, Zéphirin l’attrapa par le collet et le tira en bas de sa caisse, lui arrachant des mains son texte en le trainant vers la paysanne. Tendant le parchemin à la bergère qui étira hésitante le bras, le large officier s’arrêta en la toisant.

Vous aimez ? Tenez…il vous le donne. En allumant le feu ce soir, ayez une pensée pour ce pissenlit !

Pivotant en vitesse en posant une main à la nuque de l’hydrique poète, l’attrapant ensuite par son ceinturon au bas du dos, Zéphirin décida de s’ouvrir un chemin à la foule en se servant de la tête de son concitoyen Comtois.

Pardon ! Oui..oups..aille!!..désolé…oui..pardon ! Surtout ne vous poussez pas..désolé ! Arfff..ouille…arff..pardon l’ami. Madame…bien à vous !

Une fois un peu plus loin, le sénéchal se mit à siffloter avant de chanter se dirigeant vers la herse.

Vous souvient-t’il, disait à sa bergère
Un troubadour amoureux et jaloux,
Vous souvient-t’il de la barque légère
Qui emportait nos amours sur le Doubs.


Lui envoyant la tête dans un tonneau sans faire ….exprès, il le releva en esquissant une mine inquiète.

Rhoooo….Ça va ? Je suis désolé. Vraiment…

Lui pressant aussitôt à la nuque, il reprit sa chanson en poursuivant sa route..

Ah ! Quelque jour, malgré l’onde en furie,
J’espère encore embrasser vos genoux.
Que l’onde est bien l’image de la vie,
Qui passe et fuit comme fait l’eau du Doubs.


Hochant la tête aux gardiens de la porte qui le regardaient passer pantois, l’artilleur se prit à sourire à sa chanson..

L’onde, il est vrai, reflétant votre image,
Doublait pour moi les charmes les plus doux
Je bénissais le fortuné rivage
Et le vallon que caresse le Doubs.


S’arrêtant au centre du pont-levis, Zéphirin releva d’un coup la tête du maigrelet et termina sa chanson de bon cœur en le regardant dans les yeux.

Oui, tout s’écoule, et jusqu’à l’existence
Tout doit finir, parents, amis, époux.
En attendant, répétez ma romance
Toutes les fois que……


Serrant les dents, l’artilleur poussa fortement l’imposteur dans le vide en étirant la tête pour ne pas manquer sa chute à l’eau en murmurant la fin de sa chanson.

…..vous verrez le Doub.

Se frottant un peu les mains en tournant la tête vers l’horizon, il chercha quelques signes de menace mais n’y remarqua rien. Posant le pied en bordure du pont, il regarda l’ablette se débattre à l’eau et haussa le ton à son intention.

Tu veux j’vide un peu avec un pochon ?? T’as meilleur temps de te mettre au sec la murie, c’est toi qui est gaugé là !
Retourne à Paris pauvre daubot !


Froncant un peu les sourcils, il se passa le revers de la main à la bouche avant de pivoter et de revenir sur ses pas en grommelant

..avec les compliments de la maison. Le Zephirin.
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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Ven 8 Avr - 5:48

--Miss_yves a écrit:
La fluette Miss Yves ressemblait à son colis, la laine en moins. Filiforme et osseuse, comme le chétif agneau qu’elle portait dans les bras, presqu’aussi blanche. L’agneau était le colis qu’elle devait livrer à un certain dompteur de moutons sauvages de la compagnie de L’Hydre. La livraison intra-comtale étant garantie en moins de 48 heures, il lui restait encore un peu moins de 47 heures, autant dire largement le temps.

Bougez avec le service postal de l’Hydre ! C’était ce que leur chef ne cessait de leur répéter pour augmenter le rendement du service. La pause ne faisait donc pas partie des habitudes de la maison, mais en entendant le poète déclamer à la gloire de l’Hydre, elle s’était arrêtée pour l’écouter jusqu’au bout. Fascinée par tant d’aisance, elle n’avait pas pu retenir ses applaudissements. C'est alors qu'un colosse lui avait tendu le parchemin écrit de la main du Cramaillot et n’importe quel observateur aurait pu voir son teint diaphane se teinter légèrement de rose sous l’effet de l’embarras. Puis elle était redevenue transparente au milieu de l’attroupement.

Alors le géant avait attrapé le poète et s’en était servi comme bélier pour se frayer un passage à travers la foule et avait fini par le jeter dans le Doubs. Miss Yves s’était sentie impuissante. Cet homme n’avait assurément aucune sensibilité artistique et elle était tellement discrète qu’elle n’arrivait jamais à extérioriser ses sentiments.

A l'intérieur, elle était révoltée et comptait bien se rebeller à hauteur de ses capacités. Heureusement Miss Yves n’était pas timbrée, c'est-à-dire qu’il lui était impossible d’attaquer de front le colosse - il risquait de l’envoyer en express grignoter les pissenlits par la racine - et impossible aussi de repêcher Le Cramaillot - elle était bien trop maigrelette pour ça.
Non, elle ferait ce qu’elle savait faire le mieux, ce pourquoi elle recevait salaire. Elle avait décidé de placarder le parchemin du poète sur cette place publique. Satisfaite et déterminée, elle trempa l’agneau dans le bitume et elle le colla fièrement à coté du premier parchemin.
Miss Yves était fine certes, mais un peu étourdie aussi


Le service postal offre parfois des surprises.
Ce jour là le comtois trouvera à honnir,
bêlant en plein milieu de sa place publique,
un nouveau mouton noir avec une tête de bique.


- Bêêêêêêêê…


--Billet a écrit:
un bruit de badigeon,
un choc mou, un grincement dans le grand panneau ...
voilà ce que perçut, du fond de son abri, l'insignifiant Billet.

- Bêêêêêêêê…

plic!plic.....

Des petites goutes noires et épaisses lui perlaient sur les pieds..
Se déplaçant en crabe derrière la parois, Billet jeta un œil de côté et tomba nez-à-nez sur un drôle d'oviné.
L'offusqué freluquet s'extirpa tout à fait de son poste d'attente et vint placer sa face devant celle atavique de l'étrange bestiole.


Ploc! ploc....

Adhérant au bitume, de petites crottes noires se collèrent sur ses pieds comme des petits pompons .
Ainsi paré, au milieu de l'agitation du monde, dans la bulle de fadeur et d'ennui qu'il générait de manière intrinsèque autour de sa personne, il faillit ne pas la voir....

Pâle, squelettique, diaphane, grise, presque aussi invisible que lui, ses doigts sales étant la partie la plus contrastée de son être....
Il se figea et tenta de l'appeler, mais le son qui sortit de sa gorge ressemblait à un froissement de tissu....

Bonjour.. je suis billet.... vous ... vous habitez... euh .. ici....?... gnnnnn......
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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Ven 8 Avr - 6:57

--Miss_yves a écrit:
Transparentes à l’état naturel, les joues de Miss Yves passèrent par différentes teintes en quelques secondes.

Roses.
Elle venait de réaliser sa bévue et n’osait pas lever la tête pour affronter son acte de rébellion raté. Son colis ne serait jamais livré, son chef allait lui passer un sacré savon. Immobile, elle regardait le sol, espérant que personne ne la remarque.

Pivoines.
Un détail pourtant attira son attention : des chausses à pompons ! Jamais de sa vie elle n’avait vu paire de chausses aussi originale. Et c’est ce moment précis que le propriétaire des pieds qui y logeaient choisit pour se présenter. Elle ne comprit que son nom.

Écarlates.
Il était figé et son air pétrifié lui plut immédiatement. Elle voulut lui tendre la main mais elle réalisa que ses doigts étaient collants de bitume…

Cramoisies.
C’était un jour particulier, celui des grandes décisions. Sa question lui échappa dans un souffle.


Billet d’où ?
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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Ven 8 Avr - 6:58

--SieurFernand a écrit:
En approche, à plusieurs centaines de lieues d'ici.... et 3 bonnes douzaines d'heures plus tard... oui, l'aller-retour, vous savez...

- Comment ça une réponse? Faut-il que les panneaux d'affichage publiques s'expriment maintenant?

Assis à son bureau pliant, Fernand regardait d'un œil mauvais le petit teigneux tout maigre, tout propre sur lui, avec le cheveux gras et sa mine de douanier en attente de promotion interne par redressement de la colonne à l'aide d'un pal mal dégrossi.
Il détestait les douaniers, mais ces types-là, avec leur gueule perfide qui lui rappelaient celle du sergent .... Il était peut-être temps d'organiser une bonne purge dans cette organisation insensée....
Il reporta avec effort son attention sur les propos du messager qui continuait à parler.


- ... profitez de l'option de suivi de courrier. C'est écrit ici sur le contrat, m'sieur.
"L'expéditeur à demandé à être informé dés réception de son message."
- Je n'ai jamais demandé ça...
- En effet... Mais il est noté ici que vous avez manifesté un doute quant à la la livraison de votre message m'sieur, ce que nous avons assimilé à une demande de suivi.


De quoi j' me mêle espèce de trou du ...

- Comme c'est aimable de votre part....
Donnez et barrez-vous!

L'employé tendit la missive qu'il recouvrit d'un feuillet :


- Vous voudrez bien signer le bordereau de réception, m'sieur
... l'expéditeur à demandé à avoir une confirmation de...
- Pourquoi n'est-ce pas la même entête sur le papier?
-
Une facheuse affaire de concurrence déloyale, m'sieur. On a capturé un individu qui portait le message et on l'a torturé.

Fernand regarda le gringalet par dessus le feuillet....


- Vous avez fait ça, vous? avec vos p'tits bras?
- Oui, m'sieur, enfin pas moi tout seul, mais c'est que nous sommes un service organisé.
- Je voudrais parler à ce messager....
- Ce n 'est pas possible hélas, m'sieur, on l'a pendu et puis on l'a décapité.
- Ah oui, vraiment? Dans cet ordre, vous êtes sûr?
- Eh bien imaginez la difficulté de l'ordre inverse.....
- Oui, oui.... vous êtes du genre terre à terre, vous , pas vrai?

- L'efficacité est notre devise, m'sieur
- C'est étrange, je ne me souviens pas d'avoir entendu parler de vous auparavant,

Le messager lui répondit avec un sourire poli et muet comme s'il s'agissait d'un compliment.
Fernand lui rendit son sourire qui contenait une promesse létale.

- Bon, c'est qui...

Il lut.....

- Zephirin.... Tiens? Il est de retour au pays, celui-là?
.... Pourquoi faut-il qu'un comtois couillu soit toujours un comtois en exil, ou qu'il se soit fait genevois?
Vous allez porter cette réponse .....

Il prit un nouveau parchemin et écrivit:


Citation :
Au blaireau,

Sache que le sol comtois nous convient, tout comme sa tourbe et ses racines et même ses pissenlits. Qu'on nous y enfouisse! Nous germerons comme la vermine. Et nous vous grignoterons les orteils par le dessous. La mort est douce et la vie aussi.
La roue tourne et le hasard commande. Un jour nous nous croiserons et je te dirai sur toi-même une chose que tu ignores et tu trouveras à poser sur le temple de ta colère, plus noble trophée que nous. Et tu chériras le parfum de la fosse où nous mêlerons nos charognes.

En attendant ce jour, puisse le vent siffler entre tes deux esgourdes sans rencontrer d'obstacle!


Fernand
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Nenuphar

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MessageSujet: Re: L'Hydre, Fallait pas l'inviter.   Dim 10 Avr - 10:58

Zephirin a écrit:



Passant devant des hommes terminant d’installer un petit écriteau, l’artilleur releva la tête. SNCF, le Syndicat national des coursiers de France. Et ben ! Cette compagnie de coursiers avec qui il avait fait affaire devait bien être représentée à cette enseigne. Plissant un peu les yeux en observant le bâtiment, il s’excusa auprès des travailleurs et poussa la porte entendant du coup sonner une petite clochette. Relevant la tête en voyant le mécanisme, il se surprit de l’ingéniosité de ces gens. Curieux, il resta le nez en l’air en refermant la poste voyant cette fois sonner la clochette au passage de la porte.

Bonjour Bonjour ! Bienvenue au SNCF dont le slogan est : Nous traverserons le temps, toujours plus vite ! Comment puis-je vous aider aujourd’hui ?

Relâchant la porte, en pivotant doucement, il jeta un œil à l’homme qui tout sourire attendait réponse.

Euh..oui..bonjour. Je..me demandais si vous connaissiez le service postal hydrique ?
Bien sûr ! Notre dernier adhérant, et ils sont agressifs hein !
Ah..et euh..je voulais savoir si je pouvais avoir un..enfin..ils m’avaient promis un suivi sur un…
Message écrit ?
Non, service vocal.
Bien, vous aviez le service Or ?
Euh..je..non..je crois pas.
Numéro de commande ?
Ben non..je lui ai donné dans l’oreille.
Hummm..bon..je vais devoir regarder dans le livres des visages. C’était un gazouillis ?
Euh..Un quoi ?
Un message de moins de 140 caractères ?
Bon sang ! J’vous dis que c’était le service vocal !
Son nom ?
Au gars ? Je sais pas, c’était le beau frère d’un..

Se voyant balancer un lourd bottin avec la mention Facebook, Zéphirin recula d’un pas en écartant des yeux.

Oh !! Vous faite quoi ?
Ben, retrouvez à quoi ressemblait votre gars dans ce livre de visage et dites moi qui il est. Comment voulez-vous que je retrace si vous n’avez rien à me donner ?

Se retournant en entendant la clochette, Zephirin observa l’homme poussiéreux déposer un sac au sol.

La livraison du jour ! Les formulaires de retour, les missives et le reste ! Ça va ? Tiens, un coursier en moins, faudra le rayer du livre et un courrier avec la note.

Attrapant la note, le préposé releva la tête vers l’artilleur.

C’est pas vous ça ? Zephirin Blaireau ?
Ouii ! C’est moi ? Alors ? Il a eu mon message ce con de Fernand ?
Ça vous fera 12 écus.
Quoi ?? 12 écus pourquoi ??
Vous aviez pas l’assurance colis.
Mais non ! C’était le service vocal !! Vous êtes sourd sapristi ??
Le messager a été décapité et pendu. La facture de la corde revient donc à l’envoyeur.
Attendez, y’a erreur là ? Vous avez dit, décapité puis pendu ?
Oui m’sieur, c’est-ce qui est écrit sur la facture.

Tapant lourdement sur le comptoir, l’artilleur explosa.

NON !!! NON ET NON !!!! Je refuse de payer la corde d’un gars qui était déjà mort avant qu’ont le pende !! C’est de la facturation abusive et non justifié !!
C’est pourtant ce qui est écrit m’si..

Passant vite le bras au dessus du comptoir en accrochant le maigrelet par le cou, le colosse Comtois le ramena devant son visage et grommela.

Écoutez-moi bien petit merdeux, je vais ne pas payer pour cette corde compris ? Il a eu mon message ? Bien. Il m’en a retourné un ? Bien. Alors…donnez le moi et retournez la facture à Fernand ! Y'avait qu'à pas le pendre !!!

Lui arrachant la missive des mains, il le relâcha de son coté du comptoir. Déroulant lentement la missive en regardant le livreur qui était figé, il grommela.

Quoi ? C’est devenu quoi ce foutu domaine ?? Faudra bientôt assurer le colis et le messager ?
La couverture Or vous couvre contre ce genre de désagréments m’sieur.
Psffff…

Faisant lecture de la missive, il termina en fronçant les sourcils.

Dediou, ils vont venir quand même..bon.
Vous voulez profitez de l’offre du jour ?
Hein ?
Avec un retour de réponse dans les 12 heures, c’est moitié prix sur l’assurance.
Allez au diable oui ! J’vais écrire le message, et inclure la corde la prochaine fois. Je l'ai au prix du gros ! J'ai ma carte de l'entrepôt de la corde du port de Luxeuil.
Bien. Comme vous voulez m'sieur. Bonne journée M’sieur.
S’éloignant doucement, il ouvrit la porte et tourna la tête au son de la clochette.

Oui.c’est ça. Bonne journée.
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