L'Hydre


 
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 {RP] Que le Gd Cric me Croque

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Attila

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MessageSujet: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Sam 31 Juil - 20:46

Attila_caligula a écrit:
C'est la nuit tombée depuis un moment. La brise est si molle que la silhouette ventrue du Grand Croque peine à s'amarrer dans le port endormi. Jules à la barre active la manoeuvre pour éviter de "rayer la putain de coque", comme le fit si élégamment savoir le capitaine en titre: l'Ysengrin.
A part quelques ordres lancés au vicomte ou à Crochette pour amarrer et ramener la voilure, le silence est lourdement pesant. Tel un vaisseau fantôme, toute lanterne éteinte, le Grand Croque finit de s'immobiliser et abat la passerelle pour débarquer son équipage sur la jetée. Un homme, massif et immobile, attend les pieds bien écartés.


- Bourgogne! Je n'aurais jamais cru que ta sale gueule pourrait me manquer!
- Mon vicomte, jamais j'aurais cru trouver votre voix si mélodieuse.
- Ouais ouais, passons sur les retrouvailles ou on va croire qu'on est en couple!"
grogne le vicomte en touchant terre. "Ne me demande pas comment est Rouen, je n'en ai vu que les clochers. Quelle misère! J'ai l'impression d'avoir troqué mes poils pour des écailles.
- Comment est Rouen?
- Ta gueule! Donne moi les nouvelles.
- Quel ordre d'importance?
- Commence par ceux que j'aime, ça ira plus vite.
- Votre épou... votre future femme est... on ne sait où. La rumeur la prétend en fuite. A l'étranger.
- Rhaaaaa.... je me marierai donc jamais !
- Bah quelle idée aussi.
- Ta gueule. La suite.
- Coatmeur pareil... toute la tribu a filé... Myr.. Sa Majesté Myrlin a laissé entendre qu'il quittait les affaires!
- Hein? Qu'est ce qu'il lui prend?
- L'abruti de service, savez... celui qui ressemble à Dragonet chez nous... passe son temps à le faire tourner bourrique...
- Ben faut le foutre en pal, ca lui mettra du plomb dans le... euh dans le fondement.
- Pas trop la manière de faire de Myrlin.
- Héhé... c'est pour ça que je suis content d'être de retour tu vois... En mer, on devient philosophe, presque poète... tu parles! Rien d'autre à foutre qu'à regarder les mouettes et l'horizon. Alors qu'ici, tout te ramène vers les bassesses les plus viles, tout est prétexte à céder avec délice à la colère, à la mesquine méchanceté, je me sens revivre! Un Tadelle, c'est du pain béni. Plus on tape dessus plus il en redemande... et avec le sourire tant il croit que ça lui donne l'avantage.
On va lui arranger son sourire à celui là. A coup de talon!
- Ah je vous retrouve mon vicomte. Et la petite... elle a l'air taciturne.
- Crochette.. oui, on a eu un peu de casse... Dao... on a du le laisser aux bons soins des petites soeurs des pauvres.
- Il était fauché?
- Il s'est fait faucher! Trois belles guisarmes lui sont tombées sus. En ont fait un tas de chairs sanglantes. La petite a tout vu, elle était juste derrière lui. Ils commençaient à bien s'entendre... Ce n'est pas le moment d'aller lui faire ton sourire de piège à ours.

Tout en devisant comme deux soudards de retour de campagne, les deux hommes s'éloignèrent, Bourgogne portant le havresac du vicomte, vers les maisons du front de mer.


Dernière édition par Attila le Sam 31 Juil - 20:48, édité 2 fois (Raison : couleur)
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Sam 31 Juil - 20:46

Vassilissa a écrit:
Rentrés. Ils étaient rentrés.
Accoudée au bastingage, seule sur le navire désert, Crochette naviguait toujours. Ses yeux bravaient l’horizon et ces côtes normandes qu’il faudrait de nouveau affronter tout bientôt.

Sur le quai, les silhouettes du vicomte et de Bourgogne s’éloignaient dans les ombres, en devisant gaiement. Leurs voix s’éteignaient dans le soir, laissant le silence reprendre ses droits sur les secrets du port.
La blonde était immobile. Personne ne l’attendait, elle, dans cette ville. Pas de sergent bougon, pas de servante acide, pas d’amis, de famille.
Son homme était resté sur une plage normande.
Là-bas, au loin, dans ce duché acide qu’ils avaient voulu prendre, et puis qu’ils avaient pris.

Partis à sept, ils revenaient à quatre, et on appelait encore ça une victoire…
Au dessus de sa tête, bien plus haut que les nuages, elle croyait entendre le Dode dans le fracas du vent et des vagues.


- Une guerre, Vassilissa ? C’est toi qui as trouvé ça seule, ou bien ? Il ricana. Non, sans doute pas… Tu ne vois pas assez loin pour ça. Mais quand même, si ça devait en arriver là… Tu m’aurais moins déçu que les autres fois.

Elle croyait deviner son regard plein d’envie, sa grimace d’espoir sur son visage livide. Une guerre, il fallait au moins ça. Pour faire sourire ce vieux spectre grinçant, pour que brillent ses yeux sans vie… Il fallait le chaos et son cortège de morts. Les soldats qui hurlaient en courant à l’assaut, les femmes qui criaient en voyant la fumée.

- T’es content, hein, le Dode ? Il marche bien, ton plan… La guerre pour tout raser, pour les laisser pant’lants… Assez faibles et meurtris pour qu’on vienne les cueillir…

Elle eut un sourire un peu amer, et se détourna de l’horizon qui rougissait soudain.
Les lendemains ne s’annonçaient pas si faciles, et elle se sentait lasse. Une lanterne jaune s’alluma sur le port, la nuit tombait lentement.
Et la blonde rejoignit la cabine, où à la lueur des lampes elle étudia les cartes jusque tard dans la nuit. Où iraient-ils, après la Normandie ?
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Sam 31 Juil - 20:47

Attila_caligula a écrit:
[Port Salhydre, non loin de Tréguier]

- Je veux voir mes comptes!
- Allons vicomte, soyez raisonnable. Ce n'est vraiment pas le moment d'exhumer vos lingots. Ils sont bien au chaud. Je les ai fourrés dans un bas de laine, mis dans une boîte, scellé la cassette, enfouie, camouflée.
- Je veux mes comptes, bougre de bougre!"
Le vicomte de St Pardoux, baron de la Roche Canilhac, agité du bocal notoire, futur mari comblé et pirate occasionnel (ses ennemis disent même "du dimanche", probablement en raison de son manque d'assiduité à la messe dominicale), le vicomte, donc, tonne et s'époumone.
En face, un sombre, un obscur, un sans grade, un... comptable. Probablement futur surintendant aux finances, possible Pair de France. Il tremble un peu car pour l'instant, le poids du vicomte d'Ysengrin fait ployer sa frêle carrière de pousse cailloux -qu'on nomme aussi calculs et qui peuvent en effet vous coûter un rein- vers les zones grises de l'illégalité, de la fraude, étalée au grand jour de la place publique, celle des scandales. De ses longs doigts habitués à jouer de l'abaque, le clerc dessine des nuées de brouillard pour enfumer son client.

- Je vous assure que l'affaire Bête-en-Long dont mon épouse s'occupe va bientôt se calmer. Il sera alors temps de sortir du néant vos petites économies.
- VOus foutez pas de moi, j'ai 14000 écus qui rentrent. Je veux savoir où est ce "néant" dont ovus me parlez. A combien s'élève ma fortune aujourd'hui?
- Mmmh environ 2000 écus. Dont une moitié en cogérance avec la Capitaine Crochette.
- Et le mois dernier?
- Sensiblement la même chose, peut être un peu plus.
- Et le mois d'avant?
- Nettement plus. VOus avez paressé Votre Seigneurie.
- Evidemment crétin! Tu ne voudrais pas que je travaille tout de même? Et mes terres? J'en ai de belles en Limousie. Ce n'est pas rien, que me rapportent elles?
- Strictement rien.
- QUOI? Tu te moques, coquin! La Roche Canilhac est grasse et prospère, St Pardoux immense et opulente. Mes gens vivent bien, les maisons sont entretenues...
- Justement. Vos gains entretiennent ces terres, font travailler quelques pécores heureux et disparaissent ainsi inutilement. Si vous étiez un peu moins noble et un peu plus bourgeois, vous feriez travailler votre capital à votre service, et non pour engraisser "vos gens".
- Les bourgeois font ça?
- Les bourgeois amassent tout ce qui tombe de votre escarcelle. Il n y a que ça qui les intéresse. Et croyez moi, un jour vous leur tendrez la main pour avoir l'aumône.
- Ce jour là le sang coulera a flot, hu hu!
- Prenez garde que ce ne soit pas le vôtre, Hi hi!
- Insolent!
- Nenni, je pointe juste du doigt l'inefficacité de la noblesse avec son avoir.
- Pressurez, taxez, imposez, taillez, harassez, percevez que diable!!!
- Vos gens risquent de fuir chez Seigneur moins rapace.
- Il n y a donc aucune solution? Parlez moi un peu d'évasion fiscale, comme pour madame de Bête-en-Long. Je veux m'évader fiscalement! Evadez moi! VOus officiez au Louvre, même si vous êtes vil et méprisable, vous savez compter. C'est bien à cela que vous servez non ?
- Eh bien je discute avec les grandes fortunes de France, il est vrai. On... discute... je ne fais que ramasser ce qui tombe à terre.... Et puis je bois beaucoup, j'oublie au fur et à mesure. Très mauvaise mémoire, du coup il m'arrive d'oublier une retenue.
- Oubliez TOUTES mes retenues! JE L'EXIGE!
- Votre Seigneurie... il vous faudrait des revenus pour avoir des omissions de retenue. Quand vous n'avez rien, on vous prend tout.
- C'est complètement con!
- C'est pourquoi vous êtes pirate non ?
- Ah oui, ce n'est pas faux. Manquerait plus qu'on me taxe sur les revenus de pillage! Mais, et vos combines?
- Je préfère le mot "combinaisons"...
- ...combinaisons soit! C'est légal?
- Il n y a qu'une loi: Pas vu, pas pris!
- Dites moi, elle a quel âge cette madame de Bête-en-Long?
- Euh... 5 ans
- J'EPOUSE!
- ...d'âge mental! Mais elle est née au début de la Guerre de Cent ans.
- Ah! Fichtre!
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Sam 31 Juil - 20:49

Vassilissa, incarné par Attila_caligula a écrit:
BANG !

La porte explosa en éclat, tandis que la Blonde entrait dans la pièce, les joues rougies par la colère et la frustration. Elle donna un grand coup de pied dans les morceaux de bois qui jonchaient maintenant le sol :

- VIC !
Tu sais c’qu’ils osent faire, Vic, tu sais ???

Elle jeta un rapide coup d’œil au gratte-papier recroquevillé de peur dans un coin, et décida de l’ignorer superbement. Ce qu’elle avait à dire pouvait bien sortir du port et traverser la Bretagne, elle s’en moquait. Elle désigna son cheval attaché devant l’office, et qui fumait encore :

- J’ai traversé la Bretagne, Vic ! J’ai écumé les tavernes et les auberges de quatre sous… Et partout c’est l’Hydre qu’on accuse ! On est célèbres, Vic ! Paraît qu’on veut la guerre, le malheur des Bretons et la mort du Duché ! Paraît qu’on est allés jusqu’à fâcher le Roy…

Elle fit un grand geste et envoya valser une potiche qui se trouvait là.

- Tout l’monde cause et personne ne sait rien… Mais bordel, c’est un Grand de Bretagne qui nous a envoyés au casse-pipe là-bas ! C’est dans les caisses de ce foutu duché que repose notre or ! Ils sont où, hein, ceux qui nous ont d’mandé d’prendre ce château Normand ? Ceux qui veulent la guerre et qui l’disent pas tout haut, ceux qu’font porter l’chapeau aux premiers brigands v’nus ???

Elle jeta son foulard sur la table, parsemant les parchemins de petites tâches d’encre, et secoua ses cheveux.

- Tu veux que je te dise ? Ils ont rien sous leurs braies, ces Bretons ! Qu’des femmelettes. J’leur dirais bien tout haut, moi, c’que j’pense de leur manières de faire…
Ch’uis bretonne, moi aussi ! J’ai fait qu’obéir aux ordres, moi, et me v’la à m’faire cracher d’ssus pas la noblesse du coin !

Elle tendit un index rageur vers le comptable, qui n’en menait pas large :

- Alors que pour service rendu, on aurait du m’en filer un à moi aussi, de titre ! Ouais… C’est quand même pas rien, d’arnaquer un normand… et on a réussi. J’devrais être Madame De.
Et on n’a même pas gagné nos visas de citoyenneté ! Tu veux que je te dise, Vic ? On s’est fait avoir ! Le Breton est ingrat.

Le Vicomte n’eut pas le temps d’esquisser la réponse qui le démangeait, que les restes de la porte volaient à travers la pièce. Le cheval hennit de terreur. Un premier garde, moustachu, bedonnant, et l’uniforme frappé aux couleurs du royaume, se tenait droit dans l’encadrure.

- Vassilissa ! Au nom de not’bon Roy, nous t’emmenons en geôle. Récite tes prières, coquine, et à toute allure, car tes jours sont comptés !

Ils entrèrent à dix, armés jusqu’aux dents.
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Sam 31 Juil - 20:49

--Bourreau_Descoeur a écrit:
Elle venait d’avoir 18 ans
Elle était belle comme une enfant
Forte… Comme un ogre !


Debout dans encadrement, les bras croisés sur sa poitrine, Descoeur observait la gamine qui se débattait contre les soldats. Même privée de son épée, elle griffait et mordait comme une chienne. Sûr qu’elle devait savoir comment s’y prendre au lit, la garce, et comment rendre un homme fou furieux de caresses. Lui-même sentait ses braies le gêner quelque peu, comme il la regardait se démener de plus belle, face à un adversaire large comme trois fois elle.
Il dut reculer brusquement, comme le garde poussait un cri de rage et battait en retraite. Elle l’avait blessé, et sa joue saignait abondamment, parsemant le parquet de gouttelettes vermeil.

Elle ne prit pas le temps de savourer sa victoire. Les sourcils froncés et le regard sombre, elle recula un peu pour estimer ses chances. À ses côtés, le Vicomte grognait, montrant les crocs. Elle grimaça un peu. Elle doutait, il le sentait. L’odeur aigre de la peur mouillait son front pourtant si fier. Il jeta un regard au loup. Il avait l’air prêt à tout pour défendre sa Blonde. S’aimaient-ils, ces deux-là ?
Il porta la main à son cœur, touché par une mortelle pointe de jalousie. Il la voulait pour lui, pour lui seul, et entière.

Depuis qu’il était bourreau à la Cour du Roy, Descoeur avait vu mourir pas mal de demoiselles. Des brunes, des blondes, des belles ou des laides. Mais aucune ne lui avait inspiré tant d’envie, de désir.
On la disait dangereuse, imprévisible. La langue trop bien pendue, l’orgueil au ras des nuages.
De l’Hydre.
Elle avait soulevé des montagnes, avec la prise de Rouen. Des montagnes de protestations. Et le Roy avait proclamé sa perte.

Le bourreau passa sa langue sur ses lèvres devenues sèches. Elle se débattait de nouveau, avec des rugissements de colère. Le vicomte avait tiré l’épée et paraît comme il pouvait les assauts de trois hommes, tandis que quatre autres la faisaient reculer.


- Vic, on va y passer !
- Mais l’honneur sera sauf, ma Crochette. Foy d’Ysengrin !

L’affaire fut pliée en une poignée de minutes, sans que le bourreau n’ait grand chose à faire. On lui confia la Blonde, pieds et poings liés, les yeux noirs et assassins. Il saisit la corde, un sourire de victoire éclairant son visage mauvais.


- Tu vas me suivre, ma belle… Allez !

Il la projeta en avant d’un violent coup dans les côtes, et elle se mordit les lèvres pour ne pas crier. Comprenant qu'elle allait au devant d'un avenir brouillé, elle se tourna pour regarder ce qu’il advenait de son compagnon. Saucissonné comme de la mauvaise viande, il se tortillait sur le plancher en roulant des yeux furibonds, ses grognements à peine étouffés par un bâillon de laine. Elle fit un mouvement vers lui, mais la bourrade qu’elle reçut la remit dans le droit chemin.

- T’inquiète pas pour le chien, trainée, il s’en sortira seul . Par contre, si j’étais toi, j’commenc’rai à penser un peu à moi… T’es pas dans d’jolis draps, cette fois… Pas dans d’jolis draps…

Il l’emporta hors de la pièce, et les soldats quittèrent le port, laissant derrière le vicomte qui se consumait de rage en tentant de se libérer.
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Sam 31 Juil - 20:50

--Le_sergent_bourgogne a écrit:


Le sergent Bourgogne trouva son maître Ysengrin en train de se libérer. Ce n'est pas le manque de courage qui lui fit rater l'assaut des séides du prévost royal. Depuis longtemps Bourgogne avait perdu toute prétention à vivre. Une première fois quand il vécu sa première bataille, dont il revint légèrement timbré, comme bon nombre de survivants. Depuis ce jour lointain, tuer et mourir n'est plus un problème pour Bourgogne.
Une seconde fois quand le vicomte lui parla du Dodécalogue. Il n'avait pas compris grand chose, sinon qu'il ny avait rien à comprendre. Et puis le vicomte avait l'air de savoir de quoi il retournaitet il était tenté de le croire quand il sifflait entre ses crocs que l'église aristotélicienne était la plus grande fumisterie de ce monde.


- T'es en retard Bourgogne! Encore avec une ribaude? Ou une fiole de ma Poire?
- J'suis point jouvencel comme vous, mon Maître. Les bras sont encore assez forts mais ma goutte ...

Lamentable était Bourgogne à la vérité. Rouge comme passé à la vapeur, on entendait presque son coeur battre follement la chamade, et l'émoi n'avait rien à y voir. Le bonjomme était vraiment usé. Déjà vieux du temps des Saincte Merveille en Limousin, il n'avait trouvé qu'un sursis au service de l'Ysengrin.
- Laissez moi reprendre haleine et on peut les rattraper. La ptiote était encore en vie et sa voix était claire... Elle gueulait que ça faisait plaisir à entendre. Je connaissais pas "Chancre d'hémorroïde". Je l'ajoute à mon répertoire.
- Inutile! On arriverait trop tard. Ils vont la brancher au premier chêne un peu isolé.


Le silence tombe comme la hache du bourrel. Comme la sentence du Juge ou son martel de gonzesse qu'il croit investi d'une puissance surréaliste.

- P... Pirate!
- Oui, Pirate! Tu connais la chanson?

Le vicomte en se relevant ramasse son chapeau à large bord, mais au lieu de s'en couvrir, il le garde à la patte, ballante à son côté, alors qu'entre ses babines luisantes, s'échappent les paroles du chant qui s'éleva si souventes fois en mer.

" Le roi et ses pairs
Ont enfermé la reine,
A bord d'un bateau de plomb.
Nous naviguons, et par ses pouvoirs
Moi et mes frères vogueront.

Yo ho sur l'heure
Hissons nos couleurs.
Hissez ho, l'âme des pirates
Jamais ne mourra.
Yo ho quand sonne l'heure
Hissons nos couleurs.
Hissez ho, l'âme des pirates
Jamais ne mourra.

Il y a les morts il y a les vivants,
On ne peut fuir le temps.
Grâce aux clés de la cage
Il faut payer le diable
Et piller le levant.
Les morts ne peuvent pas faire voile vers les mystères
Du funèbre océan.
Mais nous ne sommes et soyons forts,
Et rentrons au port. "
(*)

Le sergent en reste coi. La petite, Vassilissa, Nitouche, Crochette selon les étapes de sa vie, lui était presque aussi chère qu'elle pouvait l'être pour le Leu. Puis son haleine de forgeron se suspend le temps de la mélopée, avant de reprendre avec un ronflement profond.
- Mon maître... on peut encore...
- Je suis fatigué Bourgogne.
- Mais la ptiote...
- Tout m'est effort sais tu? Je regarde ce tas de cendres qu'est devenu le monde. Ou peut être est ce mon regard qui a changé. Même toi, je te regarde, et je vois un cadavre animé. Les autres s'agitent mollement dans leur misérable petit appétit de vie. Ils ne vivent que par le regard qu'on porte sur eux. Mais ils puent la charogne autant que toi et moi. Qui sommes déjà morts. C'est pitoyable.
- Vicomte bon sang, vous aurez été morti sur le crâne...
- Ne fais pas l'idiot. Tu sais autant que moi à quel point j'ai raison.
- Mais vous allez vous reprendre allez! On vous connait! Vous êtes Ysengrin. Pensez à ...

Le sergent allait égrener quelques noms, Raspoutine, Alcyone, Aldaaregonde, Moirha, Ned, Mahaut, Lucky et tant d'autres, avant de réaliser qu'en effet la plupart était morts ou peu s'en fallait. Il lève un regard gris rouille vers le Leu, croise le sien, ambre mais éteint, frissonne en y lisant un vide impénétrable.
Et ne trouve rien à ajouter.

- On a fait notre temps ici Bourgogne.
- C'est sûr. Il y a eu de riches moments tout de même. Il peut encire y en avoir. J'en jurerais.
- Je n'en attends plus qu'un. Il faut qu'il soit "flamboyant"!
- Il y aura d'autres Crochettes...
- Ne dis pas n'importe quoi! Ce n'est pas parce qu'un foutu roitelet de france, le cul mal ajusté à un trône trop vaste, décrète la mort de Crochette qu'elle va mourir. Seul le Dode.... je croyais t'avoir parlé à ce sujet...
- Pour sûr vous avez dit des choses savantes... mais alors... elle va revenir?

Le vicomte n'a pas le temps de répondre, dehors un chanteur de rue qui a du entendre la chanson fredonnée reprend l'air à son compte pour aguicher le chaland.
- Tu vois Bourgogne, l'âme des Pirates jamais ne mourra.

(*) chanson de Pirates des caraïbes III
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Lun 2 Aoû - 18:46

Crochette a écrit:
--Le_sergent_bourgogne a écrit:



"Yo ho sur l'heure
Hissons nos couleurs.
Hissez ho, l'âme des pirates
Jamais ne mourra.
Yo ho quand sonne l'heure
Hissons nos couleurs.
Hissez ho, l'âme des pirates
Jamais ne mourra."*


(*) extrait d'une chanson de Pirates des caraïbes III

Le vent s'était levé, apportant avec lui ses paroles d'espérance. Elle chantait dans sa tête, sous le baîllon serré. À ses pieds, les lourdes chaînes de fer tintaient sur le pavé.
Bordel.
Ce n'était vraiment pas une façon de mourir.

Peu de temps après être sortis du port, un grand barbu, baraqué lui avait tendu deux papiers, avec aux lèvres un sourire en forme de victoire. Ses yeux la déshabillaient sur place, et elle avait rougi, avant de baisser le regard vers les fines écritures : "Le tribunal du comté vient de rendre son verdict dans le cadre d'un procès vous mettant en cause" C'était donc ça. "Vous avez été condamné à mort. Votre exécution aura lieu dans 3 jours."

BLAM

Pourtant, un mois avant, quand ils attaquaient les remparts du château, personne ne tuait encore pour quelques sous pillés. On payait, on dormait en prison, ou au pire on prenait quelques coups de bâton... Mais jamais on mourrait. Ses yeux sourirent un peu. Fallait-il que le normand ait les doigts crochus, pour que son argent vale la mort d'une petite douzaine d'hommes ! Ah, ils avaient bien fait de les choisir, ceux-là... Ils avaient bien fait de vider leur trésor...

Ainsi réfléchissant sous son baîllon de laine, Crochette s'en allait en suivant son bourreau.
Elle fut un moment avant de réaliser qu'ils l'emmenaient ainsi loin des murs de la ville. Elle roula des yeux, et puis voulut parler, mais la violence brute, encore, lui répondit. Elle ne put que grogner.

- Silence, catin ! T'as pas ton mot à dire, et on saura t'faire taire.

Elle n'avait plus rien dit. Elle avançait, tête baissée, en se demandant presqu'avec effroi ce qu'ils pourraient faire d'elle. Il semblait clair qu'il n'y aurait pas de gibet, pas de pendaison publique. Elle mourrait dans un coin, oubliée, inconnue, loin des siens, loin de tout.

Avec pour seul regard celui du grand bourreau, qui semblait juste attendre le sublime moment où elle le supplierait, lui, d'épargner sa vie... Il serait bien déçu.

- Halte ! C'est ici qu'on s'arrête ! L'endroit parait parfait !

Il éclata de rire, et son ricanement effraya les étoiles. La nuit devint plus noire, le silence plus profond. La Blonde tomba à genoux sur le sol détrempé, avant de s'effondrer, épuisée.
Au dessus de sa tête, les branches d'un grand chêne dissimulaient les nuages.
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Mar 10 Aoû - 6:44

Cataclop Cataclop Cataclop!

Le lourd palefrois du vicomte et la haquenée du sergent soulèvent leur lot de poussières et de gravier sur la route qui serpente au sortir de la ville. Bourgogne ayant menacé de partir seul, le vicomte de St Pardoux s'était ébroué en grognant et avait enfourché lui aussi sa monture à la poursuite de Crochette et ses exécuteurs. A croire que la Bretagne tolérait maintenant les incursions de la justice royale en ses terres. Les prétendus émissaires du Domaine Royal avaient probablement usé de subterfuges dignes des malandrins qu'ils avaient dû être auparavant pour s'introduire clandestinement en Bretagne.

- On leur tombe dessus en chargeant? Rien ne résiste à belle et lourde cavalcade!
- La "Furia Francese"! Ca me plaît! C'est une belle nuit pour mourir!
- Encore ces sottes idées?
- Je parle pour nos croques morts! Cette nuit est la leur! Epées au clair, ils ne devraient plus être loin.


Deux éclats d'acier pâle fendent la nuit comme des étoiles filantes. Aussi fines et clignotantes. Et le souhait qu'elles délivrent est un souhait de carnage. Alors que le vicomte pique des deux, laissant s'exprimer son "âme cavalière", Bourgogne en vétéran accompli, s'écarte un peu pour prendre de flanc d'éventuels renforts et semer un peu plus la panique dans la troupe de soudards françoys. C'est une chose de circonvenir un homme et une femme en faisant irruption dans une pièce exigüe et lourdement armés. C'en est une toute autre que de résister à deux cavaliers accomplis et bardés de bon fer Verdunois.

SANGRE Y CARNE!

Le "cry" du Vicomte déchire le lourd roulement de tonnerre des sabots sur la route. Les hommes de la prévoté sont réunis autour d'une lanterne aux reflets ocres et se préparent à se remettre en route pour quitter ces lieux où ils n'ont pas leur place. La lourde charge ne les a pas surpris. C'est la peur qui les pétrifie un instant. Il faut avoir survécu à pareille charge pour ne plus la craindre. Or ceux ci ne sont que de la prévoté. Pas des soldats, juste des cognes. La troupe s'égaye en tout sens, un Bec de Corbin se dresse, visant le poitrail armorié du Leu pour percer un coeur généreux. Erreur de novice, l'arme étant conçue pour faire choir plus que pour piquer. La pointe trace un sillon dans la spallière du vicomte sans la percer, et l'homme disparait sous les sabots du palefrois qui crachee des flots d'écume.
L'épée de feu Martial d'Ysengrin hache bras et poignets dressant coutelas et plommée et les cris résonnent joyeusement aux oreilles dressées du Leu. Ce dernier, ivre de massacre, s'en donne à coeur joie, piquant à la dextre, fauchant à la senestre, coupant à chaque coup un fil de vie si ténu qu'il ne le voit même pas. Que sont ils, sinon des ombres? Et pourtant une ombre peut engloutir même le flamboyant vicomte, telle celle qui arme son arbalète à rouelle, sans trouble autre que celui de bien viser. Et en finir avec cet assaillant qui vient de réduire sa troupe de moitié en quelques instants.
L'arme se lève et pointe vers le cavalier qui hurle et tue. C'est probablement le chef de la section car il est maître de ses gestes et ne tressaille pas, un ancien arbalétrier qui a probablement connu une ou deux campagnes. Il n'hésite pas et retient son souffle en visant soigneusement. Il sait qu'il n'aura pas de seconde chance.
A la vérité il n'en aura même pas une. Sa tête roule au loin. Bourgogne, surgi de nulle part, inaudible sur le bas coté de la route alors que le spectacle est si sonore à quelques toises, affiche un sourire de goule.

- La cavalerie lourde! Que serait elle sans quelques Chevaulégers? HARDI MON VICOMTE, ILS SE DÉBANDENT!
Et de fait, les deux derniers valides prennent leurs jambes à leur cou abandonnant armes et champ de bataille.
- LA VICTOIRE!" gueule l'Ysengrin en divisant par deux un crâne et le nombre de fuyards.
- J'ai bien peur que non mon vicomte, accourez!
Bourgogne, toujours auprès du cadavre sans tête de l'arbalétrier, a levé le nez, qu'il a pile à hauteur de petits petons charmants, qui tournent paisiblement dans une danse macabre.
- Crochette!


[HRP] A LJD Crochette de voir si ça lui convient. Crochette a l'air immobile, mais, qui sait? Un gémissement? Un râle? Sinon je peux modifier[/HRP]
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Mar 10 Aoû - 6:45

[ A Dieppe]

Le Juste se promenait, profitant du soleil de cet été naissant. Ce petit sentier longeant les falaises, balayé par un vent faible venant de la mer, chargé d'embrun et de sel, il le suivait depuis le début de la mâtiné. Sentant la faim se réveiller, il prit partis de se poser sur une roche plus accueillante que les autres.Un coup d'oeil à sa besace, il en sortit un pain et sa dernière bouteille de Chouchen, bien entamé. Il jeta un oeil noir au large, toujours aussi plat et sans voiles.

- Vic' vous avez intérêt à arriver bientôt, je manque de ravitaillement !

Il rompit le pain, et commença son repas sous le soleil a son zénith. Pensif, surement d'une humeur romantique il se pris a sursauter, lorsqu'une missive et son porteur interrompirent son déjeuner.
Il aurait sourciller si il l'avait pu.
Il dégrapha le seau, celui de la Normandie ces deux lions qu'ils avaient si bien pillé...


- Enfin des nouvelles !

Il déplia la missive, la déroulant. Une écriture fine l'informa:

Citation :

~~~~

Le tribunal a rendu son verdict, dans le cadre d'un procès vous mettant en cause.

~~~~

- Ils ont donc finis par trancher...

Il se leva son dernier morceau de pain à la main et repris sa route, cette fois ci en sens inverse.
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Mar 10 Aoû - 6:46

--Bourreau_Descoeur a écrit:
Appuyé sur sa hache, tourné vers le couchant, l'homme savourait tranquillement l'air du soir qui montait. Sa main habituellement calleuse se faisait maternelle, aimante, tandis qu'il caressait sans y penser le manche poli par les années :

- T'es la seizième, p'tite catin, que je tue pour le Roy... Pourquoi t'as pas pleuré, hein, pourquoi ?

Un fantôme en robe rouge, suspendu dans les branches, dansait dans les derniers rayons du soleil. Le vent sifflait dans ses cheveux, fredonnant une chanson funèbre destinée à elle-seule.
Lâchant brutalement sa hache, il se jeta sur elle, secouant son corps sans vie comme un vulgaire prunier :


- Tu devais finir à mes pieds, mam'zelle... à mes pieds !

Il sanglotait presque.
Elle était partie bien trop vite.
C'était comme une dernière pirouette, avant les regrets éternels. Le jouet était cassé avant d'y avoir joué.
Ses charmants dessous qu'il avait entrevus lorsque la bise légère avait soulevé sa jupe... Son dos qui s'était cambré sous la surprise de se voir mourir...
Il aurait voulu que ça dure vingt fois plus longtemps.
Mais elle s'était contenté de partir sans le voir, sans lui accorder un regard.
On aurait pu jurer qu'elle récitait ses prières, quand la corde lui faucha ce qu'il lui restait de souffle.


- Dran...

Son cri de terreur s'était éteint dans un seul râle. Ses yeux avaient cherché quelque secours au loin, son bras s'était levé... Et puis c'était fini.
Il l'avait giflée. Encore et encore.
Elle était partie tellement vite.

Ses mains dépassaient sa pensée, lorsqu'elles commencèrent à soulever la robe et à caresser la peau si pâle, et tiède encore, de sa cuisse. Il embrassa son cou en grognant, entreprenant de la dépendre.


- SANGRE Y CARNE !

Il avait mis un instant à comprendre que c'était bien fini. Qu'il avait fait son œuvre. Partout autour de lui, le sang giclait. Il ricana :


- Trop tard, il est trop tard...

Et d'un mouvement leste, il se hissa à cheval, en laissant derrière lui sa garde éparpillée. Il avait mieux à faire que les voir mourir. Et talonnant son cheval, il reprit la route du Royaume de France, avec un dernier regard pour la chevelure blonde qui dansait sous le chêne.
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Mar 10 Aoû - 6:47

Vass tournoyait.

La lumière était partout, et se reflétait dans ses beaux cheveux blonds.
Elle fermait les yeux, et dansait en musique. Une musique douce, lente, surnaturelle, qui descendait des nuages, apportant avec elle une petite brise qui jouait avec sa robe.
Elle souriait benoîtement.


- Non, Vass, ne va pas vers la lumière ! Viens vers moi !

Ses oreilles étaient de coton, et son esprit flottait au gré des quatre vents.
La voix de Dran, seule, la sortait du néant. Elle se retourna, le cherchant du regard.
Le champ des herbes vertes glissait à l'infini, ondulant au soleil comme une marée vivante. Ses jolis doigts si fins s'y emmêlaient gaiement, et il la regardait, toujours souriant :


- Viens vers moi... Regarde... Il y a la maison, les gosses, et puis le chien.

Le paysage s'effaça dans un flou artistique, laissant une chaumière avec trois poules devant. Dans le silence du soir, elles caquetaient gaiement.
Comme les cinq enfants qui approchaient maintenant. Ils étaient tous les cinq aussi bruns que leur père, sauf la petite dernière, aussi blonde que les blés.

La gorge de Vass se serra. Elle s'avança d'un pas, hésitant tant et tant. La ferme disparut. Il y avait juste Dran, et qui la regardait. Il lui tendait les bras, et elle courut vers lui. La musique reprit, au ralenti cette fois.

Et elle bascula dans le vide.
Quand elle ouvrit les yeux, elle vit les trois poules picorer dans la cour.


- Regarde, Vass. La maison, les gosses, et puis le chien.

Mais il n'était plus là. Elle se retournait, se retournait encore, mais ne le trouvait plus. Son cœur dans sa poitrine cognait comme une horloge, tapant chacun des jours passés trop loin de lui. Elle sentit d'un coup le souffle lui manquer.

Puis, tout, autour d'elle, se mit à tournoyer.
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Mar 10 Aoû - 6:47

Sa bure le grattais. Pas qu'il fut un bon vivant, tel un noble gras et dodu, mais cette bure grattais. C'étais la troisième nuit qu'il passait dans ce monastère. Et encore une nuit blanche. Et bien que les journées fussent chaude, les nuit restaient froide, m'empêchant de dormir dévêtu. Ce serait un coup à attraper la Mort, ce dont il se passait même si l'Ankou lui courait après.
Il saisit le courrier posé au sol, même dans le noir, il savait ce qu'il disait. Pour ne pas avoir pillé le Castel de cette trop fière Normandie, Il serait pendu. Les Normands seraient toujours des Normands, et son seul crimes avait été d'être un Breton visiblement...

Des bruits de pas se firent entendre. Déjà l'heure de la prière? Il suivait le bruits des pas autour du cloître. S'arrêter devant sa porte. Visiblement c'en étais bon. Il se levait déjà, remerciant Tristote de ne pas avoir dormi nu. Les mains dans le dos il attendit de voir un rayon de lumière provenant d'une torche faiblissante.

- La nuit est belle pour mourir vous ne trouvez pas ?

Tandis que le moines protestait vivement après mes propos, haranguant que nous étions dans la maison d'Aristote, symbole de l'amitié entre les hommes, deux gardes, Normands sans aucun doute l'empoignèrent chacun par un bras.

- Bonsoir Messieurs

Intérieurement il jubilait, enfin la fin de ce cauchemars Normand. Il allait pouvoir passer a autre chose, le gibet. On le sortis de la pièce puis du monastère. Surement un gradé, se tenais face a lui, huché sur un cheval. En militaire il ne put s'empêcher d'examiner la bête. Elle semblait faiblarde sur ses appuis. Surement de la cavalerie légère. Mais il n'oserai la monté au combat risquant de me retrouver au sol et mort a la première parade...

- Vous devriez changer de monture.

Sans un mot, on me mis un sac sur la tête. Dommage j'aurais aimé sentir la mer et les étoiles encore une fois, la dernière. Crochette l'aurait encore dis trop romantique à coup sur. Il fit le chemin ainsi, perdu dans ses pensées. Puis il sentit qu'on faisait halte. On le bouscula un peu, il sentit une corde rêche passé autour de son cou. On lui dis dans un murmure.

- Pour la beauté du geste.

Il ne comprenait pas. On donna l'ordre a mon escorte de faire demi tour, seul l'homme à cheval restait.


Je ne sais comment il s'y pris ,mais suite a la douleur de la chute qui se répercuta tout a long de son dos, le breton finit pendu, cagoulé, en bure qui grattais a un grand if. ses pieds touchant a peine le sol, mais ils touchaient... Si il s'en tirait il n'aurait qu'a déploré de sale brulure pendant quelques semaines au niveau du coup...
Normandie ou même les militaire n'exécutaient pas les ordres donnés...
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Mar 10 Aoû - 6:49

[Quelque part, entre limbe et ether]
- Bon les gars, on fait quoi de la petite Vassilissa?
Ils sont trois, et celui qui parle a le visage mangé d'un poil étincelant de blancheur, des yeux fous et une bouche aux dents clairsemées. Mais sa Voix ne peut être plus pénétrante, plus imposante, propre à réduire toute assistance à l'écoute la plus abasourdie. On le nomme le Dodécalogue, il préside aux destinées d'une poignées de fidèles connus sous le nom de Cavaliers de l'Hydre, et Vassilissa est à lui, sa fidèle, son sujet.
- Toi l'Ankhou, tu as une idée?
- J'aimerais bien la charger sur ma charrette, voir si elle pèse aussi peu que sa légèreté de ton le suggère.
- Vieux salingue. T'as déjà essayé en plus. Qu'est ce qu'il t'arrive? Encore la rigor mortis qui te travaille? Mal placée, ça te jouera des tours.

L'Ankhou, visage aussi parcheminé qu'une grenouille de Bénodet la mine aussi revêche qu'une quenouille de bénitier, lance un regard mort au Dode. Il y a fort à parier que quelque part sur terre de Breizh, une mini hécatombe se produit au même moment, la fureur de l'Ankhou n'étant pas chose à prendre à la légère.
- Et toi Harry?
Le dernier membre de l'etrange trio a la mine chafouine, mangée d'une barbe bouclée et grise. Marmonnant en permanence, il a l'air perdu dans de profondes réflexions qui lui donne une certaine aura de respectabilité.
- Mmmh "Le bonheur est en même temps ce qu'il y a de meilleur, de plus beau et de plus agréable." (*)
- Nooooon? Sans déconner? C'est là dessus que la pensée occidentale s'est fondée? Ben merde! faut plus s'étonner si tout barre en couille! T'en as d'autres des comme ça, Harry?
- Stote, Harry Stote bordel! Ecoute celle là: "La fin de la Politique sera le bien proprement humain"! Qu'est ce que t'en dis? Pas mal hein?
- La fin de la politique sera apres le passage de mes petits gars de l'Hydre, Tu verras alors si c'est vraiment le bonheur. Uh uh! Bon, qu'est ce que tu veux qu'on fasse de la petite?
- L'Enfer lunaire bien sûr! Et plutôt deux fois qu'une!
- Tu n'es qu' Amour toi dis donc. Bon je vous propose de la jouer. Le gagnant en fait ce qu'il veut.
- Rhaaa, je me suis déjà fait enfler comme ça moi. Et puis pas au bridge, je fais le mort chaque partie!
- On n'est que trois de toutes façon.
- Non non, Deos est quelque part aussi... enfin je crois.
- Pas vu. Les osselets?
- Ah non, tu triches comme personne.
- La courte paille. Là au moins...
- Ca me va.

D'un geste vif comme une frappe de cobra, le Dode exhibe trois petits fétus de paille dépassant de lon poing fermé. A toi l'Ankhou. Honneur aux vieux.
Le vieux breton saisit une brindille d'une main noueuse mais ferme et tire le brin qui s'allonge... s'allonge et s'allonge indéfiniment semble-t-il, jusqu'à mesurer pres d'une coudée.

- Tricheur!!!
- Uh uh!

D'un regard aussi expressif que celui d'un Tadelle au réveil, l'Ankhou fixe le brin de paille démesuré qui se racornit instantanément et tombe en fine poussière, à l'exception de la partie tenue entre pouce et index.
- Pas mal. A toi Harry...
- Ah non, vas y toi, que je voie un peu...

Le Dodécaloque s'exécute, tirant un fétu d'un poil plus court que celui de l'Ankhou, qui ne laisse rien paraître de sa déconfiture. Aristote regarde maintenant le dernier fétu, qui semble pouvoir être encore plus petit, si la partie cachée n'est pas trop longue. Délicatement il tirer du bout des doigts le minuscule bout qui dépasse, et tire un long brin qui fait glousser le Dode.
- 'Tendez c'est pas fini! J'ai pas dit mon dernier mot!
Le sage Grec fronce les sourcils et commence quelques passes de main sur le fétu...
... qui reste obstinément le plus long des trois, sans frémir d'un iota.

- Rhaaa! Deos! Pourquoi m'as-tu abandonné?
- Ah ah ah! Sacré charlatan. Toquard! Parvenu! Pistonné! Allez laissez moi avec la petite, je vous sonnerai si j'ai besoin de vous!"
triomphe le Dode en les poussant vers les limbes voisines.

[En terre de Breizh, au pied d'un chêne aux pendus]
- Tiens lui la tête Bourgogne, son cou est peut être brisé.
- Elle papillonne mon Vicomte, elle respire!"
s'exclame le vieux sergent.
- Brave gosse, la vie chevillée au corps.
Le vicomte soulève délicatement la tête de Crochette qui inhale l'air nocturne avec un râle et l'embrasse doucement sur le front.
- Je l'emmène chez les soeurs de Ste Nitouche. Elles se sont déjà occupées de Crochette, elle va se rétablir et virevoltera bientôt avec nous. Bourgogne, va chez Blanche à bride abattue. Arrache lui une date pour nos épousailles et ne la laisse pas noyer le poisson cette fois.
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Mar 10 Aoû - 6:50

[Pannecé, domaine de la baronne de Walsh Serrant, le jour suivant]

Bourgogne a chevauché toute la nuit, et une partie du jour. Son vieux corps est moulu, sa mine sombre, son menton bleu de poils gris naissants. Il se réconforte de lampées de poire à intervalles de plus en plus rapprochés, si bien qu'à la fin le flacon est vide et l'homme plein.
Il met pied à terre, déclenchant un ébrouement de soulagement de la haquenée qui n'en peut plus et écume des naseaux, la confie à un valet vaguement inquiet de voir homme en arme pénétrer sur le domaine et franchit le seuil pour se retrouver nez à nez avec la maitresse des lieux qui orchestre ce qui semble être un départ avec armes et bagages.

- Ah vous tombez bien vous!
- M'amzelle baronne...
- J'ai justement un message pour votre maître.
- Vous partez? Vous arrivez juste... quelle bougeotte!
- Ne vous occupez pas de ça! C'est fini Bourgogne, qu'il se cherche uine autre dinde à épouser et cocufier!

La jeune femme est d'une éclatante colère, joues rosies et oeil étincelant. Il semble que la bonbonnière délicate qu'elle tend à Griet va s'envoler jusqu'au crâne du vieux sergent. Puis aussi soudainement que le feu s'éteint sous un seau d'eau versé, elle fond en larmes et se précipite dans les bras épais de l'homme d'armes.
- Si vous saviez comme il a été mééééchaaaaaant !
Bourgogne, pris au dépourvu comme souvent par la jeune baronne se sait pas quoi faire de ses battoirs et les fourre finalement dans les cheveux blonds.
- Allons allons! L'a changé le vicomte, l'est moins gai.
- Moi ausssiiiiiiii, je suis triste !" renifle la jeune femme. J'ai une vie très dure, vous savez. On ne se marie plus, il veut plus. Moi je veux toujours, évidemment. Quoique puisqu'il me trompe, je ne sais plus trop.
- Heu... Vous tromper? Avec qui?
- il a recommencé, la grosse brune, vous rendez vous compte ? je dois supporter ça? Et ses crises de jalousie, alors que je suis innocente... la plupart du temps? il est incapable de me faire confiance, ou de me pardonner.
- chuis point medecin des boyaux de la tête, ou du coeur, mais il ne vous trompe pas... lui
- Je ne le trompe pas! plus! Oubliez! bon, vous pouvez lui transmettre un message ? "C'est dommage, mais c'est la vie, mourrez pas en mer et faites gaffe aux requins. XoXo, Blanche."
- Je suis censé répéter ça?
- Oui. je vous laisse y aller, vous pourrez le serrer dans vos bras aussi.
- Bon en gros "rien de changé, suis enceinte" c'est bien ça?
- Je ne suis pas enceinte et je le déteste
- Z êtes sûre?
- Oui! moi j'y vais, j'ai un cheval qui m'attend!


Congédié comme un laquais, lui qui se veut le compagnon d'arme, le confident, le conseiller, et parfois le complice de son vicomte. Bourgogne ne réalise qu'une fois dehors à quel point il méconnait les femmes de qualités, leurs humeurs et leur farouche volonté. Et s'en félicite aussi. Ainsi voici l'Ysengrin ramené un an auparavant, lorsqu'il fit paraitre annonce pour trouver épouse et mère de son lignage. Le sergent ne veut pas trop se pencher sur la réction du Leu, prévisible et redoutable. Pour une fois, il est heureux d'être dans sa carcasse mal dégrossie et non dans la silhouette efflanquée de son maître. Pour lui, qui en a vu tant et tant, Blanche disparaitra dans les limbes des souvenirs magnifiés par le temps. Pour le leu c'était moins probable.
Le sergent regarde par dessus son épaule en remontant sa bête épuisée. La demeure palpite d'activité sur le parvis, où l'on charge au delà de toute raison une voiture joliment armoriée.

- Où va cet attelage, mon bon?
- A Batz je crois ben, la maitresse a donné des ordres.

Chez le croque mort donc! Le vicomte allait rugir comme un démon!
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MessageSujet: Re: {RP] Que le Gd Cric me Croque   Mar 10 Aoû - 6:53

[Port Salhydre]
Le pont du Grand Croque était désert. Crochette se reposait dans ue cellule des Soeurs de Ste Nitouche. la vilaine trace qu'elle portait au cou disparaitrait avec le temps, peut être. Attila connaissait sa Capitaine. La trace disparaitrait pour tous sauf elle. Accoudé à la barre, le Leu ricane. La vie semblait faites des cicatrices reçues plus que des caresses prodiguées. Bourgogne était revenu porteur d'un message aussi mince qu'un stylet vénitien, à peine quelques mots pour mettre fin à des jours qu'il pensait meilleurs.
- Aussi bien!" lâche le capitaine pirate entre ses crocs serrés.
Le regard est fixe sur l'horizon ondulant de la mer. on le dirait détaché, pensif, où préparant quelques mauvais coups. Seules ses pattes férocement serrées sur un cordage trahissent à quel point la rage le dévore.

- Maudit équipage qui n'est pas là quand j'en ai besoin!
Gueuler, aboyer, hurler, il lui manque quelqu'un à tourmenter. Bourgogne a eu le nez d'envoyer La Filoche, le gamin de Tréguier à qui il confie quelques deniers et ses commissions. Pas fou le sergent, il a donné, plus que tout autre, et sacrifié aux humeurs assassines de l'Ysengrin. D'un coup, le soleil se cache derrière un épais nuage sombre. Un grain se prépare, signe que le Dode veille toujours sur son Éveillé, lui envoie signe et augure, comme toujours. Car en tout lieu, le Dode accompagne son disciple.
- On lève l'ancre! Un grain se prépare.
Phrase qui résonne étrangement sur le navire désert. Ce n'est pas le Hollandais Volant mais c'est une sinistre voile qui se lève sous les efforts du Leu. Une voile noire, frappée du cercle aux têtes d'argent de l'Hydre de mer. Derrière, il y avait une vie de salons, l'immixtion dans la vie mondaine bretonne, les guéguerres de clans, la meute se déchirant pour un os.
Il se voit comme un "rogue", un solitaire qui va de charogne en charogne, opportuniste et sans but autre que sa pitance du lendemain. Et demain, c'est l'Artois, où un de ses hommes attend d'être récupéré après avoir été tourmenté par les Normands revanchards. "C'est aussi bien" répète une nouvelle fois Ysengrin. Il a flairé quelques culs de la meute bretonne, elle n'aurait peut être pas vu d'un mauvais oeil qu'il la rejoigne. Quelques coups de crocs à dextre ou à senestre lui aurait gagné une place en son sein. Aboyer avec elle, battre de la queue devant le dominant, le défier s'il faiblit, imposer la stricte hierarchie qui est dans l'ordre naturel, défendre le territoire de chasse, intriguer pour affaiblir les autres meutes... oui il a caressé l'idée, hésitant, troublé. Les odeurs furent puissantes, enivrantes, séduisantes. Le vagabond y a trouvé confort et viande a se mettre sous le croc.
Mais non...
Alors que les frêles barcasses de pêcheurs rentrent précipitamment au havre, le Grand Croque prend le vent et s'éloigne paresseusement vers le ciel qui s'assombrit de minutes en minutes. Pour une fois les goélands lui foutent la paix, rabattus sur leur nichée par un vent humide et vif. Le Loup Blanc, la Louve Blanche, ce sera pour une autre vie. Un mirage. Qui se dissipera.
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{RP] Que le Gd Cric me Croque
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